31 décembre 2006

2006 : the End

La nuit vient de tomber pour la dernière fois de l'année 2006. La prochaine fois que nous verrons le soleil, nous serons en 2007. Il ne s'agit que de quelques heures, bien peu différentes des nuits précédentes, mais sur le plan symbolique pourtant, celle-ci résonne autrement. Une nouvelle année c'est un nouveau départ, c'est le début d'autre chose, une perspective d'avenir ; voilà sans doute à quoi sert le calendrier. Bergson explique, je crois, que le temps et la durée n'ont pas grand chose à voir : le temps est une donnée objective, linéaire, tandis que la durée est notre perception subjective du temps et sans doute la seule que nous ayons.
Si cette année s'achève en marasme pour moi, l'ensemble de l'année a été positif et constructif ; et si 2007 s'ouvre sur beaucoup d'angoisses, je veux croire aux bonnes surprises, aux découvertes enrichissantes.
Cela a l'air très con, mais je crois que ce qui compte c'est d'aller toujours de l'avant. Le pire comme le meilleur ont cette vertu commune. Il n'est rien de pire que l'immobilisme ; l'immobilisme c'est la mort. On a tous des épreuves à vivre, nul n'est épargné. Tant qu'il y a de la vie, il y a de la force.
En avant 2007.

28 décembre 2006

De la souplesse de l'esprit

Il y a une souplesse de l'esprit comme il y a une souplesse du corps. On n'a pas tous les mêmes dons au départ pour faire plier son corps à des mouvements divers et variés mais avec de l'exercice, on est tous capable d'agrandir ses mouvements. Pour l'âme, c'est pareil. D'aucuns ont une faculté naturelle à voir, à s'ouvrir, à d'adapter, mais ils sont susceptibles aussi de se raidir et de rendre leur esprit rigide et étroit. Ceux qui n'ont pas eu la chance par leur éducation, leur environnement, leur intellect peut-être aussi, de s'ouvrir, sont néanmoins capables par des exercices d'élargir, d'enrichir, leur vision des choses, leur existence quotidienne.
Il faut entretenir son esprit comme il faut entretenir son corps.

26 décembre 2006

Situations inextricables ?

Je ne crois pas qu'il existe de situations inextricables. Ce qui les rend épouvantables c'est souvent l'incapacité que l'on ressent à faire des choix, c'est là qu'est la difficulté, mais il n'y a pas de situation impossible à résoudre. Il faut savoir trancher, renoncer, opter, ce qui est loin d'être aisé, mais on n'est jamais complètement démuni quand on prend la décision de faire face.
Je suis révoltée par la passivité, le manque de lucidité, les douleurs auxquelles on ne choisit pas d'échapper et qu'on ne fait qu'amplifier par lâcheté. Les pleurs, les fuites, les crises de nerfs peuvent être une phase nécessaire. La commisération, la compassion, l'empathie ont leur vertus, certes, mais provisoires et peu constructives. Elles apaisent, soulagent mais ne résolvent rien. Je suis révoltée par l'autoflagellation, qu'on finit toujours par infliger aussi aux autres. Il ne sert à rien de tendre la main à des gens qui ne veulent pas s'en sortir ; on ne peut venir en aide qu'à des personnes qui ont le courage et un minimum de volonté pour envisager d'être secouru. Et ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de personnes engoncées dans leur malheur et qui crient au secours n'ont pas la moindre envie réelle de mettre la tête hors de l'eau et ne risquent que d'entraîner les autres avec elles. La plus grande générosité des autres ne peut rien contre cela.

25 décembre 2006

Chronique philosophe (hic) (2) : les présocratiques

Les "présocratiques" désignent ces philosophes grecs qui ont vécu avant Socrate aux VIe et Ve s. av. JC, méconnus du fait que leurs livres ont disparu et que nous ne les connaissons que par les fragments rapportés par leurs successeurs. Mais leurs réflexions ont été essentielles dans l'histoire de la philosophie. Leur caractéristique générale : ils étaient à la fois philosophes, poètes, savants et esprits religieux.
Thalès s'est interrogé sur la nature des choses, dégagée des réponses toutes faites par la religion, et a répondu : l'eau. De cette volonté de trouver des réponses rationnelles aux questions que l'on se pose sur le monde est née véritablement la philosophie.
Pythagore aurait, selon la tradition, inventé le mot "philosophie" en disant que seuls les dieux ont droit au nom de sage, tandis que les hommes ne peuvent qu'aimer la sagesse, d'où l'étymologie. Mais il est surtout celui qui a dit que tout est nombre : le monde selon lui est un tout harmonieux gouverné par les lois mathématiques.
Par opposition, Héraclite fonde sa conception du monde sur l'éternel mouvement de tout, l'instabilité incessante. Pour lui "la guerre est la mère de toutes choses".
Empédocle a eu une influence considérable dans la mesure où il a établi la liste des 4 éléments qui se partagent la nature, laquelle a perduré au moins juqu'au XVIIIe s. : la terre, l'eau, l'air et le feu.
Anaxagore fut le premier à séparer l'esprit de la matière.
Démocrite, savant encyclopédiste, "inventa" les atomes et l'idée que chaque chose est un agrégat d'atomes et de vide.
Les sophistes, enfin, ne sont pas vraiment des présocratiques puisqu'ils sont contemporains de Socrate. Leur réputation a souffert à travers les siècles du rejet véhiculé par les ouvrages de Platon, jusqu'à des recherches assez récentes qui ont réhabilité leur importance. C'étaient des professeurs d'art oratoire et des démocrates qui défendaient surtout l'idée selon laquelle n'importe quel citoyen bien éduqué était capable de savoir et de gouverner, par opposition à la conception élitiste et hiérarchique de Platon. Autre conception combattue par leur contemporain : leur relativisme et leur scepticisme. Protagoras, le plus célèbre des sophistes, est l'auteur de cette phrase célèbre : "l'homme est la mesure de toutes choses".

21 décembre 2006

Ce corps qui nous parle

Parfois, notre esprit nous ment, nous fait croire à des mensonges, nous induit en erreur ; ce qui ne nous ment pas, pour peu qu'on sache l'écouter, c'est notre corps. Les réflexes d'attirance comme de répulsion viennent du plus profond de nous-mêmes, crois-je, et à ce tire sont les indicateurs les plus fiables des sentiments réels que nous éprouvons. Avec l'autre le corps peut mentir, tricher, simuler, comme les mots, mais à nous-mêmes, le physique ne ment pas. Sentiments et sensations sont indissociables. L'amour, la haine, l'amitié, la sympathie, la rancoeur, ont nécessairement des répercussions et des traductions physiques même si bien sûr elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde et que nous n'écoutons pas tous notre corps avec la même attention. Mais nous devrions tous écouter plus souvent notre corps plutôt que notre raison qui n'a pas toujours... raison.

20 décembre 2006

Les coups du sort

On ne se "prépare" jamais aux coups de Trafalgar qui peuvent vous tomber dessus sans prévenir. Même si on se dit toujours qu'on aurait dû ou pu anticiper, qu'on devrait se sentir prêt à affronter les catastrophes qui n'arrivent normalement qu'aux autres, c'est faux. La meilleure façon d'encaisser et de ne pas se laisser submerger par les chocs, c'est au contraire de profiter de tout ce qu'il y a de bon dans les périodes propices, parce que l'équilibre acquis est la seule force véritable qui nous permet de faire face intelligemment quand le sol s'effondre sous vos pas. Et de ne pas tomber encore plus bas que la seule situation l'induit.
Et devant les douleurs, je ne connais également qu' une chose qui fasse vraiment du bien : rire. L'humour, la dérision, surtout dans les cas les plus graves, sont salvateurs et bienfaisants, loin devant toutes les paroles de consolation et de réconfort. On cite souvent l'humour violent des médecins, mais c'est évidemment le seul moyen vraiment efficace de ne pas se laisser submerger par toutes les douleurs qu'ils côtoient en permanence.
Carpe diem, carpe diem.

16 décembre 2006

Lecture : La Musique du hasard, de Paul Auster

C'est le titre du livre qui m'a séduite avant de le lire. Du Paul Auster, j'en avais déjà lu mais n'en avais gardé quasiment aucun souvenir. Ce qu'aujourd'hui je ne m'explique pas bien. Mais ce n'est pas tout à fait le propos.
La Musique du hasard raconte la vie d'un américain qui hérite d'une grosse somme et abandonne toutes ses attaches pour partir au volant de sa voiture, jusqu'au jour où il recontre un jeune homme qui vit en jouant au poker. L'histoire (que je n'ai pas racontée) a quelque chose de kafkaïen et c'est probablement ce qui rend ce roman franchement intéressant. Le personnage central dont on partage les sentiments est attachant ; les autres sont surtout étranges, au bord de la caricature, et pourtant consistants et mystérieux. Le récit, de la même manière, est à la fois réaliste et teinté d'absurdité, sans que jamais l'équilibre ne soit rompu. C'est le genre de livre auquel on ne s'attend pas et qui vous habite avec des points d'interrogation une fois refermé.

13 décembre 2006

Youpi : les amitiés

Les plus grands bonheurs de ma vie, je les dois à l'amitié. Parmi les moments les plus délectables, il y a les débuts et puis les moments où l'on contemple cette part de notre existence.
Les frémissements de l'amitié, lorsque l'on sent, lorsque l'on voit, surgir doucement la complicité, la confiance, l'intimité, oh oui on peut parler de vrai plaisir. Quand deux êtres s'ouvrent l'un à l'autre, se rencontrent au sens le plus profond et personnel, leur est livré alors certainement ce que l'on a de plus beau à vivre et à éprouver. Ensuite, c'est dans la durée que s'épanouit l'amitié, dans la persistance évidente, dans le quotidien dont elle est l'un des piliers. On perd de vue parfois combien elle est précieuse et essentielle, parce qu'elle fait partie de notre vie, permanente et rassurante et puis un détail, un clin d'oeil, un rire, nous rappelle quelle chance on a de connaître cette relation.
Sans violence, sans souci de séduire, sans enjeu prédéfini, l'amitié est l'exact contraire de la solitude. Il n'est rien de plus naturel et de plus vital que d'avoir dans sa vie au moins une personne avec laquelle on se sent libre et bien, en confiance et en sérénité.

10 décembre 2006

Ouille ouille ouille

En bonne caricature de pseudo intellectuelle, je hais le sport, non sans un certain mépris. L'effort physique me paraît une absurdité sans nom, la douleur infligée volontairement et sans finalité une preuve d'indigence mentale. Je ne pratique donc aucun sport. Enfin presque. Le seul qui m'amuse et que j'ai pratiqué à peu près régulièrement ces dernières années c'est le squash. Je n'aurai pas l'indécence de dire que courir après cette minuscule balle en caoutchouc me paraisse plus intelligent et moins masochiste que monter des côtes sur deux roues et une selle de bois, mais j'ai toujours trouvé cela rigolo.
Près d'un an que je n'avais pas joué. Six mois, depuis la fin des travaux dans ma maison, que seuls le maniement de l'aspirateur et l'ascension des trois étages du lycée me faisaient travailler ma musculature. Et j'ai couru après la baballe pendant une heure. J'ai transpiré avec joie !... Mais depuis, ô combien je souffre... J'ai senti s'éveiller le lendemain, tout au long de la journée, des muscles insoupçonnés et tenir un stylo est devenu un effort. Mes gestes sont devenus lourds et gauches et je me sens presque difforme, vu que, si j'ai mal partout, absolument partout, ce n'est pas avec la même acuité mais que je peux dire avec précision où sont mes appuis principaux quand je frappe la balle. Pour couronner le tout, il est près de 5h du matin et je ne dors pas : mon sommeil agité a été réveillé par mes tentatives répétées de mouvements dans le lit. Eternuer m'arrache des cris.
Je tiens à dire que mon partenaire lui aussi est sensiblement dans le même état que moi, bien que faisant régulièrement du sport. Ah lala, j'arrête là mes jérémiades ; ça m'apprendra à faire le bonhomme.

06 décembre 2006

Lecture : Le Guerrier solitaire, de Henning Mankell


Je voulais lire un polar, un de ceux que l'on dévore, dans lequel on s'immerge totalement, en oubliant tout le reste, retrouver un moment d'évasion captivée comme seuls les bons policiers savent le provoquer. Gagné.
Intense sans être frénétique, violent sans excès, psychologique sans être psychologisant, original sans être incroyable, bref, du très bon polar avec tout ce qu'il fait dans la mesure qui convient et en plus cette touche d'exotisme du contexte : la Suède.
J'en veux encore !

03 décembre 2006

Lecture : Rencontre sous X, de Didier van Cauwelaert


Les auteurs à succès de romans français aujourd'hui semblent avoir ceci de commun que leurs ouvrages sont rapides et faciles à lire. Je pense à Amélie Nothomb, à Eric-Emmanuel Schmitt et à Didier van Cauwelaert, dont je viens pour la première fois de lire un ouvrage.
Personnages stéréotypés, bons sentiments, histoire improbable. Certes, ce n'est pas prétentieux comme Schmitt. Et on ne s'ennuie pas vraiment, le style est alerte, non dénué d'humour, mais c'est bien tout ce que je peux y trouver de positif. La quatrième de couverture en fait quelque chose de sociologique qui semble en réalité parfaitement caricatural.
Les histoires égocentriques d'Amélie Nothomb sont mille fois plus jubilatoires, incisives et drôles, que ce type de roman mièvre, pseudo contemporain, et ridicule.

02 décembre 2006

Chronique philosophe (hic) (1) : les grandes périodes

Ah ! Apprendre !... Comprendre !... Découvrir !...
J'ai acheté, il y a quelques semaines de cela, La Philosophie pour les nuls. Et voilà, j'en démarre la lecture. Pour m'aider à en tirer une substantifique moëlle, à en retenir des bribes, à en goûter la signification, je me suis dit : pourquoi ne pas faire comme pour mes lectures un compte-rendu régulier dans mon blog ? Cet exercice fait travailler ma mémoire et mon esprit critique. Je n'ai nullement l'ambition de donner des cours de philo ! Seulement celle de faire faire un peu de gymnastique à mon cerveau...

L'introduction trace les grandes périodes le l'histoire de la philosophie, notant au passage que ce domaine est souvent en retard par rapport aux autres mais c'est peut-être logique si l'on considère qu'elle naît de l'observation.
Les premiers philosophes se caractérisent surtout par des préoccupations métaphysiques et cosmologiques et Socrate vient rompre au Ve s. av. JC cette première forme en s'intéressant à des questions plus pratiques, plus "terre à terre", comme le bien et la justice.
La période médiévale constitue une rupture avec l'avènement du christianisme : la pensée est bouleversée par l'idée de Dieu créateur, de foi, de vie après la mort, etc...
Le XVIIe s. et le XVIIIe s. voient un changement marquant dans la philosophie avec l'entrée en scène de l'étude de la nature, de l'individualisme.
Le XIXe s. se démarque par une multiplication de philosophes majeurs et des pensées sur le monde. Le XXe siècle, et à plus forte raison le XXIe s., est encore plus difficile à percevoir dans son ensemble mais ne manque pas de philosoph(i)es.