22 mars 2007
Lecture : Les Jours fragiles, de Philippe Besson
20 mars 2007
"Les chercheuses de poux", de Rimbaud, 1871.
Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée,
Promène leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter, parmi ses grises indolences,
Sous leurs ongles royaux, la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer :
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée,
Promène leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter, parmi ses grises indolences,
Sous leurs ongles royaux, la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer :
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
17 mars 2007
Chronologie sommaire de l'Antiquité Egyptienne
Unification de la Haute et Basse Egypte qui seraient à l'origin e des peuples différents.
Première Dynastie de pharaons.
- Ancien Empire : de 2660 à 2180 env.
Commence avec la IIIe Dynastie, jusqu'à la VIe.
Pharaon célèbre : Djoser, à qui l'on doit la construction de la première grande pyramide, celle de Saqqarah, conçue par l'architecte Imhotep.
- Première période intermédiaire : de 2180 à 2040 env.
Période de chaos, sous les VIIe et VIIIe Dynasties.
- Moyen Empire : de 2040 à 1780 env.
Période de renouveau et de conquêtes, de la IXe à la XIIe Dynastie.
- Deuxième période intermédiaire : de 1780 à 1560 env.
Période très méconnue, de la XIIIe à la XVIIe Dynastie.
Invasion des Hyksos, qui prennent le pouvoir.
- Nouvel Empire : de 1560 à 1070 env.
De la XVIIIe à la XXe Dynastie.
Période faste, de prospérité, de conquêtes et d'arts.
Règne de la reine Hatchepsout, d'Aménophis IV-Akhenaton (et sa femme Néfertiti) qui tente l'instauration d'un monothéisme, de Ramsès II qui réduit les Hébreux en esclavage et provoque leur exode conduit par Moïse.
Le dernier paharaon de cette période est Toutankhamon, mort dans des circonstances mystérieuses à 18 ans et dont la tombe a été découverte à la fin des années 20.
- Basse époque : de 1070 env. à 332
XXIe à XXXe Dynastie.
Décadence progressive de l'Empire égyptien qui se voit plusieurs fois dominé par les Perses, jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332.
- Période hellénistique : 332 - 30 av. JC
L'Egypte s'affaiblit de plus en plus, jusqu'à devenir une province romaine. Cléopâtre (VII) est la dernière reine.
16 mars 2007
Citation
"C'est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces femmes qui vivaient dans l'espérance, sur le gage d'une seule lettre d'amour, quand l'autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots avaient alors une force redoutable puisqu'ils décidaient des vies. On attendait, et on faisait confiance même sans nouvelle de l'autre pendant des périodes infinies. Aujourd'hui on commence à paniquer dès qu'on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il ? Pourquoi ne répond-elle pas ? Avec qui est-il ? L'angoisse a gagné du terrain. Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la fin de l'attente, c'est-à-dire de la confiance et du silence".
Florian Zeller, La Fascination du pire.
Florian Zeller, La Fascination du pire.
14 mars 2007
Anniversaire
Cela fait un an jour pour jour que je suis propriétaire. L'occasion de me congratuler un peu pour cette décision, pour toutes celles qui ont suivi concernant les travaux, et pour le résultat. Pas une seconde je ne regrette ce que j'ai entrepris et je suis fière d'avoir accompli tout cela. Aujourd'hui je suis bien dans ma maison choisie et arrangée par mes soins. Du beau boulot pour mon home sweet home.
13 mars 2007
Des larmes
J'ai tardivement compris ce que les larmes ont de sain et de réparateur. Pleurer était signe de faiblesse, était laid, et inutile. Mais non. Pleurer libère et apaise. Mais ne pleure pas qui veut. Certaines douleurs, certaines tensions restent nouées au niveau de la gorge et l'incapacité à pleurer revient à dire que le mal ne s'évacue pas, reste en dedans, à tourner. Bien sûr, il ne suffit pas de verser des larmes pour que les soucis disparaissent mais ils sont un premier pas pour aller de l'avant. Aujourd'hui je reconnais le soulagement de pleurer, mais je n'y parviens pas. Les bleus à l'âme prennent parfois du temps pour commencer à se résorber. C'est con, j'ai pas un petit Elephant man à me mettre sous l'oeil... Un oignon peut-être ?
11 mars 2007
Lecture : Cul de sac, de Douglas Kennedy
Cela ne vaut pas du John Irving, mais on passe un agréable moment.
Le récit raconte l'incroyable voyage d'un américain parti à l'aventure en Australie sur un coup de tête et qui se retrouve marié et prisonnier dans une communauté d'affreux en plein bush. Les personnages souvent ne brillent pas pas la finesse de leur portrait (la jeune épousée et son père en particulier, la soeur au coeur tendre non plus) mais l'ensemble se laisse lire avec plaisir pour l'humour et l'action.
09 mars 2007
"Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous"
Il me semble parfois que pour se faire entendre, il faut se taire, et que pour obtenir ce que l'on désire, il est également plus efficace de laisser les autres agir.
Ceux qui parlent, qui expliquent, délibèrent, se mettent en colère, demandent, sont ceux qui agissent. Et ceux qui n'obtiennent souvent rien. En face, ceux qui laissent dire et ne font preuve que de patience, obtiennent en général ce qu'ils veulent. Je me souviens d'une amie qui vantait les mérites d'un médecin qui, devant la maladie de sa mère, au contraire des autres, "ne s'était pas trompé". En réalité, s'il ne s'était pas trompé, c'était uniquement parce que c'était le seul à ne pas s'être prononcé.
Parler est souvent utile et même indispensable, mais il est de nombreux cas où c'est aussi s'exposer, se mettre en danger et... se faire avoir.
Ceux qui parlent, qui expliquent, délibèrent, se mettent en colère, demandent, sont ceux qui agissent. Et ceux qui n'obtiennent souvent rien. En face, ceux qui laissent dire et ne font preuve que de patience, obtiennent en général ce qu'ils veulent. Je me souviens d'une amie qui vantait les mérites d'un médecin qui, devant la maladie de sa mère, au contraire des autres, "ne s'était pas trompé". En réalité, s'il ne s'était pas trompé, c'était uniquement parce que c'était le seul à ne pas s'être prononcé.
Parler est souvent utile et même indispensable, mais il est de nombreux cas où c'est aussi s'exposer, se mettre en danger et... se faire avoir.
08 mars 2007
Les parents aiment-ils nécessairement leurs enfants ?
Admettons qu'aimer signifie éprouver de l'intérêt, de l'attachement, du goût pour quelqu'un, et que le plus souvent cette attirance, sans être parfaitement fortuite, revêt toujours une forme de découverte (et de plaisir). Aimer, c'est aimer l'autre, même si ce n'est pas que cela.
Il y a déjà une forme de prévision dans l'amour qu'est censé porter un parent à son enfant, autrement dit cet amour est prémédité, pensé avant la présence de l'autre ; ensuite, il peut être déçu ou confirmé.
Il n'est pas de relation plus soumise à des schémas préétablis que les relations entre parents et enfants. Il est communément admis que les parents doivent aimer leurs enfants. Pourtant, est-ce nécessairement le cas ? Ne le confond-on pas souvent plutôt avec le lien du sang, ou le sentiment de devoir, de filiation et le poids des préjugés ? Je crois que tous les parents n'aiment pas leurs enfants, et que tous les enfants (mais là, la tradition l'envisage davantage) n'aiment pas leurs parents. Mais dans le premier cas, les ravages sont bien plus importants car il est indubitable qu'on a besoin d'amour pour grandir et devenir soi, d'être aimé pour aimer à son tour.
Il y a déjà une forme de prévision dans l'amour qu'est censé porter un parent à son enfant, autrement dit cet amour est prémédité, pensé avant la présence de l'autre ; ensuite, il peut être déçu ou confirmé.
Il n'est pas de relation plus soumise à des schémas préétablis que les relations entre parents et enfants. Il est communément admis que les parents doivent aimer leurs enfants. Pourtant, est-ce nécessairement le cas ? Ne le confond-on pas souvent plutôt avec le lien du sang, ou le sentiment de devoir, de filiation et le poids des préjugés ? Je crois que tous les parents n'aiment pas leurs enfants, et que tous les enfants (mais là, la tradition l'envisage davantage) n'aiment pas leurs parents. Mais dans le premier cas, les ravages sont bien plus importants car il est indubitable qu'on a besoin d'amour pour grandir et devenir soi, d'être aimé pour aimer à son tour.
06 mars 2007
Expirateur
Y'a les aspirateurs, que tout le monde connaît n'est-ce pas. Et dans l'ordre d'idée exactement inverse, il y a l'expirateur. L'aspirateur a pour fonction d'aspirer poussières, déchets microscopiques et ainsi d'assainir en ôtant les polluants de notre environnement, je n'apprends rien à personne. L'expirateur a pour fonction, lui, d'évacuer les déchets qui sont à l'intérieur. Il est moins célèbre que sont pendant mais a une fonction très utile également puisque chacun sait que nous emmagasinons en nous-mêmes un certain nombre de détritus micoroscopiques plus ou moins toxiques, du type idées noires, questions sans réponses, images obsédantes, envie de suicide, certitude de notre non valeur, etc. L'expirateur a donc un rôle fondamental qui est d'expulser ces parasites et d'assainir, lui aussi. Il se présente sous la forme de loisirs, de lectures, voyages, de conversations, de proximité avec des entités positives de type amical, etc. A utiliser sans modération.
04 mars 2007
Courage fuyons
La douleur rend aveugle et la gentillesse ne paie pas toujours.
La tentation guette tout le monde de s'enfermer dans sa façon de penser, dans son égocentrisme, dans son unique point de vue. Les circonstances, les rencontres, l'intelligence aussi sont des facteurs qui permettent de ne pas succomber à ce travers. La souffrance quant à elle l'accentue. Quand on a mal et que la douleur submerge l'être, il est très difficile de parvenir à prendre de la distance, à se regarder avec lucidité ni même à porter attention à un tiers. Et en plus de se faire encore plus mal à soi-même, on fait mal aux autres. La spirale de douleur dans laquelle on est entraîné, une fois franchi un certain cap, ne cherche plus qu'à entraîner les autres avec soi ; les mieux intentionnés étant les victimes les plus faciles. La commisération est inutile et dangereuse auprès de gens qui ont perdu le contact avec autre chose que leur propre problème. Toute générosité n'est pas bonne à prodiguer.
La tentation guette tout le monde de s'enfermer dans sa façon de penser, dans son égocentrisme, dans son unique point de vue. Les circonstances, les rencontres, l'intelligence aussi sont des facteurs qui permettent de ne pas succomber à ce travers. La souffrance quant à elle l'accentue. Quand on a mal et que la douleur submerge l'être, il est très difficile de parvenir à prendre de la distance, à se regarder avec lucidité ni même à porter attention à un tiers. Et en plus de se faire encore plus mal à soi-même, on fait mal aux autres. La spirale de douleur dans laquelle on est entraîné, une fois franchi un certain cap, ne cherche plus qu'à entraîner les autres avec soi ; les mieux intentionnés étant les victimes les plus faciles. La commisération est inutile et dangereuse auprès de gens qui ont perdu le contact avec autre chose que leur propre problème. Toute générosité n'est pas bonne à prodiguer.
26 février 2007
Un site rigolo
Sans faire dans la nostalgie bêtasse, voilà un site sympathique qui promet de bons moments aux trentenaires...
Lecture : Mma Ramotswe détective, d'Alexander mac Call Smith
24 février 2007
Lecture : En l'absence des hommes, de Philippe Besson
20 février 2007
De la fragilité
Sommes nous tous fragiles ?
J'ai assisté au dernier jour d'un procès pour double homicide : un homme d'une cinquantaine d'années a assassiné sa femme et l'amant de celle-ci, à coups de fusil. Il n'a jamais nié, n'a pas remis en cause la préméditation, ne s'est même pas défendu. Il paraissait hébété et n'a prononcé que quelques mots pour demander pardon à la famille de l'homme qu'il avait tué et à ses propres enfants. L'avocate de la partie civile dans son réquisitoire l'a accusé d'insensibilité et de narcissisme, elle a rejeté l'idée de "crime passionnel", reprenant l'analyse du psychiatre qui avait expliqué que cet homme avait été en gros été obsédé par sa propre douleur d'avoir été trompé et abandonné. Tout faisait de lui un assassin brutal. Il a été condamné à 30 ans de prison.
Pourtant, le déroulement des faits et même le portrait et l'attitude de l'accusé m'ont donné l'impression d'un homme qui avait perdu les pédales, pas le jour du meurtre mais pendant une longue période, que la douleur avait rendu progressivement fou, jusqu'à son geste ultime ; d'un homme pris dans un engrenage fait de sentiment d'injustice, de solitude, de trahison, de souffrance intime. Jusqu'au meurtre atroce.
A sa place, qu'est-ce qui nous aurait retenu ? Ce qui est arrivé à cet époux routier, père de famille, sans histoire jusque-là, est au départ d'une consternante banalité ; sa personnalité ne m'a pas semblé véritablement atypique non plus. L'éducation, la culture, l'intelligence sont-elles véritablement des garantes pour nous empêcher de franchir les limites ? Qu'est-ce qui nous rend plus fort pour ne pas succomber à la colère ou à la douleur ?
J'ai assisté au dernier jour d'un procès pour double homicide : un homme d'une cinquantaine d'années a assassiné sa femme et l'amant de celle-ci, à coups de fusil. Il n'a jamais nié, n'a pas remis en cause la préméditation, ne s'est même pas défendu. Il paraissait hébété et n'a prononcé que quelques mots pour demander pardon à la famille de l'homme qu'il avait tué et à ses propres enfants. L'avocate de la partie civile dans son réquisitoire l'a accusé d'insensibilité et de narcissisme, elle a rejeté l'idée de "crime passionnel", reprenant l'analyse du psychiatre qui avait expliqué que cet homme avait été en gros été obsédé par sa propre douleur d'avoir été trompé et abandonné. Tout faisait de lui un assassin brutal. Il a été condamné à 30 ans de prison.
Pourtant, le déroulement des faits et même le portrait et l'attitude de l'accusé m'ont donné l'impression d'un homme qui avait perdu les pédales, pas le jour du meurtre mais pendant une longue période, que la douleur avait rendu progressivement fou, jusqu'à son geste ultime ; d'un homme pris dans un engrenage fait de sentiment d'injustice, de solitude, de trahison, de souffrance intime. Jusqu'au meurtre atroce.
A sa place, qu'est-ce qui nous aurait retenu ? Ce qui est arrivé à cet époux routier, père de famille, sans histoire jusque-là, est au départ d'une consternante banalité ; sa personnalité ne m'a pas semblé véritablement atypique non plus. L'éducation, la culture, l'intelligence sont-elles véritablement des garantes pour nous empêcher de franchir les limites ? Qu'est-ce qui nous rend plus fort pour ne pas succomber à la colère ou à la douleur ?
18 février 2007
Dimanche
Lorsque j'étais gamine et même adolescente, je détestais les dimanches, qui étaient synonymes d'ennui, de paralysie et d'enfermement. Mon frère me rappelait il y a quelque temps que nous ne faisions rien ces jours-là et je n'ai effectivement aucun souvenir dominical, hormis le respect dû aux grasses matinées de mon père, la messe et les déjeuners guindés chez mes grands-parents.
J'ai mis du temps mais j'apprécie beaucoup plus le dimanche aujourd'hui. Ils ne débordent pas beaucoup plus d'activités, mais la nonchalance, la lenteur, le calme de ce jour me sont devenus agréables. C'est une journée qui s'étire en longueur sans horaire prédéfini et qui pemet de faire ou ne pas faire, au gré des envies et de l'énergie. Et dimanche n'est plus synonyme d'ennui.
J'ai mis du temps mais j'apprécie beaucoup plus le dimanche aujourd'hui. Ils ne débordent pas beaucoup plus d'activités, mais la nonchalance, la lenteur, le calme de ce jour me sont devenus agréables. C'est une journée qui s'étire en longueur sans horaire prédéfini et qui pemet de faire ou ne pas faire, au gré des envies et de l'énergie. Et dimanche n'est plus synonyme d'ennui.
11 février 2007
Perle d'élève
Rien de plus ch*** que corriger des copies. C'est vraiment le plus ennuyeux dans ce métier, mais parfois c'est l'occasion de fous rires mémorables. Le dernier en date émane d'une copie de bac blanc d'élève de première, plutôt consciencieux, plus précisément d'une conclusion de dissertation sur l'engagement en littérature:
" Le dialogue argumentatif lance un ultime-atome au lecteur alors que l'essai lui laisse le temps de la réflexion".
Explosif, non ?
" Le dialogue argumentatif lance un ultime-atome au lecteur alors que l'essai lui laisse le temps de la réflexion".
Explosif, non ?
06 février 2007
De la jalousie
La jalousie est un sentiment très étrange et très puissant. Elle résulte d'un manque de confiance en soi peut-être plus qu'en l'autre et je comprends qu'il rende dingue. C'est un film de Chabrol je crois, qui dépeint cela à merveille : "L'Enfer", avec François Cluzet. Dans mon souvenir, on y voit un mari devenir de plus en plus obsédé et littéralement fou, au point qu'il ne sait plus discerner le vrai du faux (et le spectateur non plus). La jalousie déforme, et c'est en cela qu'elle est dangereuse. On s'éloigne de la vérité tout en voulant à toute force faire preuve de lucidité et d'objectivité. Et la jalousie est liée à cette envie, ce besoin (?) de posséder tout ou partie de celui qu'on aime, de ce sentiment d'appartenance et de dépendance qui est si lié aux sentiments amoureux et si malsain pourtant. Croire que l'on est perdu sans l'autre parce qu'on l'aime (et inversement) ! Il est vrai que les personnes que l'on aime profondément font partie de nous-mêmes : c'est ce qui les différencie des gens que l'on aime superficiellement, eux en gros disparaissent de notre esprit aussitôt qu'ils ont disparu de notre vue. En revanche les personnes que l'on aime font partie de notre existence mentale, de notre âme, et sont ainsi une partie constituante de notre existence. Mais cela ne nous donne aucun droit sur eux, même pas de regard. Même la part en eux qui nous aime ne nous concerne pas et leur appartient complètement. Mais on y tient tellement !
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