29 octobre 2008

Les vraies questions

La question qu'inévitablement on me pose, c'est : pourquoi tu ne veux pas d'enfant ? Et je vous passe l'air incrédule, voire dégoûté, qui accompagne le plus souvent cette interrogation. Et pourtant, celle que moi j'ai envie de poser, et qui me semble beaucoup plus évidemment légitime et énigmatique, c'est : pourquoi avoir envie de faire des enfants ??
Deux anecdotes corollaires :
- une collègue sympa que je croise un matin en arrivant au lycée, me demande gentiment, histoire de faire la conversation : tu as des enfants ? Tu es mariée ? non et non. Fin de la discussion, rien à ajouter de part et d'autre, vague malaise.
- une copine annonce qu'elle est enceinte. Enthousiasme, félicitations et congratulations automatiques des interlocuteurs. Dont moi d'ailleurs ! Annonce saluée comme un miracle, une joie évidente, un aboutissement... sans savoir vraiment.

06 octobre 2008

L'amitié a ceci de commun avec la musique, c'est que son intensité ne s'appuie pas forcément sur des paroles.

04 octobre 2008

De la mort...

Comment un événement d'une telle banalité peut-il engendrer tant de douleur ? La mort n'est-elle pas une évidence, surtout quand on est vieux, quand on est malade ? Quand elle intervient sans souffrance, en douceur, pourquoi n'y aurait-il pas au contraire de quoi se réjouir ?
Lorsqu'en tant que journaliste, j'ai fait une série de reportages sur les cimetières de ma région, j'ai appris un certain nombre de choses sur les rituels concernant la mort, son évolution surtout dans notre civilisation. Il est récent et assez spécifique aux pays dits civilisés de craindre la mort, voire de la nier. Est-ce dû au fait qu'on ne croie plus beaucoup en un après meilleur ? Je ne pense pas. Le culte de la jeunesse, de l'énergie et du tangible en sont bien plus responsables à mon avis.
En psychanalyse, j'ai appris que ce qui était difficile à surmonter, c'était l'absence. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi la mort, inévitablement, induit une souffrance qui est souvent atroce. Il paraît que quand on est amoureux aussi, on se sent exceptionnel, que nos sentiments nous paraissent neufs. Notre maladie est donc l'égocentrisme ?

10 septembre 2008

Lecture : La Route, de Cormac McCarthy

J'ai rarement lu un livre aussi étrange. Survivants d'une espèce d'apocalypse qui a ravagé le monde, ne laissant que des cendres, des cadavres et des ruines, un père et son fils dont on ne connaîtra jamais le nom se dirigent vers le sud, se ravitaillant épisodiquement au gré de ce que qu'ils parviennent à dénicher, craignant et fuyant les rares autres êtres humains qu'ils croisent.
Ce roman a paraît-il eu un succès énorme aux Etats-Unis.
Il appartient à mon avis à ces oeuvres dont on ne peut dire spontanément qu'on les a "aimées", tellement elles sont empreintes de noirceur et donc de malaise. Mais il y a "quelque chose" dans ce récit énigmatique, pessimiste, qui n'appartient à aucun genre reconnaissable. On en sort avec un arrière-goût indéfinissable dont il est difficile de se défaire ; c'est sans doute une qualité pour une oeuvre littéraire.

26 août 2008

Back from Morocco...

Du sable, des cailloux, des ânes, des chèvres, des rochers, des berbères, des sacs plastiques, du soleil, du vent. Voilà en vrac ce que j'ai vécu pendant les 5 jours de trekking.
L'aspect "bivouac" ne m'a pas beaucoup amusée : la calamité persistante des 3 "s" sable-sueur-sel, jour et nuit, c'est moyennement rigolo ; dormir sur ce qui sert de paillasson à tout le monde également ; les ongles noirs, les cheveux en casque, les tapis de crottes de dromadaire, idem. Mais à part ça, c'était bien : longues marches sous un franc soleil tempéré par la brise marine, vues diversifiées, sauvages, vivifiantes, rires collectifs.
Marrakech à la chaleur aussi insupportable que ses habitants m'a parue laide et sale ; Essaouira entraperçue m'a en revanche donné envie de revenir. Autres bons souvenirs : notre guide Abdel, le hammam, la bouffe !
Malgré le peu de sommeil, je crois revenir avec une pleine recharge d'énergie. No regrets !

15 août 2008

Départ pour l'aventure !

Drôle de journée... Je pars ce soir pour Paris, nuit sdf sur les bancs de l'aéroport et envol ensuite pour le Maroc : un groupe inconnu, un pays inconnu, une activité inconnue (le trekking)...
Je le voulais ! hein...
C'est rigolo (!) comme je déteste quitter ma petite maison, mon petit confort, mes petites habitudes, combien cela me fait peur. J'enchaîne les courriels à tonalité testamentaire !
Il me reste à tondre ma pelouse, à me laver le plus tard possible (je ne sais pas quand la prochaine douche aura lieu).. et j'erre dans ma maison, avec une solitude palpable dans l'air.
Aventure, certes, mais très raisonnable. Je ne regrette pas d'avoir mis en place ce voyage, même si j'en avais bien moins besoin que ce que je craignais : je crois profondément qu'il est bon de se secouer les puces de temps en temps. Ce que mes craintes, ma frilosité à quitter mon environnement rassurant, ne font que confirmer !!
Le temps va être un peu long et sans doute vaguement sinistre jusqu'à 6h du matin, mais après... C'est après qui compte !
Arivederci...

26 juillet 2008

Pas mal

Trois petits verres de vin et je suis paf... Je me demande pourquoi je ne deviens pas alcoolique. Quoique, il faudrait beaucoup plus de trois verres. Bref, avec ou sans ça, je crois que ça ne va pas trop mal. Certes, je m'ennuie un peu ; je ne fais pas grand chose et l'inutilité m'angoisse toujours, mais à part ça, faut pas se plaindre. C'est l'été, je peaufine mon bronzage, je lis un livre par jour en moyenne, mon boulot avance à petits pas mais à pas constructifs. Et puis j'ai des projets. La rentrée est encore assez lointaine pour ne pas me paniquer. Alors, oui, ça va.
Carpe diem !!!

18 juillet 2008

Lecture : A l'Ouest rien de nouveau, d'E.M. Remarque

Y'a des titres comme ça, qu'on connaît depuis des années, qu'on croit presque avoir lu et dont en réalité on repousse toujours la lecture,... bref. Puisque je suis rentrée un peu plus sereine et un peu plus énergique d'une semaine de vacances bretonnes, je me suis jetée dans le boulot. Et un projet me tient à coeur pour l'année prochaine : parler de la guerre de 14-18. A ce sujet, j'ai lu A l'Ouest rien de nouveau, que je croyais connaître, que je craignais chiant... Et c'est bouleversant. Tous mes élèves de première vont y avoir droit en lecture cursive ! Parce que c'est un récit réaliste, cru et dur de la vie des soldats dans les tranchées, parce que c'est un allemand qui parle, parce que c'est court, simple et atroce. Les Tranchées de la haine, quatrième volet de l'excellentissime série des frères Reavley d'Anne Perry, ç'aurait été bien aussi, mais c'est un peu plus long, et plus cher, pour des élèves. Comment la fiction peut-elle rendre compte de la réalité, voilà une problématique qui me passionne, et j'espère partager un peu de mon intérêt avec mon nouveau public !

06 juillet 2008

Un dimanche de juillet.

La pluie frappe les carreaux. J'ai beau avoir aspergé mes patates, haricots, courgettes et tomates de bouillie bordelaise hier, quelque chose me dit que je vais retrouver mon potager dans un état déplorable. Je viens de faire mes valises, mais il y a sans doute trop de tenues estivales pour une semaine en Bretagne en ce moment. J'ai passé mes commandes de livres sur Amazon : je me mettrai au boulot dès mon retour, et ce ne sera pas trop tôt : je m'apprête à gravir une montagne avec un sac de cailloux en prenant une terminale L à la rentrée. Des copains m'ont invitée à dîner ce soir : cela m'a obligée à m'habiller, mais va me changer un peu les idées. De toutes façons, il n'y avait rien de palpitant à la télé ce soir, et ils ne m'en voudront pas si je ne les fais pas rigoler. J'ai bien tenté Jules César de Manckiewicz en repassant, mais j'ai à peine pu admirer Marlon Brando, et c'était en VO. Vive les vacances.

01 juillet 2008

Une fin...

L'orage gronde alors que la nuit tombe et que des gouttes lourdes s'écrasent sur les velux. Me voilà seule, rentrée pour la dernière du lycée où j'ai passé sept années, où j'ai pu une dernière fois goûter à la convivialité, la sympathie, la simplicité, la chaleur qui règne dans cet établissement. Je n'en retiens que le bon, que le positif, parce que cela a été immense. Et c'est dur de partir. Même si on se dit qu'on reviendra, qu'on se reverra, l'essentiel est terminé, et c'est dur. Même si je vais garder contact avec un certain nombre, même si peut-être je trouverai autre chose de bien ailleurs, c'est dur.
On de mande de plus en plus aux professeurs de s'investir, de monter des projets, d'être présents dans la vie du lycée, de souder les équipes ; et on me parachute sur deux établissements à 40 km de chez moi, après sept années de bons et loyaux services, d'implications, d'efficacité. Tout ça pour des histoires de points... Parce que c'est cela qui régit l'éducation nationale derrière les beaux discours plein de belles idées : des considérations non humaines, des points, des chiffres, des numéros, et du fric.
Je suis triste.

23 juin 2008

COLERE !!!!!!!

Surtout ne pas faire de vagues, surtout ne pas faire de bruit, surtout ne pas prendre de risque, voilà le mode de fonctionnement de notre société aujourd'hui, pour employer de grands mots pompeux qui n'en sont pas moins une triste, une désolante et une effroyable vérité.
Des faits : je me suis insurgée (poliment) contre ma hiérarchie, arguments à l'appui, devant le fait que nous étions en tant que professeurs de français, submergés e charges de travail notamment de surveillance d'examens, au moment de préparer les oraux, alors que d'autres professeurs n'ont aucune correction, aucun oral. Réponse : diffamation, mépris. Et désolidarisation de mes collègues pourtant concernés comme moi, et au nom de qui j'ai pris aussi la parole. On se croirait dans Matin brun, quand les protagonistes estiment à chaque mesure que bon, quand même, ça pourrait être pire...
Et puis voilà que quelques professeurs disent dans la presse ce qu'ils pensent de la réforme de l'organisation du bac, sans polémiquer, avec des nuances, sans remettre en cause des personnes, en disant simplement : que faire travailler les élèves de seconde plus tard, c'est bien mais qu'il y a quelques dysfonctionnements. On aurait pu parler des gros coups de gueule et on s'est efforcés d'être objectifs, et on se fait taper sur la gueule ! Comme quoi on n'avait rien à dire, ou à en référer d'abord à nos supérieurs !! MERDE !!! La liberté d'expression est-elle en train de mourir ? L'esprit de solidarité aussi ?
Je suis de plus en plus effrayée par l'inertie, par le protectionnisme des individus, par la "philosophie" culpabilisatrice du "te plains pas, ça pourrait être pire, t'as encore ça et ça".
Presqu'envie de violence...

21 juin 2008

PAN dans la gueule...

Nouvelle mutation : le lycée le plus pourri, à la réputation sulfureuse, à trois quarts d'heure de chez moi. Aucun de mes voeux n'a été satisfait. Après avoir perdu mes points il y a trois ans pour un poste qui en réalité n'en a jamais été un, j'en suis éjectée avec aucune possibilité d'avoir un poste qui m'intéresse et aucune voix au chapitre.
Après le choc, l'anéantissement, c'est la tristesse et sans doute l'angoisse qui vont occuper mon existence dans les semaines et les mois à venir. La sollicitude de mes collègues, unanime, me touche et me réconforte. La douleur de les quitter, de perdre la qualité de travail, de proximité avec laquelle va de paire la possibilité de s'investir, d'abandonner les projets, une place, une réputation... Nombreux sont et seront les regrets. Je carbure aux anxiolytiques pour limiter la casse, pour ne pas trop penser. Peut-être que je rencontrai des gens intéressants, peut-être que j'y aimerai aussi enseigner, peut-être que j'aurai encore un peu de temps pour faire du journalisme. Pour l'instant, j'essaie d'encaisser. La solitude de l'été qui approche sera encore plus lourde que ce que je craignais.

14 juin 2008

Une petite histoire

L'autre jour, alors que je bêchais mon potager, mon voisin est venu me parler par-dessus la haie. Il est âgé, je ne l'ai jamais croisé ailleurs que là, en bordure de nos terrains, je ne connais même son nom. Nous n'avions échangé jusque là que des propos sur le temps et sur nos plantations. Ce jour-là, il m'a annoncé qu'il allait déménager le mois prochain ; ainsi en a décidé sa femme, appuyée par son médecin car sa santé ne lui permet plus autant d'activité dans son jardin qu'avant. Mais il part la mort dans l'âme, même si c'est tout près. Et le voilà qui éclate en sanglots.
La détresse de ce papi m'a émue. Et une fois de plus, je n'ai pas compris comment dans un couple, des décisions importantes sont prises par un seul membre, et que l'autre se plie.

13 juin 2008

Beurk : les enfants des autres

Les enfants, déjà, sont une race que j'approche avec méfiance. Autant que les adultes ceci dit : peu m'agréent. Mais quand des amis vous infligent leurs progénitures, leur éducation chez vous, et qu'il faut faire gouzi-gouzi quand ils partent planquer vos clefs de bagnole sous l'oeil attendri de leur môman, des amitiés ont de quoi se briser.
Il s'agit donc de la fin d'une amitié qui, à l'heure des attirances et des découvertes, augurait pourtant d'une longue et dense histoire. Certes, des désaccords quant à l'engagement politique, une lâche absence de solidarité au boulot, ont terni une confiance et un plaisir à être ensemble, mais le coup des enfants n'a rien arrangé, bien au contraire. Pour commencer, j'avais lancé une invitation pour une personne, et il m'a été imposé deux "charmants enfants" (aux dires de la mère, évidemment) ; ajoutons que j'ai ai appris dans la soirée avoir échappé de peu à l'ajout inopiné du mari, qui heureusement, n'avait pas souhaité venir (vive le foot ?). Pourtant âgés de trois et un an, les délicieux rejetons ont partagé l'intimité de la soirée jusqu'à 22h30 ; ils m'ont cassé un pied de tomate, et un bibelot offert ; déménagé divers objets dans la maison et dans le jardin ; transporté de l'herbe dans les pièces. Leur mère les a laissés sans me demander mon avis manger dans leur lit qui est aussi mon canapé, et les exempte manifestement de politesse : s'ils savent prendre sans demander, s'ils savent dire je veux quand l'objet est inaccessible, merci ou pardon n'appartient pas au vocabulaire nécessaire.
Je n'en ai qu'un plus grand amour pour les enfants agréables, joyeux et polis qui viennent chez moi, et à leurs parents, qui savent aussi exister sans eux !!

Snif

Aujourd'hui peut-être, dernier cours dans le lycée où j'ai fait mes armes pendant 7 ans, où j'ai appris et aimé mon boulot, où j'ai rencontré beaucoup, beaucoup de gens précieux, riches, des vrais humains drôles, généreux, intéressants. Et non, je n'idéalise même pas.
Je suis un peu plus prête que les autres années à ce que cette belle histoire se termine, sans doute grâce à mon deuxième boulot, qui a élargi mon univers d'activité, et à l'espoir qu'ailleurs aussi, de belles histoires se passent. Y'a pas de raison.
Cette dernière heure de cours a eu lieu avec quelques élèves de première venus réviser le bac : bonne humeur, sourires, un peu de boulot quand même aussi. Et une heure que ma meilleure amie est venue partager, afin de les interroger avant leur vrai oral dans une dizaine de jours : du sérieux, et notre complicité profonde. Si c'était la fin, c'est une belle fin.

07 juin 2008

Un triomphe

Ainsi que nos répétitions et sans doute encore plus notre osmose le laissaient augurer, les représentations se sont très, très bien passées.
La première, pour les scolaires, a été étonnamment calme, on s'attendait bien sûr à un public difficile, mais il a été attentif, réceptif, et a apprécié. Nous, le stress nous a bien noué l'estomac avant, et il y a eu quelques couacs de texte et de changements de décor, mais on était aussi très contents de nous. Les quelques heures entre les deux représentations ont encore été fort sympathiques : chacun faisant selon son envie, puis repas commun. Et le soir, un peu moins de stress général, davantage de couacs techniques, mais un nouveau triomphe : le public composé cette fois de la population et des anciens ouvriers dont notre pièce racontait un peu la vie ont été extrêmement réceptifs. Beaucoup d'émotion aussi quand ils sont montés sur la scène à la fin. Les louanges ont fusé pour tout le monde pendant longtemps, et on était tous ravis, excités, fiers.
Une très, très belle histoire.

04 juin 2008

Enthousiasme

A ceux qui ne savent pas l'intensité du bonheur de faire du théâtre, voilà une petite histoire.
Au lycée, on a monté, un peu à la va comme je te pousse, une pièce qui sera jouée dans deux jours. Casting difficile à mettre en place, texte revu et corrigé en permanence, beaucoup d'inexpériences et de vicissitudes techniques... Bref, on est une bande d'élèves et de profs, beaucoup n'ayant jamais fait de théâtre, qui avons pris à bras le corps un texte et une mise en scène. Et plus l'échéance approche, plus l'enthousiasme et l'investissement grandissent. Petits rôles et rôles majeurs, profs et élèves, tout le monde est dans la même barque avec la même envie de réussir et la même peur au ventre, et surtout le même plaisir. Incroyable, génial, jouissif... Peu importe la performance dont nous serons capables vendredi ; c'est une très belle histoire que nous vivons en ce moment. Et en tant qu'enseignant, on est fier du rapport qui s'est dessiné avec les élèves, de leurs incroyables progrès, et de leur étonnant dynamisme, alors que ce sont des ados à profil pas du tout littéraire.
Allez, on va faire péter la baraque !!

24 mai 2008

Crise de foi

On croit parfois avoir de la bouteille, être blindé, connaître son public... et puis on se prend une claque en travers de la gueule.
Organiser une sortie pédagogique avec des élèves, c'est un peu compliqué, cela prend du temps, mais surtout, c'est une grosse responsabilité. Pour en mettre une en place, il faut en avoir envie, il faut avoir confiance en ses élèves, et y mettre de soi. Et mettre de soi dans notre métier d'enseignant, c'est à la fois là qu'est la nécessité et là que le bât blesse toujours.
Bref, la sortie pédagogique à Paris, mise sur pied depuis plusieurs mois,a enfin lieu : visite des tours de Notre Dame, rallye pour découvrir le coeur historique de la capitale, et enfin représentations au théâtre de la Huchette. Le coeur y était, le travail en amont aussi, l'enthousiasme anticipé pour les organisateurs. Et un élève est absent au premier rendez-vous parce qu'il s'est fait emmener par les flics : surpris avec deux autres en train de fumer du shit, ils sont fouillés et lui en avait dans sa chaussure.
Par là-dessus, j'apprends qu'un élève a profité du quartier libre pour aller voir un copain parisien, et quand je reprends les questionnaires du rallye, ils ont manifestement été... négligés.
J'avais oublié que l'ado est con. Que l'ado est irresponsable. Que l'ado se fout de la culture. Que l'ado est digne d'une confiance très limitée. Que ce à quoi on voudrait l'ouvrir est à des années-lumière de son univers.
Me voilà dans un état de grande fragilité : je me rends compte une fois de plus que pour être prof il faut une carapace et que lorsqu'elle se fissure, il y a péril en la demeure. Il faut être prof pour savoir ce que ce boulot veut dire sur le plan humain ; et tous les débats sur les salaires, sur le temps de travail, sur les suppressions de postes, les réformes de programmes, etc. ne savent pas mettre de mot sur cette dimension qui est au coeur de ce boulot.

11 mai 2008

Lecture : Un léopard sur le garrot, de Jean-Christophe Rufin

Lu dans la journée...
L'autobiographie de l'auteur de Rouge Brésil raconte le parcours d'une vocation, celle de la médecine, liée plus tard à celle de la littérature. Les deux domaines, que l'on pourrait penser très éloignés l'un de l'autre, trouvent ici des parallèles. Le début et la fin du récit sont particulièrement puissants : le début raconte l'enfance de l'auteur, ses liens avec son grand-père et ses premiers rapports déterminants à la médecine, loin de tout cliché ; de très beaux paragraphes sur la littérature concluent le récit. J'ai moins aimé le parcours politique, et les moments où le narrateur perd de son humilité et de son humour.
Le livre vaut surtout par son évocation originale de la médecine, et pour les liens inattendus que l'auteur y a trouvés avec son art d'écrire.

Lecture : Into the wild, de Jon Krakauer

Je ne suis pas une adepte, loin de là, du genre des "histoires vraies", qui signifient, mais j'ai peut-être tort, des relents de dramatisation et de non littérature. En tout cas, ce livre est pour moi un contre-exemple. Il est la narration d'un fait divers : l'histoire d'un jeune américain de bonne famille qui renonce à toute forme de confort et de matérialité pour vivre à l'aventure et finir par mourir en Alaska. Le récit n'est pas chronologique, sa logique est à la fois difficile à décrire et en même temps rend la lecture plus passionnante. L'auteur ne cherche pas de leçon ni vraiment d'explication mais restitue brillamment sa fascination pour ce destin et ce personnage étranges. On suit les étapes de Chris Mac Candless surtout après avoir achevé ses études supérieures, notamment au travers des témoignages recueillis après sa disparition et des notes qu'il a laissées. J'ai un peu pensé à De sang froid de Truman Capote, pour la méthode de l'auteur, et l'intérêt du livre.

25 avril 2008

Vroum vroum !!

Waouh ! Me voilà motarde ! Eh ouais, je me suis acheté une petite 125, et j'ai réalisé un rêve vieux de 15 ans au bas mot...
Bon, je ne fais pas encore la fière, hein. N'ayant jamais conduit ce type d'engin, je suis très prudente, et comme je manque singulièrement de confiance et que tout le monde me prédit l'accident, je ne suis pas à l'aise, mais contente néanmoins ! Vivement que je me fasse franchement plaisir !
La sensation de fragilité est très étrange : on sent bien qu'il s'en faut d'un cheveu pour partir dans le décor. On se sent lâché dans le vide. Et pour l'heure, parce que je n'ai pas encore la sensation de connaître et de maîtriser ma machine, je flippe pas mal. Mais le bonheur n'est pas loin !
banane

13 avril 2008

Lecture : Prédateurs, de Maxime Chattam

Fascinée par la trilogie "L'Ame du mal" puis par "Le Sang du temps", c'est en toute confiance et avec une délectation anticipée que je me suis jetée sur "Prédateurs". Quelle déception !
Dire que je n'ai pas aimé serait injuste, comme d'affirmer que je me suis ennuyée, mais je reste fortement désappointée. J'ai le sentiment que les ingrédients qui faisaient l'originalité des thrillers précédents ont été ici très mal dosés, et que du coup, le charme a disparu. Le raffinement dans l'horreur me paraît ici très excessif et peu crédible ; la personnalité ambiguë des personnages est prévisible, voire factice. Si j'étais méchante et en faisant dans la facilité, je dirais que cette fois cet auteur français fait vraiment de l'américain !

11 avril 2008

Pour le meilleur et pour le pire

Aujourd'hui c'est officiellement le 38ème anniversaire de mariage de mes parents. Et le dernier puisqu'ils sont, comme on dit, en instance de divorce. Rien que de très banal là-dedans, mais je m'interroge tout de même sur les raisons qui font qu'une très belle histoire d'amour peut évoluer vers le plus sordide cauchemar.
Comme dans un conte de fées, à ce que j'ai toujours entendu dire de plusieurs bouches, leur histoire avait des allures de roman, voire de conte de fées : la rencontre à 20 ans, l'obstacle du désaccord des parents de l'un, la traversée de l'Atlantique pour se marier envers et contre tous à New-York... Et trente-huit ans plus tard, cette belle histoire en est à son dernier acte, à grands coups de violence, de mensonges, de haine, d'humiliations, de règlements de comptes. Se sont-ils trompés en croyant s'aimer ? Probablement pas. Mais alors, comment cela peut-il aboutir à un tel résultat ? L'explication qui me paraît la plus plausible, c'est qu'ils n'ont pas été honnêtes chacun envers eux-mêmes : ils se sont trouvés et correspondus, en se mentant à eux-mêmes sur leur vécu, leurs casseroles. Ce sont ces dernières qui les ont rapprochés, et qui les fait s'affronter aujourd'hui. Ce n'est même pas paradoxal. Ce que l'on n'a pas réglé avec soi-même nous revient toujours un jour ou l'autre dans la gueule, j'en suis persuadée. Le manque de lucidité sur soi-même est ce que l'on fait de pire.

05 avril 2008

De la difficulté à se trémousser

Hier soir, pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai assisté à un concert où tout le monde était debout, où tout appelait à danser, à chanter, à s'amuser quoi (il s'agissait de Pigalle). Mais je suis incapable de me laisser aller à me trémousser. Whyyyy ? Autant je n'éprouve pas énormément de difficultés à danser en boîte, mais en concert, toute forme de manifestation physique en réaction à la musique coince. Alors que je trouve ridicule de rester raide comme un piquet quand on apprécie un groupe qui lui n'est pas économe de mouvements ! Je me sens totalement gauche et ridicule de ne rien manifester, et parfaitement ridicule et gauche si j'esquisse une agitation du bassin... A me dégoûter de tout concert en dehors du classique ! Enfin quand même pas, mais pas loin. Ce soir, je vais voir Juliette. On sera assis, et je vais chanter et rire. Danser, ouf, ce ne sera pas d'actualité.

26 mars 2008

Lecture : Le Rapport de Brodeck, de Philippe Claudel

L'adjectif qui me paraît le plus adéquat concernant l'écriture de Philippe Claudel, c'est : délicat. C'est déjà l'impression laissée par la lecture des nouvelles du recueil Les Petites mécaniques, même si je n'avais pas été emballée par toutes. Ici, en plus du style, l'histoire prend vraiment aux tripes. Il y a quelque chose de doux et de dur dans le récit de ce rescapé des camps qui est contraint de relater le crime des habitants de son village.
Ecrit à la première personne du singulier, le narrateur mêle ses souvenirs d'enfance, de jeune homme, de déportation, et la vie de son village perdu on ne sait bien où. On est dans le réalisme et dans l'étrange, dans le familier et l'inconnu, dans la noirceur et la beauté.
Superbe.

17 mars 2008

Dilemme...

Demain, grève des enseignants du second degré, contre notamment les suppressions de poste et la réforme du bac pro, motifs qui sont éminemment valables à mon avis ; d'autant que toute occasion de gueuler contre le gouvernement actuel me paraît une question de survie. Je vais faire grève.
Pourtant... eh bien en écoutant les arguments d'un collègue qui ne va pas la faire, mon choix m'enthousiasme beaucoup moins, même si je n'ai pas changé de décision. Il a raison quand il dit que ces grèves sporadiques sont ridicules : c'est devenu le même comportement de mouton que ceux qui ne la font pas, puisqu'on accepte au final ce contre quoi on s'insurge. Ces grèves sporadiques sont devenues totalement sans effet, et même contribuent largement à nous décrédibiliser. Ces grèves sporadiques commencent à avoir l'effet inverse de ce qu'elles prétendent exprimer.
Il faudrait une autre forme de lutte, mais quoi ? Quoi qu'on pense, les enseignants ne sont pas prêts pour un très grand nombre à se mouiller assez pour frapper fort : ils craignent pour cette sécurité de l'emploi qui n'est pas si sereine, loin de là, et sacrifier la scolarité des élèves est un acte grave que personne ne prend à la légère.
Je fais quand même la grève parce que je préfère ce dérisoire acte de contestation à rien du tout même si j'y crois de moins en moins. Ma colère n'en est que plus grande.

03 mars 2008

La poule ou l'oeuf

Un travail sur soi-même rend-il plus intelligent ou bien c'est le fait d'être intelligent qui permet de faire un travail sur soi ?
J'aurais tendance à opter pour la première proposition. En tout cas, cette réflexion critique sur soi-même est indispensable à un regard lucide sur les autres et sur le monde. Plus le temps passe, et plus j'apprécie l'honnêteté. J'ai beaucoup de mal à croire qu'on ne soit pas capable de trouver le courage d'écouter, de regarder, et que l'on s'enfonce dans le mensonge et dans l'artificiel. Je n'aime pas les autruches !

02 mars 2008

Lecture : Les Reines rouges, de Cavanna.

Cavanna, c'est un type que j'aime bien. Je lis toutes les semaines ses articles dans Charlie Hebdo, et que l'on soit d'accord ou pas avec le propos, il y a dans son ton quelque chose qui nous le rend familier, comme s'il nous parlait à nous rien qu'à nous. Et puis, il donne envie d'être fier d'être français, ce qui, par les temps qui courent, vaut de l'or.
J'ai lu de lui Le Hun blond, qui est un autre de ses romans situés dans le monde médiéval. Les Reines rouges, comme Le Hun blond, c'est truculent, historique, plaisant. On sent qu'on se plonge dans une période qu'il aime et connaît très bien. Ses romans ont l'immense mérite de nous apprendre beaucoup, et d'être en même temps drôles et pleins d'une philosophie épicurienne jouissive. Je n'en parle pas bien, désolé. Tout est bon : l'auteur, et ce qu'il écrit.

Youpi : bientôt la révolution...........????

Avec "le petit crocodile" (petites pattes et grande gueule), c'est tous les jours la fête, non ? On se plaint de l'inertie, de l'immobilisme, du vieillissement de la France ; nul doute que notre cher président flanque des coups de pieds dans la fourmilière et que si l'on croit qu'à quelque chose, malheur est bon, nul doute que le renouveau n'est pas loin !
- chercher à passer outre le Conseil constitutionnel, la plus haute autorité en matière de respect de la République,
- violer les droits de l'individu en enfermant les criminels potentiels après la peine purgée
- se montrer vulgaire
- se poser en héros ("j'irai moi-même chercher Ingrid s'il le faut !")
- dire "je" à tout bout de champ et faire du sentiment le maître d'ordre des discours politiques
- envisager de noter les profs aux résultats (pourquoi pas les médecins aux angines guéries ?)
- privilégier ouvertement les riches à devenir plus riches
etc etc.
Super ! Le ridicule supplante l'étonnement et la colère devient plus forte que la peur. La situation empire, la grogne augmente et se propage partout, chez tout le monde. Aux armes, citoyens !

18 février 2008

A propos de la mémoire

Il y a parfois des noms et des sons qui font mal, sans que l'on puisse expliquer pourquoi. C'est une impression très désagréable. Ainsi, il y a une chanson associée à un profond malaise remontant à plus de 15 ans ; même si on l'entend rarement et que je ne l'aie pas entendue depuis plusieurs années, son souvenir est ancré en moi, avec la douleur vive et informe qui y est associée. Plus récemment, le nom de quelqu'un qui ne fait plus partie de ma vie, lorsqu'il ressurgit, provoque une grande tristesse et un mal être que je n'explique pas, même si l'histoire qui nous a liée a son lot de souvenirs clairement désagréables.
Comme quoi, notre mémoire consciente n'est que peau de zob par rapport à tout ce que l'inconscient trimballe à l'insu de notre plein gré...
A part ça, il fait beau, c'est les vacances, tout baigne !

10 février 2008

Lecture : Nouvelles mythologies, sous la direction de Jérôme Garcin


Reprenant le principe des Mythologies de Roland Barthes, qui décodait notre société en faisant l'analyse des symboles quotidiens, Jérôme Garcin publie une série d'articles de divers auteurs, pour l'essentiel parus dans le Nouvel Observateur, qui sont autant de regards personnels sur les phénomènes du XXIe siècle naissant.
La formule est plaisante à lire et de nombreux articles sont franchement intéressants, soit parce qu'ils remettent en perspective un événement ("Arcelor et Mittal", par Ghislaine Ottenheimer, "La Star Academy" de Benoît Duteurtre, "Le plombier polonais", de Nicolas Baverez, "Parce que je le vaux bien", de Georges Vigarello), soit parce qu'ils sont un regard drôle ou amer sur des habitudes contemporaines ("Le sushi", de Jean-Paul Dubois, "Le football roi" de Bernard Pivot, "La fièvre de l'authentique", de Gilles Lipovetsky).
Il en ressort tout de même la peinture d'une France hypocrite, vieille, artificielle, en bout de course. Ce qui est sûrement la réalité.

09 février 2008

Lecture : séance (polar/thriller) de rattrapage...

Quelques bonheurs et plaisirs de lecture ces derniers temps. D'abord, les deux volumes de Millenium de Stieg Larsson qu'il me restait à lire. J'aurais donc lu la trilogie à l'envers et ce n'est pas le plus grave : le plus malheureux c'est que l'auteur est mort et qu'il n'y aura rien d'autre à lire de lui !!! J'ai dévoré les 2 tomes avec frénésie et délectation. La fin du premier tome m'a beaucoup plu, les personnages sont vraiment intéressants, l'intrigue est palpitante, bref c'était génial.
J'ai lu aussi Le Silence des agneaux de Thomas Harris. Très bien. Même quand on connaît bien le film et qu'on l'a aimé, on apprécie un thriller intelligent et original. Sans être impérissable, manquant sans doute de profondeur, notamment pour ce qui concerne l'héroïne Clarice Starling, un peu fade, le roman se lit avec beaucoup de plaisir.
Dans le genre thriller, j'ai lu Les Intrus, de Michaël Marshall, et c'était pas mal également : là, on verse davantage dans le fantastique, et c'est vrai que l'aspect polar y perd, mais j'ai passé un agréable moment.
Enfin, un petit polar français, L'homme à l'oreille croquée, de Jean-Bernard Pouy, à lire dans le bain : l'histoire d'un adolescent qui se retrouve coincé avec une femme dans un accident de train, laquelle est poursuivie par des méchants. Le ton est drôle, l'histoire plutôt originale, ça se lit vite et bien.

C'est quand même magique que des alignements de lettres, de petits dessins banals et répétitifs, puissent susciter tant d'images, d'histoires, d'émotions...

30 janvier 2008

Lecture : One man show, de Nicolas Fargues

Dans le genre "je me regarde le nombril sans complaisance", j'ai pensé au Roman russe d'Emmanuel Carrère et c'est sans commune mesure que je vote pour Emmanuel Fargues.
Jeune écrivain retiré en province avec sa petite famille, en voyage à Paris pour une émission de télé, le récit est pour beaucoup un monologue intérieur où le narrateur se moque allègrement de lui-même, du monde de l'édition et de la télévision.
J'ai eu du mal à capter le ton, car il est subtilement mi-figue mi-raisin, mais globalement j'ai bien aimé cette histoire sans prétention comme le dit la 4ème de couverture. Le personnage ne se veut pas sympathique ni franchement antipathique, ni original ni dénonciateur. Bref, c'est simple, et agréable,sans superficialité.

29 janvier 2008

Citation

"Au dire de Freud (Moïse et le monothéisme), un peu de différence mène au racisme. Mais beaucoup de différences en éloignent, irrémédiablement.
Egaliser, démocratiser, massifier, tous ces efforts ne parviennent pas à expulser "la plus petite différence", germe de l'intolérance raciale.
C'est pluraliser, subtiliser, qu'il faudrait, sans frein".

Roland Barthes

27 janvier 2008

Lecture : Akhenaton le dieu maudit, de Gilbert Sinoué

Akhenaton, c'est ce pharaon époux de Néfertiti qui a fait scandale il y a deux millénaires lorsqu'il a essayé de bouleverser les croyances en substituant au panthéon des dieux égyptiens un dieu unique, Aton. Cette tentative de monothéisme ne lui survivra pas et ses successeurs tenteront d'effacer jusqu'à la trace de son existence. D'où la difficulté particulière de documentation en ce qui le concerne, et les nombreuses controverses.
Gilbert Sinoué a tenté dans son ouvrage un pari audacieux : raconter l'histoire de ce roi, en prenant en compte les différentes interprétations sur son règne, par le biais d'une trame fictionnelle. Deux chercheurs contemporains lisent une correspondance entre deux amis proches d'Akhénaton, lesquels se racontent son histoire. Les deux égyptologues débattent de son authenticité. Mon avis est que l'aspect romancé est très maladroit, et surtout peu crédible. Il n'en reste pas moins que l'aspect documentaire est très intéressant, pour peu que le sujet soit une source de curiosité pour le lecteur.

20 janvier 2008

Connerie au pouvoir

Philippe Val, dans son édito de cette semaine dans Charlie Hebdo, parle de la disparition, au moins dans les médias, des la catégorie des intellectuels. Je rebondis : certes, jamais la réflexion n'a été autant absente, ou aussi discrète, sa voix aussi ténue, qu'aujourd'hui. Avec l'avènement de Sarkozy, on a eu droit à la consécration de l'ère de l'artificiel, de l'épidermique, de l'instantané. Il n'en est pas l'initiateur, évidemment pas, mais il en est le chantre. La connerie au pouvoir : il joue au con, et il s'adresse à des cons.

15 janvier 2008

Lecture : Hannibal Lecter, les origines du mal, de Thomas Harris

First, je n'ai pas lu autres opus de la série concernant le monstre cannibale. J'ai bien envie pourtant, même si je ne suis pas totalement enthousiasmée par celui-ci. Disons que, en toute modestie ou presque, les qualités de l'ouvrage manquent d'approfondissement. Ce qui m'avait plu dans Hannibal, le 2ème film, c'était, qu'aussi monstrueux le personnage soit-il, le film n'était pas manichéen du tout et au contraire brouillait les cartes entre différents types de monstres. Ce livre m'a séduite sensiblement pour les mêmes raisons : le récit retrace l'enfance et la jeunesse d'Hannibal, marquées par les traumatismes mais aussi la culture et l'amour. Je regrette que ce récit qui aurait pu être beaucoup plus troublant sur la destruction d'une âme tombe fréquement dans les clichés, les excès et le manque de nuance. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un portrait de criminel original, qui se...... dévore ?...

13 janvier 2008

Lecture : L'Adieu aux armes, de Hemingway

Un aveu d'abord : je ne l'ai pas lu en entier, mais un peu plus de la moitié. Si je souhaitais lire du Hemingway, c'est parce que j'avais entendu souvent qu'il s'agissait d'un auteur majeur, maître de beaucoup d'autres, une référénce. Si j'ai souhaité lire celui-là, c'est parce qu'il se situe pendant la première guerre mondiale, période qui m'intéresse particulièrement. Je m'attendais donc à tout gagner, mais non !
Concernant l'aspect historique, il est en toile de fond et peu perceptible. Il faut dire que le héros n'est pas soldat mais ambulancier, qu'il se retrouve longuement à l'hôpital et, selon la 4ème de couverture puisque c'est là que je me suis arrêtée, il s'enfuit avant de retourner au front. La Chambre des officiers, de Marc Dugain, est bien plus édifiant. Mais la plus grosse déception concerne l'histoire : j'ai trouvé les dialogues d'une totale bêtise, ce qui ne peut être imputable à la seule traduction, l'histoire relativement ordinaire, les propos sans intérêt. Bref, je n'ai pas du tout décelé le génie vanté, loin de là.

12 janvier 2008

De la laideur

Quelle est la part de subjectivité et d'objectivité dans la beauté ? On a tous vu notre regard se transformer selon que l'on aime ou que l'on déteste. Mais en amont, je me suis souvent rendu compte qu'il m'était impossible d'aimer quelqu'un que je trouvais laid ; il m'est même impossible d'aimer quelqu'un sans qu'il y ait une véritable attirance physique, quelle que soit la nature des relations. La laideur est pour moi un obstacle aux sentiments. L'affection, l'intérêt que je peux porter à quelqu'un est limitée au moment où la relation pourrait prendre de la profondeur par l'absence de plaisir à regarder l'autre. Comme s'il s'agissait d'un manque d'honnêteté, je ne peux pas donner mon amitié à quelqu'un en oubliant que je le trouve disgrâcieux. J'aime à trouver beaux les gens que j'aime.

07 janvier 2008

Grrrrrraou...

Mon premier billet de 2008 sera en forme de coup de gueule ! Aujourd'hui, c'était la rentrée des classes, les retrouvailles avec les chères têtes blondes... Oh rien de neuf en fait mais un agacement accru envers leur indifférence générale. Je suis une fois de plus horrifiée, et le mot n'est même pas trop fort, devant leur apathie ; je suis consternée par cette légèreté abrutissante face à tout. Je n'ai rien contre la bonne humeur en classe, au contraire : la dérision est une marque d'intérêt, de compréhension, et même d'intelligence sans doute. J'en sais un certain nombre qui sont vifs d'esprit, mais que leur incapacité à se concentrer, à s'intéresser, qui n'ont pas le goût de comprendre, rend d'une stupidité affolante. J'en arrive à un mépris profond parfois, qui n'est absolument pas confortable pour continuer à faire cours.
Qu'est-ce qui rend cette génération si insouciante ? Si pauvre ? Comment les faire réagir ? Leur faire entrapercevoir qu'il est nécessaire de se plier, de hiérarchiser, de faire preuve de rigueur ? Leur monde est sans aucun relief ! Il n'y a plus de frontière, ou si peu, entre la classe et la cour de récréation, entre les langages selon les interlocuteurs, de cloisonnement dans les activités. Ils ne sont responsables de rien, et surtout pas d'eux-mêmes.
Alors bon, ce n'est pas le bordel dans mes cours, les élèves me respectent, voire m'écoutent et apprennent sans doute des choses, mais le fossé est immense et infranchissable entre ce qu'ils devraient apprendre et ce qui leur arrive. Le problème est en amont, du côté de l'éducation, et des notions qui sonnent tragiquement réactionnaires, d'autorité, d'apprentissage, de respect des valeurs ! Et on investit toujours un peu plus l'Etat et l'Education Nationale de remplir des tâches qui ne sont pas son rôle !! Où va-t-on ? DROIT DANS LE MUR !
J'arrête là mon grognement. L'espoir fait vivre !