Du sable, des cailloux, des ânes, des chèvres, des rochers, des berbères, des sacs plastiques, du soleil, du vent. Voilà en vrac ce que j'ai vécu pendant les 5 jours de trekking.
L'aspect "bivouac" ne m'a pas beaucoup amusée : la calamité persistante des 3 "s" sable-sueur-sel, jour et nuit, c'est moyennement rigolo ; dormir sur ce qui sert de paillasson à tout le monde également ; les ongles noirs, les cheveux en casque, les tapis de crottes de dromadaire, idem. Mais à part ça, c'était bien : longues marches sous un franc soleil tempéré par la brise marine, vues diversifiées, sauvages, vivifiantes, rires collectifs.
Marrakech à la chaleur aussi insupportable que ses habitants m'a parue laide et sale ; Essaouira entraperçue m'a en revanche donné envie de revenir. Autres bons souvenirs : notre guide Abdel, le hammam, la bouffe !
Malgré le peu de sommeil, je crois revenir avec une pleine recharge d'énergie. No regrets !
26 août 2008
15 août 2008
Départ pour l'aventure !
Drôle de journée... Je pars ce soir pour Paris, nuit sdf sur les bancs de l'aéroport et envol ensuite pour le Maroc : un groupe inconnu, un pays inconnu, une activité inconnue (le trekking)...
Je le voulais ! hein...
C'est rigolo (!) comme je déteste quitter ma petite maison, mon petit confort, mes petites habitudes, combien cela me fait peur. J'enchaîne les courriels à tonalité testamentaire !
Il me reste à tondre ma pelouse, à me laver le plus tard possible (je ne sais pas quand la prochaine douche aura lieu).. et j'erre dans ma maison, avec une solitude palpable dans l'air.
Aventure, certes, mais très raisonnable. Je ne regrette pas d'avoir mis en place ce voyage, même si j'en avais bien moins besoin que ce que je craignais : je crois profondément qu'il est bon de se secouer les puces de temps en temps. Ce que mes craintes, ma frilosité à quitter mon environnement rassurant, ne font que confirmer !!
Le temps va être un peu long et sans doute vaguement sinistre jusqu'à 6h du matin, mais après... C'est après qui compte !
Arivederci...
Je le voulais ! hein...
C'est rigolo (!) comme je déteste quitter ma petite maison, mon petit confort, mes petites habitudes, combien cela me fait peur. J'enchaîne les courriels à tonalité testamentaire !
Il me reste à tondre ma pelouse, à me laver le plus tard possible (je ne sais pas quand la prochaine douche aura lieu).. et j'erre dans ma maison, avec une solitude palpable dans l'air.
Aventure, certes, mais très raisonnable. Je ne regrette pas d'avoir mis en place ce voyage, même si j'en avais bien moins besoin que ce que je craignais : je crois profondément qu'il est bon de se secouer les puces de temps en temps. Ce que mes craintes, ma frilosité à quitter mon environnement rassurant, ne font que confirmer !!
Le temps va être un peu long et sans doute vaguement sinistre jusqu'à 6h du matin, mais après... C'est après qui compte !
Arivederci...
26 juillet 2008
Pas mal
Trois petits verres de vin et je suis paf... Je me demande pourquoi je ne deviens pas alcoolique. Quoique, il faudrait beaucoup plus de trois verres. Bref, avec ou sans ça, je crois que ça ne va pas trop mal. Certes, je m'ennuie un peu ; je ne fais pas grand chose et l'inutilité m'angoisse toujours, mais à part ça, faut pas se plaindre. C'est l'été, je peaufine mon bronzage, je lis un livre par jour en moyenne, mon boulot avance à petits pas mais à pas constructifs. Et puis j'ai des projets. La rentrée est encore assez lointaine pour ne pas me paniquer. Alors, oui, ça va.
Carpe diem !!!
Carpe diem !!!
18 juillet 2008
Lecture : A l'Ouest rien de nouveau, d'E.M. Remarque
06 juillet 2008
Un dimanche de juillet.
La pluie frappe les carreaux. J'ai beau avoir aspergé mes patates, haricots, courgettes et tomates de bouillie bordelaise hier, quelque chose me dit que je vais retrouver mon potager dans un état déplorable. Je viens de faire mes valises, mais il y a sans doute trop de tenues estivales pour une semaine en Bretagne en ce moment. J'ai passé mes commandes de livres sur Amazon : je me mettrai au boulot dès mon retour, et ce ne sera pas trop tôt : je m'apprête à gravir une montagne avec un sac de cailloux en prenant une terminale L à la rentrée. Des copains m'ont invitée à dîner ce soir : cela m'a obligée à m'habiller, mais va me changer un peu les idées. De toutes façons, il n'y avait rien de palpitant à la télé ce soir, et ils ne m'en voudront pas si je ne les fais pas rigoler. J'ai bien tenté Jules César de Manckiewicz en repassant, mais j'ai à peine pu admirer Marlon Brando, et c'était en VO. Vive les vacances.
01 juillet 2008
Une fin...
L'orage gronde alors que la nuit tombe et que des gouttes lourdes s'écrasent sur les velux. Me voilà seule, rentrée pour la dernière du lycée où j'ai passé sept années, où j'ai pu une dernière fois goûter à la convivialité, la sympathie, la simplicité, la chaleur qui règne dans cet établissement. Je n'en retiens que le bon, que le positif, parce que cela a été immense. Et c'est dur de partir. Même si on se dit qu'on reviendra, qu'on se reverra, l'essentiel est terminé, et c'est dur. Même si je vais garder contact avec un certain nombre, même si peut-être je trouverai autre chose de bien ailleurs, c'est dur.
On de mande de plus en plus aux professeurs de s'investir, de monter des projets, d'être présents dans la vie du lycée, de souder les équipes ; et on me parachute sur deux établissements à 40 km de chez moi, après sept années de bons et loyaux services, d'implications, d'efficacité. Tout ça pour des histoires de points... Parce que c'est cela qui régit l'éducation nationale derrière les beaux discours plein de belles idées : des considérations non humaines, des points, des chiffres, des numéros, et du fric.
Je suis triste.
On de mande de plus en plus aux professeurs de s'investir, de monter des projets, d'être présents dans la vie du lycée, de souder les équipes ; et on me parachute sur deux établissements à 40 km de chez moi, après sept années de bons et loyaux services, d'implications, d'efficacité. Tout ça pour des histoires de points... Parce que c'est cela qui régit l'éducation nationale derrière les beaux discours plein de belles idées : des considérations non humaines, des points, des chiffres, des numéros, et du fric.
Je suis triste.
23 juin 2008
COLERE !!!!!!!
Surtout ne pas faire de vagues, surtout ne pas faire de bruit, surtout ne pas prendre de risque, voilà le mode de fonctionnement de notre société aujourd'hui, pour employer de grands mots pompeux qui n'en sont pas moins une triste, une désolante et une effroyable vérité.
Des faits : je me suis insurgée (poliment) contre ma hiérarchie, arguments à l'appui, devant le fait que nous étions en tant que professeurs de français, submergés e charges de travail notamment de surveillance d'examens, au moment de préparer les oraux, alors que d'autres professeurs n'ont aucune correction, aucun oral. Réponse : diffamation, mépris. Et désolidarisation de mes collègues pourtant concernés comme moi, et au nom de qui j'ai pris aussi la parole. On se croirait dans Matin brun, quand les protagonistes estiment à chaque mesure que bon, quand même, ça pourrait être pire...
Et puis voilà que quelques professeurs disent dans la presse ce qu'ils pensent de la réforme de l'organisation du bac, sans polémiquer, avec des nuances, sans remettre en cause des personnes, en disant simplement : que faire travailler les élèves de seconde plus tard, c'est bien mais qu'il y a quelques dysfonctionnements. On aurait pu parler des gros coups de gueule et on s'est efforcés d'être objectifs, et on se fait taper sur la gueule ! Comme quoi on n'avait rien à dire, ou à en référer d'abord à nos supérieurs !! MERDE !!! La liberté d'expression est-elle en train de mourir ? L'esprit de solidarité aussi ?
Je suis de plus en plus effrayée par l'inertie, par le protectionnisme des individus, par la "philosophie" culpabilisatrice du "te plains pas, ça pourrait être pire, t'as encore ça et ça".
Presqu'envie de violence...
Des faits : je me suis insurgée (poliment) contre ma hiérarchie, arguments à l'appui, devant le fait que nous étions en tant que professeurs de français, submergés e charges de travail notamment de surveillance d'examens, au moment de préparer les oraux, alors que d'autres professeurs n'ont aucune correction, aucun oral. Réponse : diffamation, mépris. Et désolidarisation de mes collègues pourtant concernés comme moi, et au nom de qui j'ai pris aussi la parole. On se croirait dans Matin brun, quand les protagonistes estiment à chaque mesure que bon, quand même, ça pourrait être pire...
Et puis voilà que quelques professeurs disent dans la presse ce qu'ils pensent de la réforme de l'organisation du bac, sans polémiquer, avec des nuances, sans remettre en cause des personnes, en disant simplement : que faire travailler les élèves de seconde plus tard, c'est bien mais qu'il y a quelques dysfonctionnements. On aurait pu parler des gros coups de gueule et on s'est efforcés d'être objectifs, et on se fait taper sur la gueule ! Comme quoi on n'avait rien à dire, ou à en référer d'abord à nos supérieurs !! MERDE !!! La liberté d'expression est-elle en train de mourir ? L'esprit de solidarité aussi ?
Je suis de plus en plus effrayée par l'inertie, par le protectionnisme des individus, par la "philosophie" culpabilisatrice du "te plains pas, ça pourrait être pire, t'as encore ça et ça".
Presqu'envie de violence...
21 juin 2008
PAN dans la gueule...
Nouvelle mutation : le lycée le plus pourri, à la réputation sulfureuse, à trois quarts d'heure de chez moi. Aucun de mes voeux n'a été satisfait. Après avoir perdu mes points il y a trois ans pour un poste qui en réalité n'en a jamais été un, j'en suis éjectée avec aucune possibilité d'avoir un poste qui m'intéresse et aucune voix au chapitre.
Après le choc, l'anéantissement, c'est la tristesse et sans doute l'angoisse qui vont occuper mon existence dans les semaines et les mois à venir. La sollicitude de mes collègues, unanime, me touche et me réconforte. La douleur de les quitter, de perdre la qualité de travail, de proximité avec laquelle va de paire la possibilité de s'investir, d'abandonner les projets, une place, une réputation... Nombreux sont et seront les regrets. Je carbure aux anxiolytiques pour limiter la casse, pour ne pas trop penser. Peut-être que je rencontrai des gens intéressants, peut-être que j'y aimerai aussi enseigner, peut-être que j'aurai encore un peu de temps pour faire du journalisme. Pour l'instant, j'essaie d'encaisser. La solitude de l'été qui approche sera encore plus lourde que ce que je craignais.
Après le choc, l'anéantissement, c'est la tristesse et sans doute l'angoisse qui vont occuper mon existence dans les semaines et les mois à venir. La sollicitude de mes collègues, unanime, me touche et me réconforte. La douleur de les quitter, de perdre la qualité de travail, de proximité avec laquelle va de paire la possibilité de s'investir, d'abandonner les projets, une place, une réputation... Nombreux sont et seront les regrets. Je carbure aux anxiolytiques pour limiter la casse, pour ne pas trop penser. Peut-être que je rencontrai des gens intéressants, peut-être que j'y aimerai aussi enseigner, peut-être que j'aurai encore un peu de temps pour faire du journalisme. Pour l'instant, j'essaie d'encaisser. La solitude de l'été qui approche sera encore plus lourde que ce que je craignais.
14 juin 2008
Une petite histoire
L'autre jour, alors que je bêchais mon potager, mon voisin est venu me parler par-dessus la haie. Il est âgé, je ne l'ai jamais croisé ailleurs que là, en bordure de nos terrains, je ne connais même son nom. Nous n'avions échangé jusque là que des propos sur le temps et sur nos plantations. Ce jour-là, il m'a annoncé qu'il allait déménager le mois prochain ; ainsi en a décidé sa femme, appuyée par son médecin car sa santé ne lui permet plus autant d'activité dans son jardin qu'avant. Mais il part la mort dans l'âme, même si c'est tout près. Et le voilà qui éclate en sanglots.
La détresse de ce papi m'a émue. Et une fois de plus, je n'ai pas compris comment dans un couple, des décisions importantes sont prises par un seul membre, et que l'autre se plie.
La détresse de ce papi m'a émue. Et une fois de plus, je n'ai pas compris comment dans un couple, des décisions importantes sont prises par un seul membre, et que l'autre se plie.
13 juin 2008
Beurk : les enfants des autres
Les enfants, déjà, sont une race que j'approche avec méfiance. Autant que les adultes ceci dit : peu m'agréent. Mais quand des amis vous infligent leurs progénitures, leur éducation chez vous, et qu'il faut faire gouzi-gouzi quand ils partent planquer vos clefs de bagnole sous l'oeil attendri de leur môman, des amitiés ont de quoi se briser.
Il s'agit donc de la fin d'une amitié qui, à l'heure des attirances et des découvertes, augurait pourtant d'une longue et dense histoire. Certes, des désaccords quant à l'engagement politique, une lâche absence de solidarité au boulot, ont terni une confiance et un plaisir à être ensemble, mais le coup des enfants n'a rien arrangé, bien au contraire. Pour commencer, j'avais lancé une invitation pour une personne, et il m'a été imposé deux "charmants enfants" (aux dires de la mère, évidemment) ; ajoutons que j'ai ai appris dans la soirée avoir échappé de peu à l'ajout inopiné du mari, qui heureusement, n'avait pas souhaité venir (vive le foot ?). Pourtant âgés de trois et un an, les délicieux rejetons ont partagé l'intimité de la soirée jusqu'à 22h30 ; ils m'ont cassé un pied de tomate, et un bibelot offert ; déménagé divers objets dans la maison et dans le jardin ; transporté de l'herbe dans les pièces. Leur mère les a laissés sans me demander mon avis manger dans leur lit qui est aussi mon canapé, et les exempte manifestement de politesse : s'ils savent prendre sans demander, s'ils savent dire je veux quand l'objet est inaccessible, merci ou pardon n'appartient pas au vocabulaire nécessaire.
Je n'en ai qu'un plus grand amour pour les enfants agréables, joyeux et polis qui viennent chez moi, et à leurs parents, qui savent aussi exister sans eux !!
Il s'agit donc de la fin d'une amitié qui, à l'heure des attirances et des découvertes, augurait pourtant d'une longue et dense histoire. Certes, des désaccords quant à l'engagement politique, une lâche absence de solidarité au boulot, ont terni une confiance et un plaisir à être ensemble, mais le coup des enfants n'a rien arrangé, bien au contraire. Pour commencer, j'avais lancé une invitation pour une personne, et il m'a été imposé deux "charmants enfants" (aux dires de la mère, évidemment) ; ajoutons que j'ai ai appris dans la soirée avoir échappé de peu à l'ajout inopiné du mari, qui heureusement, n'avait pas souhaité venir (vive le foot ?). Pourtant âgés de trois et un an, les délicieux rejetons ont partagé l'intimité de la soirée jusqu'à 22h30 ; ils m'ont cassé un pied de tomate, et un bibelot offert ; déménagé divers objets dans la maison et dans le jardin ; transporté de l'herbe dans les pièces. Leur mère les a laissés sans me demander mon avis manger dans leur lit qui est aussi mon canapé, et les exempte manifestement de politesse : s'ils savent prendre sans demander, s'ils savent dire je veux quand l'objet est inaccessible, merci ou pardon n'appartient pas au vocabulaire nécessaire.
Je n'en ai qu'un plus grand amour pour les enfants agréables, joyeux et polis qui viennent chez moi, et à leurs parents, qui savent aussi exister sans eux !!
Snif
Aujourd'hui peut-être, dernier cours dans le lycée où j'ai fait mes armes pendant 7 ans, où j'ai appris et aimé mon boulot, où j'ai rencontré beaucoup, beaucoup de gens précieux, riches, des vrais humains drôles, généreux, intéressants. Et non, je n'idéalise même pas.
Je suis un peu plus prête que les autres années à ce que cette belle histoire se termine, sans doute grâce à mon deuxième boulot, qui a élargi mon univers d'activité, et à l'espoir qu'ailleurs aussi, de belles histoires se passent. Y'a pas de raison.
Cette dernière heure de cours a eu lieu avec quelques élèves de première venus réviser le bac : bonne humeur, sourires, un peu de boulot quand même aussi. Et une heure que ma meilleure amie est venue partager, afin de les interroger avant leur vrai oral dans une dizaine de jours : du sérieux, et notre complicité profonde. Si c'était la fin, c'est une belle fin.
Je suis un peu plus prête que les autres années à ce que cette belle histoire se termine, sans doute grâce à mon deuxième boulot, qui a élargi mon univers d'activité, et à l'espoir qu'ailleurs aussi, de belles histoires se passent. Y'a pas de raison.
Cette dernière heure de cours a eu lieu avec quelques élèves de première venus réviser le bac : bonne humeur, sourires, un peu de boulot quand même aussi. Et une heure que ma meilleure amie est venue partager, afin de les interroger avant leur vrai oral dans une dizaine de jours : du sérieux, et notre complicité profonde. Si c'était la fin, c'est une belle fin.
07 juin 2008
Un triomphe
Ainsi que nos répétitions et sans doute encore plus notre osmose le laissaient augurer, les représentations se sont très, très bien passées.
La première, pour les scolaires, a été étonnamment calme, on s'attendait bien sûr à un public difficile, mais il a été attentif, réceptif, et a apprécié. Nous, le stress nous a bien noué l'estomac avant, et il y a eu quelques couacs de texte et de changements de décor, mais on était aussi très contents de nous. Les quelques heures entre les deux représentations ont encore été fort sympathiques : chacun faisant selon son envie, puis repas commun. Et le soir, un peu moins de stress général, davantage de couacs techniques, mais un nouveau triomphe : le public composé cette fois de la population et des anciens ouvriers dont notre pièce racontait un peu la vie ont été extrêmement réceptifs. Beaucoup d'émotion aussi quand ils sont montés sur la scène à la fin. Les louanges ont fusé pour tout le monde pendant longtemps, et on était tous ravis, excités, fiers.
Une très, très belle histoire.
La première, pour les scolaires, a été étonnamment calme, on s'attendait bien sûr à un public difficile, mais il a été attentif, réceptif, et a apprécié. Nous, le stress nous a bien noué l'estomac avant, et il y a eu quelques couacs de texte et de changements de décor, mais on était aussi très contents de nous. Les quelques heures entre les deux représentations ont encore été fort sympathiques : chacun faisant selon son envie, puis repas commun. Et le soir, un peu moins de stress général, davantage de couacs techniques, mais un nouveau triomphe : le public composé cette fois de la population et des anciens ouvriers dont notre pièce racontait un peu la vie ont été extrêmement réceptifs. Beaucoup d'émotion aussi quand ils sont montés sur la scène à la fin. Les louanges ont fusé pour tout le monde pendant longtemps, et on était tous ravis, excités, fiers.
Une très, très belle histoire.
04 juin 2008
Enthousiasme
A ceux qui ne savent pas l'intensité du bonheur de faire du théâtre, voilà une petite histoire.
Au lycée, on a monté, un peu à la va comme je te pousse, une pièce qui sera jouée dans deux jours. Casting difficile à mettre en place, texte revu et corrigé en permanence, beaucoup d'inexpériences et de vicissitudes techniques... Bref, on est une bande d'élèves et de profs, beaucoup n'ayant jamais fait de théâtre, qui avons pris à bras le corps un texte et une mise en scène. Et plus l'échéance approche, plus l'enthousiasme et l'investissement grandissent. Petits rôles et rôles majeurs, profs et élèves, tout le monde est dans la même barque avec la même envie de réussir et la même peur au ventre, et surtout le même plaisir. Incroyable, génial, jouissif... Peu importe la performance dont nous serons capables vendredi ; c'est une très belle histoire que nous vivons en ce moment. Et en tant qu'enseignant, on est fier du rapport qui s'est dessiné avec les élèves, de leurs incroyables progrès, et de leur étonnant dynamisme, alors que ce sont des ados à profil pas du tout littéraire.
Allez, on va faire péter la baraque !!
Au lycée, on a monté, un peu à la va comme je te pousse, une pièce qui sera jouée dans deux jours. Casting difficile à mettre en place, texte revu et corrigé en permanence, beaucoup d'inexpériences et de vicissitudes techniques... Bref, on est une bande d'élèves et de profs, beaucoup n'ayant jamais fait de théâtre, qui avons pris à bras le corps un texte et une mise en scène. Et plus l'échéance approche, plus l'enthousiasme et l'investissement grandissent. Petits rôles et rôles majeurs, profs et élèves, tout le monde est dans la même barque avec la même envie de réussir et la même peur au ventre, et surtout le même plaisir. Incroyable, génial, jouissif... Peu importe la performance dont nous serons capables vendredi ; c'est une très belle histoire que nous vivons en ce moment. Et en tant qu'enseignant, on est fier du rapport qui s'est dessiné avec les élèves, de leurs incroyables progrès, et de leur étonnant dynamisme, alors que ce sont des ados à profil pas du tout littéraire.
Allez, on va faire péter la baraque !!
24 mai 2008
Crise de foi
On croit parfois avoir de la bouteille, être blindé, connaître son public... et puis on se prend une claque en travers de la gueule.
Organiser une sortie pédagogique avec des élèves, c'est un peu compliqué, cela prend du temps, mais surtout, c'est une grosse responsabilité. Pour en mettre une en place, il faut en avoir envie, il faut avoir confiance en ses élèves, et y mettre de soi. Et mettre de soi dans notre bô métier d'enseignant, c'est à la fois là qu'est la nécessité et là que le bât blesse toujours.
Bref, la sortie pédagogique à Paris, mise sur pied depuis plusieurs mois,a enfin lieu : visite des tours de Notre Dame, rallye pour découvrir le coeur historique de la capitale, et enfin représentations au théâtre de la Huchette. Le coeur y était, le travail en amont aussi, l'enthousiasme anticipé pour les organisateurs. Et un élève est absent au premier rendez-vous parce qu'il s'est fait emmener par les flics : surpris avec deux autres en train de fumer du shit, ils sont fouillés et lui en avait dans sa chaussure.
Par là-dessus, j'apprends qu'un élève a profité du quartier libre pour aller voir un copain parisien, et quand je reprends les questionnaires du rallye, ils ont manifestement été... négligés.
J'avais oublié que l'ado est con. Que l'ado est irresponsable. Que l'ado se fout de la culture. Que l'ado est digne d'une confiance très limitée. Que ce à quoi on voudrait l'ouvrir est à des années-lumière de son univers.
Me voilà dans un état de grande fragilité : je me rends compte une fois de plus que pour être prof il faut une carapace et que lorsqu'elle se fissure, il y a péril en la demeure. Il faut être prof pour savoir ce que ce boulot veut dire sur le plan humain ; et tous les débats sur les salaires, sur le temps de travail, sur les suppressions de postes, les réformes de programmes, etc. ne savent pas mettre de mot sur cette dimension qui est au coeur de ce boulot.
Organiser une sortie pédagogique avec des élèves, c'est un peu compliqué, cela prend du temps, mais surtout, c'est une grosse responsabilité. Pour en mettre une en place, il faut en avoir envie, il faut avoir confiance en ses élèves, et y mettre de soi. Et mettre de soi dans notre bô métier d'enseignant, c'est à la fois là qu'est la nécessité et là que le bât blesse toujours.
Bref, la sortie pédagogique à Paris, mise sur pied depuis plusieurs mois,a enfin lieu : visite des tours de Notre Dame, rallye pour découvrir le coeur historique de la capitale, et enfin représentations au théâtre de la Huchette. Le coeur y était, le travail en amont aussi, l'enthousiasme anticipé pour les organisateurs. Et un élève est absent au premier rendez-vous parce qu'il s'est fait emmener par les flics : surpris avec deux autres en train de fumer du shit, ils sont fouillés et lui en avait dans sa chaussure.
Par là-dessus, j'apprends qu'un élève a profité du quartier libre pour aller voir un copain parisien, et quand je reprends les questionnaires du rallye, ils ont manifestement été... négligés.
J'avais oublié que l'ado est con. Que l'ado est irresponsable. Que l'ado se fout de la culture. Que l'ado est digne d'une confiance très limitée. Que ce à quoi on voudrait l'ouvrir est à des années-lumière de son univers.
Me voilà dans un état de grande fragilité : je me rends compte une fois de plus que pour être prof il faut une carapace et que lorsqu'elle se fissure, il y a péril en la demeure. Il faut être prof pour savoir ce que ce boulot veut dire sur le plan humain ; et tous les débats sur les salaires, sur le temps de travail, sur les suppressions de postes, les réformes de programmes, etc. ne savent pas mettre de mot sur cette dimension qui est au coeur de ce boulot.
11 mai 2008
Lecture : Un léopard sur le garrot, de Jean-Christophe Rufin
L'autobiographie de l'auteur de Rouge Brésil raconte le parcours d'une vocation, celle de la médecine, liée plus tard à celle de la littérature. Les deux domaines, que l'on pourrait penser très éloignés l'un de l'autre, trouvent ici des parallèles. Le début et la fin du récit sont particulièrement puissants : le début raconte l'enfance de l'auteur, ses liens avec son grand-père et ses premiers rapports déterminants à la médecine, loin de tout cliché ; de très beaux paragraphes sur la littérature concluent le récit. J'ai moins aimé le parcours politique, et les moments où le narrateur perd de son humilité et de son humour.
Le livre vaut surtout par son évocation originale de la médecine, et pour les liens inattendus que l'auteur y a trouvés avec son art d'écrire.
Lecture : Into the wild, de Jon Krakauer
25 avril 2008
Vroum vroum !!
Waouh ! Me voilà motarde ! Eh ouais, je me suis acheté une petite 125, et j'ai réalisé un rêve vieux de 15 ans au bas mot...
Bon, je ne fais pas encore la fière, hein. N'ayant jamais conduit ce type d'engin, je suis très prudente, et comme je manque singulièrement de confiance et que tout le monde me prédit l'accident, je ne suis pas à l'aise, mais contente néanmoins ! Vivement que je me fasse franchement plaisir !
La sensation de fragilité est très étrange : on sent bien qu'il s'en faut d'un cheveu pour partir dans le décor. On se sent lâché dans le vide. Et pour l'heure, parce que je n'ai pas encore la sensation de connaître et de maîtriser ma machine, je flippe pas
mal. Mais le bonheur n'est pas loin !
Bon, je ne fais pas encore la fière, hein. N'ayant jamais conduit ce type d'engin, je suis très prudente, et comme je manque singulièrement de confiance et que tout le monde me prédit l'accident, je ne suis pas à l'aise, mais contente néanmoins ! Vivement que je me fasse franchement plaisir !
La sensation de fragilité est très étrange : on sent bien qu'il s'en faut d'un cheveu pour partir dans le décor. On se sent lâché dans le vide. Et pour l'heure, parce que je n'ai pas encore la sensation de connaître et de maîtriser ma machine, je flippe pas
mal. Mais le bonheur n'est pas loin !13 avril 2008
Lecture : Prédateurs, de Maxime Chattam
Dire que je n'ai pas aimé serait injuste, comme d'affirmer que je me suis ennuyée, mais je reste fortement désappointée. J'ai le sentiment que les ingrédients qui faisaient l'originalité des thrillers précédents ont été ici très mal dosés, et que du coup, le charme a disparu. Le raffinement dans l'horreur me paraît ici très excessif et peu crédible ; la personnalité ambiguë des personnages est prévisible, voire factice. Si j'étais méchante et en faisant dans la facilité, je dirais que cette fois cet auteur français fait vraiment de l'américain !
11 avril 2008
Pour le meilleur et pour le pire
Aujourd'hui c'est officiellement le 38ème anniversaire de mariage de mes parents. Et le dernier puisqu'ils sont, comme on dit, en instance de divorce. Rien que de très banal là-dedans, mais je m'interroge tout de même sur les raisons qui font qu'une très belle histoire d'amour peut évoluer vers le plus sordide cauchemar.
Comme dans un conte de fées, à ce que j'ai toujours entendu dire de plusieurs bouches, leur histoire avait des allures de roman, voire de conte de fées : la rencontre à 20 ans, l'obstacle du désaccord des parents de l'un, la traversée de l'Atlantique pour se marier envers et contre tous à New-York... Et trente-huit ans plus tard, cette belle histoire en est à son dernier acte, à grands coups de violence, de mensonges, de haine, d'humiliations, de règlements de comptes. Se sont-ils trompés en croyant s'aimer ? Probablement pas. Mais alors, comment cela peut-il aboutir à un tel résultat ? L'explication qui me paraît la plus plausible, c'est qu'ils n'ont pas été honnêtes chacun envers eux-mêmes : ils se sont trouvés et correspondus, en se mentant à eux-mêmes sur leur vécu, leurs casseroles. Ce sont ces dernières qui les ont rapprochés, et qui les fait s'affronter aujourd'hui. Ce n'est même pas paradoxal. Ce que l'on n'a pas réglé avec soi-même nous revient toujours un jour ou l'autre dans la gueule, j'en suis persuadée. Le manque de lucidité sur soi-même est ce que l'on fait de pire.
Comme dans un conte de fées, à ce que j'ai toujours entendu dire de plusieurs bouches, leur histoire avait des allures de roman, voire de conte de fées : la rencontre à 20 ans, l'obstacle du désaccord des parents de l'un, la traversée de l'Atlantique pour se marier envers et contre tous à New-York... Et trente-huit ans plus tard, cette belle histoire en est à son dernier acte, à grands coups de violence, de mensonges, de haine, d'humiliations, de règlements de comptes. Se sont-ils trompés en croyant s'aimer ? Probablement pas. Mais alors, comment cela peut-il aboutir à un tel résultat ? L'explication qui me paraît la plus plausible, c'est qu'ils n'ont pas été honnêtes chacun envers eux-mêmes : ils se sont trouvés et correspondus, en se mentant à eux-mêmes sur leur vécu, leurs casseroles. Ce sont ces dernières qui les ont rapprochés, et qui les fait s'affronter aujourd'hui. Ce n'est même pas paradoxal. Ce que l'on n'a pas réglé avec soi-même nous revient toujours un jour ou l'autre dans la gueule, j'en suis persuadée. Le manque de lucidité sur soi-même est ce que l'on fait de pire.
05 avril 2008
De la difficulté à se trémousser
Hier soir, pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai assisté à un concert où tout le monde était debout, où tout appelait à danser, à chanter, à s'amuser quoi (il s'agissait de Pigalle). Mais je suis incapable de me laisser aller à me trémousser. Whyyyy ? Autant je n'éprouve pas énormément de difficultés à danser en boîte, mais en concert, toute forme de manifestation physique en réaction à la musique coince. Alors que je trouve ridicule de rester raide comme un piquet quand on apprécie un groupe qui lui n'est pas économe de mouvements ! Je me sens totalement gauche et ridicule de ne rien manifester, et parfaitement ridicule et gauche si j'esquisse une agitation du bassin... A me dégoûter de tout concert en dehors du classique ! Enfin quand même pas, mais pas loin. Ce soir, je vais voir Juliette. On sera assis, et je vais chanter et rire. Danser, ouf, ce ne sera pas d'actualité.
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