J'ai lu ici ou là qu'on percevait de l'humour noir dans ce récit. Au contraire, j'y ai trouvé une profonde tristesse. On ne tombe ni dans le sanguinaire ni dans la compréhension, justement ce qui fait à mon avis la force de ce roman c'est son mélange de banalité et d'horreur. Ce meurtrier est d'abord une victime, sans que l'on soit pour autant amené à considérer ses crimes comme quelque chose de juste. Il s'agit d'un roman émouvant et troublant sur le fonctionnement de la société ; un cri d'alarme sur ses rouages insidieux.
10 septembre 2007
Le Couperet, de Donald Westlake
J'ai lu ici ou là qu'on percevait de l'humour noir dans ce récit. Au contraire, j'y ai trouvé une profonde tristesse. On ne tombe ni dans le sanguinaire ni dans la compréhension, justement ce qui fait à mon avis la force de ce roman c'est son mélange de banalité et d'horreur. Ce meurtrier est d'abord une victime, sans que l'on soit pour autant amené à considérer ses crimes comme quelque chose de juste. Il s'agit d'un roman émouvant et troublant sur le fonctionnement de la société ; un cri d'alarme sur ses rouages insidieux.
01 septembre 2007
Lecture : Une Soif d'amour, de Yukio Mishima
J'étais attirée par le biais de Marguerite Yourcenar, dont j'ai appris la le grand intérêt pour cet auteur ; et par la curiosité pour un pays et une culture qui m'intriguent de plus en plus. Déception. Je ne me suis pas sentie immergée dans un véritable exotisme, malgré l'histoire qui se veut exemplaire, selon les critiques, de la société japonaise. Histoire d'amour froide entre une veuve et un jeune domestique, dont je n'ai pas perçu l'originalité ni la profondeur. Il faut dire que tout le récit était en fait raconté par la quatrième de couverture et qu'il semblerait que le texte que j'ai lu ait été traduit de l'anglais lui-même traduit du japonais (NRF Gallimard). Ceci explique peut-être cela.
25 août 2007
Lecture : La Moustache, d'Emmanuel Carrère
Le bilan de lecture est mitigé : le lecteur est maintenu sur le fil du rasoir (sans mauvais jeu de mots) tout au long de l'histoire et pour ça, bravo. Mais l'écriture me paraît très en-deçà de ce que cela aurait mérité. Surtout parce qu'elle est plate, sans originalité. Le personnage de la femme du personnage principal m'a semblé également mal cerné.
Bref, l'idée de départ me paraît toujours aussi géniale, et la conduite du récit bien menée, mais je reste quand même sur ma faim. Le film, peut-être ?...
20 août 2007
Vacances dans la 4ème dimension
L'île de Ré, mon lieu de vacances privilégié, celui où je viens depuis toujours, dans lequel s'inscrit l'histoire de ma famille, donc la mienne, a un impact très étrange sur moi. En 33 ans d'existence, il s'est rarement passé plus de 6 mois sans que j'y mette les pieds. C'est là que j'ai fait toutes (ou presque) mes expériences d'adolescente et de jeune femme. Les gens que j'y fréquente sont les plus vieilles connaissances gardées. J'y ai vécu mille histoires, des plus douloureuses aux plus délirantes.Bref, aujourd'hui (mais cela n'est pas vraiment nouveau), c'est à mes yeux un lieu peuplé essentiellement par le passé.
Dans les lieux que je côtoie depuis mon enfance, je vois ce qu'il y avait il y a des années ; dans les gens, je vois ce qu'ils étaient avant ; je pense à ceux qui sont morts, à ceux qui ne viennent plus, à ceux qui ont changé. Il ne s'agit pas de nostalgie, même si certaines personnes en particulier me manquent ; il s'agit surtout d'un sentiment de décalage et d'étrangeté. J'ai l'impression d'être la seule à n'avoir pas évolué, d'être ici et dans un autre monde en même temps. Surtout dans un autre monde. Je ne sais pas à quoi cela est dû puisque je n'ai jamais cessé de venir et que je n'ai pas que des regrets d'une atmosphère ancienne, loin de là. Pourtant, au fond, je suis de moins en moins à ma place ici.
06 août 2007
Lectures estivales en vrac
Dans ces grandes et longues vacances, la lecture est mon passe-temps quotidien. Histoire de n'avoir pas le sentiment d'avoir complètement perdu mon temps, j'en fais le bref répertoire :
- A. Nothomb, Les Catilinaires : court, distrayant, pas impérissable.
- D. Simmons, Les Fils de ténèbres (relecture) : toujours aussi génialissime.
- J. Irving, Un Enfant de la balle : pas pu dépasser les 100 p., grosse déception.
- P. Besson, Un instant d'abandon : l'histoire d'un retour dans un village perdu d'Angleterre, après un séjour en prison, pour l'homicide d'un enfant. Pas mon préféré.
- F. Vargas, Sans feu ni lieu : un polar sans Adamsberg, donc il y manque quelque chose mais bien quand même.
- P. Besson, Se résoudre aux adieux : le dernier, une histoire après une rupture. Décevant.
- T. Capote, La Traversée de l'été : une triste histoire d'amour newyorkaise entre une jeune bourgeoise et un jeune homme pauvre.
- Anne Perry, La Marque de Caïn : un polar dans l'Angleterre victorienne. Pas inintéressant.
- P. Besson, En l'absence des hommes (relecture) : toujours aussi magnifique, voire encore davantage.
- Arnaldur Indridason, La Femme en vert et La Voix : de l'excellent polar islandais (sans valoir Mankell cependant).
- T.C. Boyle, Water music (en cours) : épopée très touffue d'un explorateur écossais au XVIIe s. à la poursuite du Niger. Je ne me laisse que moyennement emporter.
Rien de bien marquant jusque-là. Ce sont les polars islandais dont je garderai sûrement le meilleur souvenir.
- A. Nothomb, Les Catilinaires : court, distrayant, pas impérissable.
- D. Simmons, Les Fils de ténèbres (relecture) : toujours aussi génialissime.
- J. Irving, Un Enfant de la balle : pas pu dépasser les 100 p., grosse déception.
- P. Besson, Un instant d'abandon : l'histoire d'un retour dans un village perdu d'Angleterre, après un séjour en prison, pour l'homicide d'un enfant. Pas mon préféré.
- F. Vargas, Sans feu ni lieu : un polar sans Adamsberg, donc il y manque quelque chose mais bien quand même.
- P. Besson, Se résoudre aux adieux : le dernier, une histoire après une rupture. Décevant.
- T. Capote, La Traversée de l'été : une triste histoire d'amour newyorkaise entre une jeune bourgeoise et un jeune homme pauvre.
- Anne Perry, La Marque de Caïn : un polar dans l'Angleterre victorienne. Pas inintéressant.
- P. Besson, En l'absence des hommes (relecture) : toujours aussi magnifique, voire encore davantage.
- Arnaldur Indridason, La Femme en vert et La Voix : de l'excellent polar islandais (sans valoir Mankell cependant).
- T.C. Boyle, Water music (en cours) : épopée très touffue d'un explorateur écossais au XVIIe s. à la poursuite du Niger. Je ne me laisse que moyennement emporter.
Rien de bien marquant jusque-là. Ce sont les polars islandais dont je garderai sûrement le meilleur souvenir.
05 août 2007
De la légèreté
A la suite d'une discussion avec une amie où nous échangions des expériences de relations humaines, j'ai réalisé combien je lui enviais sa légèreté, si loin de moi.
Légèreté ne signifie pas superficialité. La légèreté, c'est la faculté à s'accorder des désirs et des plaisirs instantanés, à s'accorder le droit de changer d'avis, d'envie. Il n'y a pas nécessairement d'inconscience à être léger : beaucoup de choses méritent d'être vécues sans être pensées, soupesées, envisagées en terme de causes et de conséquences, d'importance et de d'intérêt. Etre léger, c'est être capable de profiter des choses légères. Malheureusement, pour d'autres, tout plaisir et tout désir est grave. Peut-être qu'ils sont alors ressentis de façons plus aiguë, plus intense, peut-être... On aspire tous peu ou prou aux mêmes choses ; mais cette différence fondamentale à vivre, est-ce une question de caractère, de vécu ? En tout cas, ce n'est pas un choix conscient. On a si peu d'empire sur soi-même.
Légèreté ne signifie pas superficialité. La légèreté, c'est la faculté à s'accorder des désirs et des plaisirs instantanés, à s'accorder le droit de changer d'avis, d'envie. Il n'y a pas nécessairement d'inconscience à être léger : beaucoup de choses méritent d'être vécues sans être pensées, soupesées, envisagées en terme de causes et de conséquences, d'importance et de d'intérêt. Etre léger, c'est être capable de profiter des choses légères. Malheureusement, pour d'autres, tout plaisir et tout désir est grave. Peut-être qu'ils sont alors ressentis de façons plus aiguë, plus intense, peut-être... On aspire tous peu ou prou aux mêmes choses ; mais cette différence fondamentale à vivre, est-ce une question de caractère, de vécu ? En tout cas, ce n'est pas un choix conscient. On a si peu d'empire sur soi-même.
02 août 2007
Des présences et des absences
La solitude, ce n'est pas vivre seul, ne pas parler avec un autre être humain, bref, ce n'est pas une question de présence ou d'absence physique. Il y a des personnes qui peuplent l'univers de quelqu'un sans même être là, parce que leur présence palpite à l'intérieur.
A des degrés divers, les personnes qui nous sont vraiment chères vivent en nous en permanence. Mon grand-père, mort il y a bientôt onze ans, continue à être vivant parce que son visage m'est toujours aussi familier ; je sens toujours son existence, elle fait partie de moi. Dans un autre genre, mes amis les plus proches sont une partie constituante de ma personnalité et de chaque instant, même s'ils ne sont pas directement impliqués. Voilà pourquoi je crois assez facilement en un sixième sens qui fait que l'on perçoit les bouleversements qui concernent cet autre, même s'il est à distance.
Mais ce type de présence a besoin d'une réalité aussi, c'est-à-dire d'une présence réelle, à fréquence plus ou moins régulière, pour que la présence permanente soit vivante. Mon grand-père n'est pas mort en moi, mais notre relation l'est ; avec les vivants, il faut raviver la relation par le contact, sinon cette présence intime se fige même si le souvenir reste. Un lien véritable entre deux individus vit entre deux rencontres, entre deux conversations.
A des degrés divers, les personnes qui nous sont vraiment chères vivent en nous en permanence. Mon grand-père, mort il y a bientôt onze ans, continue à être vivant parce que son visage m'est toujours aussi familier ; je sens toujours son existence, elle fait partie de moi. Dans un autre genre, mes amis les plus proches sont une partie constituante de ma personnalité et de chaque instant, même s'ils ne sont pas directement impliqués. Voilà pourquoi je crois assez facilement en un sixième sens qui fait que l'on perçoit les bouleversements qui concernent cet autre, même s'il est à distance.
Mais ce type de présence a besoin d'une réalité aussi, c'est-à-dire d'une présence réelle, à fréquence plus ou moins régulière, pour que la présence permanente soit vivante. Mon grand-père n'est pas mort en moi, mais notre relation l'est ; avec les vivants, il faut raviver la relation par le contact, sinon cette présence intime se fige même si le souvenir reste. Un lien véritable entre deux individus vit entre deux rencontres, entre deux conversations.
21 juillet 2007
Youpi : les p'tits vieux
Pour meubler mes vacances en cette fin de mois de juillet grise et humide, je me suis lancée dans une nouvelle série de reportages, qui, si le sujet ne me passionnait pas beaucoup, a eu au moins le mérite de me faire croiser quelques personnages hauts en couleurs. Deux petits vieux issus de villages perdus de la brousse cauchoise.
Le premier m'a embarquée chez lui aussitôt que je me suis adressée à lui, affirmant que s'il n'avait pas ce que je cherchais (à savoir un puits), il me promettait de me montrer des choses que je n'avais jamais vues. L'idée que ses intentions soient malhonnêtes m'a vaguement effleurée mais la curiosité et la confiance ont pris rapidement le dessus ; et ce sont des voix que j'ai eu raison d'écouter. Cet ancien peintre en bâtiment, âgé de soixante-dix environ, m'a fait visiter le petit chalet montagnard qu'il a construit de ses mains dans son jardin, uniquement avec des matérieux de récupération. Il m'a ensuite fièrement montré les dizaines et les dizaines de tableaux qu'ils a peints, et autres sculptures, qui envahissent les murs de toute sa maison. Il m'a longuement parlé de sa correspondance avec les maires des communes pour lesquels il fait des dessins, de ceux qui ne lui ont pas répondu et de ceux qui l'ont fait, comme le maire de Paris. Il m'a aussi entraîné dans sa cave pour me faire la démonstration du village de montagne qu'il a créé en maquette, avec lumières, torrent, et l'éclairage imitant l'averse de neige. C'était incroyable et magnifique.
Le même jour, toujours à la recherche de puits, j'ai débarqué chez un couple d'agriculteurs retraités : je suis littéralement tombée sous le charme de l'humour, du regard pétillant de gamin du monsieur de près de 75 ans, pour qui tout était sujet à plaisanterie. Son potager et sa maison étaient un pur régal pour les yeux et sa femme s'est également montrée pleine de sollicitude.
Et on dira que les Normands ne sont pas aimables !
Le premier m'a embarquée chez lui aussitôt que je me suis adressée à lui, affirmant que s'il n'avait pas ce que je cherchais (à savoir un puits), il me promettait de me montrer des choses que je n'avais jamais vues. L'idée que ses intentions soient malhonnêtes m'a vaguement effleurée mais la curiosité et la confiance ont pris rapidement le dessus ; et ce sont des voix que j'ai eu raison d'écouter. Cet ancien peintre en bâtiment, âgé de soixante-dix environ, m'a fait visiter le petit chalet montagnard qu'il a construit de ses mains dans son jardin, uniquement avec des matérieux de récupération. Il m'a ensuite fièrement montré les dizaines et les dizaines de tableaux qu'ils a peints, et autres sculptures, qui envahissent les murs de toute sa maison. Il m'a longuement parlé de sa correspondance avec les maires des communes pour lesquels il fait des dessins, de ceux qui ne lui ont pas répondu et de ceux qui l'ont fait, comme le maire de Paris. Il m'a aussi entraîné dans sa cave pour me faire la démonstration du village de montagne qu'il a créé en maquette, avec lumières, torrent, et l'éclairage imitant l'averse de neige. C'était incroyable et magnifique.
Le même jour, toujours à la recherche de puits, j'ai débarqué chez un couple d'agriculteurs retraités : je suis littéralement tombée sous le charme de l'humour, du regard pétillant de gamin du monsieur de près de 75 ans, pour qui tout était sujet à plaisanterie. Son potager et sa maison étaient un pur régal pour les yeux et sa femme s'est également montrée pleine de sollicitude.
Et on dira que les Normands ne sont pas aimables !
17 juillet 2007
Si on ne naît pas con, on peut le devenir
Nous ne venons pas tous au monde avec le même capital de facultés intellectuelles, c'est une évidence. Mais il ne s'agit pas là d'une donnée immuable, loin de là. Si l'éducation, les rencontres, les événements de toutes sortes peuvent nous permettre de les développer, à l'inverse, il suffit de peu de chose pour les atrophier. Se persuader qu'on est idiot permet une accélération de ce dernier processus, mais aussi l'égoïsme, lequel conduit au manque de lucidité et d'ouverture d'esprit.
Une personne qui ne se démarque probablement pas par un QI exceptionnel, mais moyen, peut faire preuve d'un grand bon sens, d'une grande intelligence humaine grâce à sa générosité, sa curiosité et son dynamisme. A contrario, une personne pourvue de capacités intellectuelles importantes, peut devenir bornée, incapable de gérer des situations, d'avoir un regard pertinent sur les choses.
Je crois que l'intelligence, qu'elle soit humaine ou mathématique, s'entretient exactement au même titre qu'un muscle.
Une personne qui ne se démarque probablement pas par un QI exceptionnel, mais moyen, peut faire preuve d'un grand bon sens, d'une grande intelligence humaine grâce à sa générosité, sa curiosité et son dynamisme. A contrario, une personne pourvue de capacités intellectuelles importantes, peut devenir bornée, incapable de gérer des situations, d'avoir un regard pertinent sur les choses.
Je crois que l'intelligence, qu'elle soit humaine ou mathématique, s'entretient exactement au même titre qu'un muscle.
09 juillet 2007
De la sécurité
Un ami m'avait dit que les femmes cherchaient avant tout chez un homme la sécurité. J'avais une vingtaine d'années et ce propos m'avait paru scandaleusement rétrograde et machiste. Aujourd'hui, non seulement je sais combien c'est vrai, mais aussi combien les hommes la cherchent aussi, et combien ce sentiment est rare et fondamental.
Se sentir en sécurité, c'est se sentir en confiance, et en liberté. Ce n'est nullement se barricader et se protéger ; c'est justement ne plus avoir besoin de le faire.
04 juillet 2007
Lecture : La Combat ordinaire, de Manu Larcenet (trilogie, BD)
Le Combat ordinaire raconte l'histoire d'un jeune photographe, solitaire et angoissé. Je résume très mal un récit qui est à la fois d'une parfaite banalité, comme le souligne le titre, et parfaitement émouvant. Ce sont des petites touches picturales et verbales, qui font tour à tour rire et monter les larmes aux yeux, toujours dans la subtilité, la simplicité, la justesse. Je n'arriverai pas à en faire un éloge qui soit à la hauteur de l'oeuvre ; je ne peux que dire combien cette trilogie m'a touchée pour chaque sujet abordé, qu'il soit grave ou léger.
03 juillet 2007
Le coup du râteau
Le coup du lapin, on ne s'en remet pas. Le coup de râteau en revanche est de ceux-ci que l'on l'on peut se prendre moult fois dans la gueule, sans y laisser sa peau. De là à dire que l'on se remet, pas forcément.
L'image du râteau n'est pas sans une ironie cruelle : le mouvement de ratissage fait partie des plus fastidieux et durs du jardinage, tandis que marcher dessus évoque un gag éculé qui ne fait plus rire grand monde. Se précipiter dans les bras de quelqu'un qui en fait ne veut pas de vous ; avouer ses sentiments tendres à quelqu'un qui vous révèle alors qu'il vous méprise ; soupirer après quelqu'un qui ne veut pas de vous, bref, ça fait mal. Et ça ne fait même pas rire.
L'adolescent échappe peu à ce grand moment de douleur que les plus cons diront formateur. L'adulte y succombe avec encore plus de solitude et de honte. J'ai des souvenirs de râteau d'adolescente, de tentatives d'embrassades refusées, de moqueries sur mes prétentions à appartenir à la même race que les autres filles. "Grands", certes, on ne ressent plus les choses tout à fait de la même manière. La maturité est là mais la douleur est toujours violente : aimer quelqu'un qui ne veut pas de vous, quelle qu'en soit la raison, ça fait mal. On préfèrerait un bon manche de râteau.
L'image du râteau n'est pas sans une ironie cruelle : le mouvement de ratissage fait partie des plus fastidieux et durs du jardinage, tandis que marcher dessus évoque un gag éculé qui ne fait plus rire grand monde. Se précipiter dans les bras de quelqu'un qui en fait ne veut pas de vous ; avouer ses sentiments tendres à quelqu'un qui vous révèle alors qu'il vous méprise ; soupirer après quelqu'un qui ne veut pas de vous, bref, ça fait mal. Et ça ne fait même pas rire.
L'adolescent échappe peu à ce grand moment de douleur que les plus cons diront formateur. L'adulte y succombe avec encore plus de solitude et de honte. J'ai des souvenirs de râteau d'adolescente, de tentatives d'embrassades refusées, de moqueries sur mes prétentions à appartenir à la même race que les autres filles. "Grands", certes, on ne ressent plus les choses tout à fait de la même manière. La maturité est là mais la douleur est toujours violente : aimer quelqu'un qui ne veut pas de vous, quelle qu'en soit la raison, ça fait mal. On préfèrerait un bon manche de râteau.
02 juillet 2007
Oxymore
Il y a des fatigues reposantes. Ô bienfaisant abattement ! Ô rafraîchissante lassitude ! On ne dit point assez la jouissance amorphe de cet engourdissement lugubre du corps et de l'esprit, la faveur anesthésiante de cette caresse pesante. Ô anéantissement salvateur ! Ô langueur oublieuse ! L'épuisement sied bien aux errements absurdes, aux velléités creuses, aux désirs dispendieux.
Une nouvelle de Colette dont je n'ai qu'un lointain souvenir disait que la maladie était les vacances des pauvres, et vantait, crois-je, la douceur de l'infection abrutissante, la clémence suave de la fièvre. Une "affection" ne désigne-t-il pas à la fois un mal et un bien ?
Une nouvelle de Colette dont je n'ai qu'un lointain souvenir disait que la maladie était les vacances des pauvres, et vantait, crois-je, la douceur de l'infection abrutissante, la clémence suave de la fièvre. Une "affection" ne désigne-t-il pas à la fois un mal et un bien ?
24 juin 2007
Lecture : Son frère, de Philippe Besson
Je me suis demandé si c'était autobiographique, et il semblerait que non. Ce récit d'une extrême douleur, physique et morale, est mené sans pathos. Ce qui émeut le plus, c'est sans doute l'intime proximité des deux frères, totale, essentielle, impudique. Ce n'est sans doute pas mon préféré, mais c'est un très beau livre.
20 juin 2007
Lecture : L'Enfant d'octobre, de Philippe Besson.
Encore un Besson, et à ce jour celui qui m'a sans doute le plus bouleversée. Publié l'année dernière, il relate les péripéties de "l'affaire Villemin". Ce fait divers qui a défrayé la chronique, comme on dit, n'a échappé à la conscience de personne ; il ne m'a jamais intéressée mais j'en avais comme tout le monde largement entendu parler. Dans cet ouvrage, j'ai reconstitué l'histoire dont je ne connaissais que des bribes et le parti pris en faveur de Christine Villemin, la mère de l'enfant qu'on a fini par accuser, m'a considérablement émue. J'ai lu ici et là des critiques assez virulentes contre Besson ainsi que des rumeurs de plainte de la famille contre lui. Je ne vais pas mettre mon infime grain de poussière dans un débat sur la question de savoir s'il a eu raison ou tort d'écrire ce livre, de se servir de cette histoire mille fois utilisée, s'il a travesti la réalité ou non. Curieusement, même s'il fait parler régulièrement la mère, et qu'on a le sentiment d'entrer dans l'intimité de ce drame, et que donc le récit est ouvertement subjectif, on éprouve pourtant une forte impression de sobriété et d'authenticité.
14 juin 2007
Expérience
Pendant 6 jours, deux marmots de 5 et 4 ans à la maison... Une première dans mon existence de célibataire ! Et une expérience intense. Faut dire que comme j'avais une trouille bleue qu'ils ne s'ennuient, j'avais prévu une multitude d'activités : parcs d'attraction, accrobranches, pique-nique, mer, promenades, etc. Ereintant pour tout le monde ! Mais bien agréable. Les 2 microbes ont été plutôt adorables, se sont bien entendu, ont été gais, obéissants et drôles. Ils ne voulaient même pas rentrer chez leurs parents ! Non, cela n'a nullement éveillé chez moi un désir de maternité ; je n'ai fait que comprendre encore davantage combien il est précieux et enrichissant d'être tante ! Dans l'immense amour que j'éprouve pour mon neveu, je sens bien que je touche du doigt ce que c'est que d'aimer son propre enfant, mais cela ne me donne pas envie pour autant d'en avoir un. C'était super, ces quelques jours !
07 juin 2007
Beurk : Fin d'année
Ambiance de fin d'année scolaire : plus vraiment de cours mais pas encore en vacances, on commence à se quitter entre collègues mais entre surveillances et réunions, on va sûrement se recroiser encore, on sent que qulque chose est en train de se terminer mais pas encore tout à fait. Beurk. On avait envie d'être en vacances, pourtant, mais maintenant qu'on est devant, cela ressemble surtout à un grand vide. D'aucuns hurleraient à ces geignardises de prof qui a trop de congés ! Mais ce n'est pas ça !
Et puis ce temps désespérément gris qui nous empêche de croire à l'été, re-beurk.
Stoppons-là les plaintes tout de même. La bouteille est plus qu'à moitié pleine !
Et puis ce temps désespérément gris qui nous empêche de croire à l'été, re-beurk.
Stoppons-là les plaintes tout de même. La bouteille est plus qu'à moitié pleine !
30 mai 2007
Flash-backs
C'est étrange les coïncidences, parfois... En deux semaines, j'ai retrouvé les principaux lieux de mon passage de l'adolescence à l'âge adulte : à l'occasion d'une formation, me voilà revenue une douzaine d'années en arrière, dans le quartier de mon lycée. Période trouble, pas vraiment heureuse. Deuxième partie de la formation : la fac. J'ai même croisé un de mes anciens profs, qui me reconnaît, à ma grande surprise. Période plus heureuse, pleine de découvertes. Et hier, invitation familiale et je me retrouve là où j'ai passé mon année de stage en tant que prof, dans le Calvados. Beaucoup d'émotions. Aussitôt après, dès que j'ai eu mon premier vrai poste, ce fut dans ma vie un tournant, le passage à l'indépendance et à la maturité.
C'est assez indéfinissable, ces impressions qui vous envahissent quand vous revenez dans des lieux tellement habités et tellement lointains, familiers et étrangers. Cela ne se passe pas qu'au niveau de la conscience : on est touché, remué, malgré soi, au-delà des souvenirs qui affleurent. Assez dérangeant, en fait.
C'est assez indéfinissable, ces impressions qui vous envahissent quand vous revenez dans des lieux tellement habités et tellement lointains, familiers et étrangers. Cela ne se passe pas qu'au niveau de la conscience : on est touché, remué, malgré soi, au-delà des souvenirs qui affleurent. Assez dérangeant, en fait.
28 mai 2007
Lecture : La Ligne noire, de Jean-Christophe Grangé
L'histoire raconte l'obsession d'un journaliste pour un tueur réfugié en Malaisie et comment il parvient à l'approcher et à comprendre son rituel et sa folie. Je ne serais pas honnête si je niais que j'aie été captivée jusqu'à la dernière ligne. Il n'en reste pas moins que, à peu près aux deux tiers du récit, celui-ci commence à verser dans l'improbable, l'excessif, presque le fantastique. On bascule progressivement dans un autre type de polar, dans le genre "Seven", qui n'est pas sans suspense, loin de là. Mais c'est moins bien.
26 mai 2007
Lecture : Geisha, d'Arthur Golden
L'intérêt de ce roman n'est pas dans l'histoire : le parcours à la Cosette de l'héroïne, la méchanceté caricaturale de nombreux personnages, les sentiments éthérés d'autres ... Bref, rien de bien original dans la narration. Mais nul doute que l'auteur s'est renseigné sur la vie des geishas dans la première moitié du siècle et de ce point de vue, on apprend beaucoup de choses sur les moeurs et coutumes japonaises et sur la transformation du Japon dans ces années-là.
20 mai 2007
Lecture : Un Garçon d'Italie, de Philippe Besson
On se prend vite à cette voix fantastique venue d'outre-tombe, qui voit, entend, pense. On suit l'histoire remémorée ce cet homme qui s'est lié à deux personnes très différentes, on s'attache aux âmes des protagonistes, et on attend patiemment la résolution de l'énigme de sa mort.
Mais ce qui est le plus plaisant dans ce livre, c'est la douceur de l'écriture. Il me semble que c'est le mot qui convient le mieux à la prose subtile, lente et vive, qui s'attache à décrire précisément les sentiments des personnages. Même pour évoquer les douleurs les plus violentes, les mots et les phrases sont à la fois justes et doux. Il y a peu de dialogues et peu d'actions, mais grâce à cette qualité d'écriture, on ne s'ennuie pas une seconde.
17 mai 2007
Lecture : C'était la guerre des tranchées, de Tardi
J'ai étudié avec les élèves quelques (magnifiques) lettres d'Apollinaire adressées à Lou, qui donnent une idée du désespoir et de l'angoisse de la mort que le soldat pouvait ressentir. Dans la bande-dessinée de Tardi, qui dit avoir écrit en hommage à son grand-père Poilu, on perçoit, au travers de multiples histoires d'anonymes, le cauchemar de ces quatre années, la folie abjecte de ces affrontements, la souillure profonde des corps et des âmes... On touche à l'indicible.
Virage et accélération
Depuis quelques semaines, ma vie s'est modifiée : au calme, à la routine, voire à l'ennui suscité aussi par le ressassement d'un hiver bouleversant et douloureux, succède une période d'activité diverse et intense. Eh ouais, j'ai un deuxième boulot : presque journaliste, domaine spectacles, annonces et reportages pour le canard local. Alors je me documente dans des domaines où je ne connais quasiment rien, vais à des spectacles, rencontre des gens, fais des photos. Et c'est super. J'ai également repris un travail psychologique nécessaire. Je n'ai plus beaucoup de temps pour lire, pour penser mais, même si je n'ai pas encore pris vraiment la mesure de ce nouveau rythme, je crois que j'ai de la chance.
11 mai 2007
Est-ce que j'aime mon métier ?
Instruire, éduquer, élever, faire apprendre, comprendre, choisir ; être une autorité, un modèle, un repère, un juge, un soutien... Que de taches à accomplir en si peu de temps et à tant d'élèves différents à la fois, avec juste notre savoir, notre envie, notre personnalité, notre humeur ! Tous les profs sont des gens complexés et humbles au fond, et la limite avec la dépression est de ce fait très fragile. On a tous la peur au ventre avant d'entrer en cours, à des degrés divers selon l'année, avec une conscience plus ou moins aiguë selon les circonstances, représentant évidemment un handicap dans des cas particuliers, mais elle ne nous quitte jamais, car on ne sait jamais tout à fait ce qui nous attend. Et la préparation des cours, la connaissances des élèves, les années d'expérience, ne la font jamais disparaître totalement.
Mais pour peu que l'on sache gérer cette distance entre s'investir et se préserver, la clef de voûte du bon enseignant, il y a beaucoup de satisfactions. Pour ma part, j'ai la chance de travailler avec des collègues dans un climat extrêmement agréable : mûs par une façon assez proche de voir les élèves, de souhaiter leur réussite, de les comprendre, le travail d'équipe est un plaisir et un moteur. Ensuite, le contact avec les élèves est la source la plus fréquente mais aussi la plus aléatoire, du bonheur dêtre enseignant. Toute la vie du prof dépend de ce lien qui se fait avec son public : bon, mauvais, ténu, tendu, chaleureux, tout est possible et rien n'est jamais pareil avec deux classes ni avec deux élèves. Tous les profs que je connais aiment, d'une manière ou d'une autre, leurs élèves, parce qu'ils souhaitent profondément leur réussite : c'est le piège et la source. On ne peut pas ne pas être touché, impliqué, investi, même si c'est dur souvent, de subir leur indifférence, leur échec, leur paresse, et je ne parle même pas de leurs problèmes personnels qui entrent en jeu bien souvent. Nous représentons l'autorité, la contrainte, l'ordre, le devoir. Se plaindre, c'est fréquemment essayer de mettre à distance ce lien humain dont on ne peut faire l'économie mais qui ne doit pas nous envahir. Nous sommes avant tout des enseignants, mais les élèves ne sont pas que des écoutants ou des exécutants !! Ce serait trop simple !
Alors oui, je crois que j'aime mon métier même si je m'en plains beaucoup. S'en plaindre, c'est peut-être le gage de notre volonté de le faire bien et de notre humilité devant l'immensité de la tache et des résultats que notre fonction obtient en réalité.
06 mai 2007
6 mai 2007
Aujourd'hui on change de président. Il fait gris et froid, comparativement aux dernières semaines estivales, entraînant morosité voire angoisse. Peu d'espoir que la France fasse le bon choix. A lire la presse, à écouter beaucoup de personnalités politiques ou journalistiques, un état rétrograde, dangeureux pour les libertés, est en marche. Méfiante envers toutes les avalanches d'informations, ou naïve, ou stupide, je ne veux pas tout à fait croire que le pays va sombrer dans un régime fachisant. Du débat entre les 2 finalistes (le vocabulaire sportif employé par tous les journalistes a quelque chose de dérisoire), je retiens un échange en particulier : Sarkozy cherchant piéger Royal en lui disant qu'elle est incapable de dire exactement ce qu'elle va faire et de donner des chiffres. Celle-ci s'en sort en lui répliquant qu'elle ne peut pas en effet, parce qu'elle ne veut pas gouverner de façon péremptoire en prétendant être la seule savoir et à décider. Depuis longtemps, c'est sans doute la raison qui n'a jamais vacillé dans mon esprit maladroit en matière politique : voter pour Royal, c'est voter pour un gouvernement, une équipe, et donc un parti. Voter pour Sarkozy, c'est voter pour une personne.
29 avril 2007
Inanité sonore
Quand on vit seul, la solitude est facilement synonyme d"inanité sonore", comme dit Mallarmé. Même si ce n'est pas toujours le cas, la solitude flirte avec le vide. Le vide fait peur parce qu'on cherche toujours à le combler, d'une manière ou d'une autre ; le vide n'est pas concevable, pas humain. Quand on manque de présent pour s'occuper, on le fait avec le passé ou avec des espoirs, avec des angoisses et des questions sur hier et sur demain. Carpe diem est une belle philosophie, qui est la négation du vide, l'apologie du présent. Mais la solitude parce qu'elle est un mouvement circulaire et non une marche en avant, est peu compatible avec l'épicurisme. Il faut être riche et humble pour conjuguer ce précepte avec la solitude.
26 avril 2007
Je hais les coqs
23 avril 2007
Lecture : Le Monde perdu, de Michaël Crichton
J'avais vu la première version cinématographique et je m'attendais à la même indigence mais non. Le roman est beaucoup plus touffu, et même riche. Certes, la psychologie des personnages est sommaire et l'histoire bâtie sur des rebondissements à l'américaine, c'est-à-dire incessants, incroyables et captivants. Mais on apprend beaucoup de choses sur les dinosaures et la réflexion sur la prétention de l'être humain à vouloir bouleverser l'ordre naturel des choses est loin d'être idiote, à mon avis. Tout cela disparaît dans le film, mais dans le livre j'ai compris ce qu'était "la théorie du chaos". Bref, deux ouvrages (surtout le premier, plus surprenant, évidemment) qui combleront les amateurs d'histoires fantastiques non dénuées d'une certaine érudition !
17 avril 2007
Lecture : Les Cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini
Les Cerfs-volants de Kaboul offrent un voyage dans l'Afghanistan contemporain : on y perçoit la culture, les moeurs et la langue (les mots afghans sont agréablement disséminés dans les dialogues), au travers de l'histoire d'un enfant de riche qui grandit auprès d'un autre garçon, à la fois son serviteur et son frère. Immersion dans un monde étranger et en même temps familier, dans une histoire d'ailleurs et de tout temps.
13 avril 2007
Vendredi 13...
Sans être superstitieuse, une tuile un vendredi 13, ça interroge... Et une fuite d'eau non réparable (équivalent à une excédent de 130 m3 d'eau) une veille de départ en vacances, c'en est une belle, non ?
Histoire de conjurer le sort, j'ai biné tout mon potager et trouvé des petits pieds de haricots que je croyais sans avenir. J'ai les mains toutes cloquées mais je ne pouvais pas en rester à cette avanie ! Il n'empêche que me voilà bien emmerdée. Et qu'on est un vendredi 13. Allez hop, au lit ; et que l'on passe au samedi 14.
Histoire de conjurer le sort, j'ai biné tout mon potager et trouvé des petits pieds de haricots que je croyais sans avenir. J'ai les mains toutes cloquées mais je ne pouvais pas en rester à cette avanie ! Il n'empêche que me voilà bien emmerdée. Et qu'on est un vendredi 13. Allez hop, au lit ; et que l'on passe au samedi 14.
09 avril 2007
Lecture : Souvenirs d'un pas grand chose, de Charles Bukowski
On suit le parcours d'Henry Chinaski, dans les années 30 aux Etats-Unis, et son parcours de misère, de violence et de solitude. Parcours exemplaire dans la noirceur et pourtant, ce qui en ressort et en fait probablement l'originalité, c'est l'absence de lamentation, de plainte et la froideur du personnage. On voit s'éveiller l'envie d'être écrivain mais pas de passion ni de réelle ambition : c'est l'histoire triste d'un fils unique qui grandit dans un milieu violent parce que pauvre, dans une famille sans amour, et qui ne se reconnaît en personne. L'histoire d'une très grande solitude presque intrinsèque qui ne trouve de refuge que dans l'alcool.
Sans avoir lu son oeuvre, il me semble au travers de ce récit que les idées toutes faites ne sont pas loin de la réalité.
05 avril 2007
Première marche
Y'a des moments où on est mûr pour les plaisirs, où on a l'énergie et la légèreté qu'il faut ; et il y en a d'autres où il est préférable de laisser ses désirs en attente, où l'essentiel est de limiter la casse. S'isoler, trouver les moyens de se calmer, de s'imperméabiliser aux angoisses, de se tenir hors de portée des énervements et de tout ce qui fragilise, voilà les priorités, et ce n'est pas toujours une tâche facile. Savoir qu'on n'est pas bien, sans réconforter, c'est la première marche qu'il ne faut pas louper pour aller mieux.
04 avril 2007
J'veux pas d'enfant
Parce que je veux pas être responsable d'une vie ; je veux pas servir de modèle et de repère ; je veux pas léguer à un autre individu toutes mes peurs conscientes et inconscientes, mes travers et mes noirceurs ; parce que je veux pas le faire pour avoir seulement une chance d'avoir quelqu'un pour m'occuper de moi quand j'en serai plus capable ; je veux pas m'accrocher à quelqu'un qui me resssemble ; je veux pas avoir peur de pas aimer la chair de ma chair ; je veux pas des complexes d'oedipe, des crises d'adolescence, des conflits et des reproches ; je veux pas me demander si je fais bien ou mal en permanence ; je veux pas être ni une bonne ni une mauvaise mère ; je veux pas ne plus disposer de mon temps à moi rien qu'à moi ; je veux pas des insomnies, des maladies, des pleurs ; je veux pas des discussions monomaniaques avec d'autres mères ; je veux pas essayer de réaliser mes rêves au travers de quelqu'un d'autre ; je veux pas lutter pour faire surtout pas comme mes parents ; je veux pas d'enfant.
Lecture : L'Aliéniste, de Caleb Carr
02 avril 2007
Banalité, certes, mais...
Dieu que c'est bon, l'arrivée de l'été ! Les fenêtres encore ouvertes à sept heures du soir, le crépuscule lumineux, le bruit des tondeuses, le chant des oiseaux, la douceur de l'air tôt le matin... Remettre des lunettes de soleil ! Abandonner les collants ! Se nourrir de tomates-moza ! Sentir la caresse de l'air par la fenêtre quand le réveil sonne... Ah lala, j'en passe et des meilleures, mais l'existence n'a vraiment pas la même saveur quand le beau temps pointe son nez.
30 mars 2007
29 mars 2007
Chronique philosophe (hic) (3) : Socrate et Platon
Au Ve s. av. JC, en Grèce, Socrate n'écrit rien (comme Bouddha et Jésus) mais réinvente la philosophie et fait naître la philosophie occidentale, en centrant sa réflexion uniquement sur le plan humain, se conformant ainsi à l'étymologie du mot : amour de la sagesse, la philo-sophia a pour objectif de trouver le moyen de bien vivre. Les divinités, les réflexions sur le cosmos, sortent du champ. Et pour cela, il faut comprendre l'essence des choses.
Le monde dans lequel nous vivons est double : d'un côté le monde sensible, changeant, mortel et de l'autre, le monde intelligible, celui des Idées, qui échappe au temps et au mouvement. Le premier permet d'accéder au second qui est le seul réel et vrai. L'amour physique n'est ainsi qu'une étape pour parvenir à l'amour du Bien. Et le gouvernement idéal n'est pas une démocratie (le régime en place à l'époque) mais un gouvernement de philosophes éclairés.
On connaît Socrate par son disciple Platon qui a voué sa vie à son maître : le jeune aristocrate qui voulait être poète tragique a suivi l'enseignement de Socrate, puis, à la mort de celui-ci (condamné à mort pour blasphème et tentative de corruption de la jeunesse) il couche sur le papier ses leçons, livrant ainsi pour les siècles qui l'ont suivi une colossale pensée, à la fois cohérente et multiple.
Le monde dans lequel nous vivons est double : d'un côté le monde sensible, changeant, mortel et de l'autre, le monde intelligible, celui des Idées, qui échappe au temps et au mouvement. Le premier permet d'accéder au second qui est le seul réel et vrai. L'amour physique n'est ainsi qu'une étape pour parvenir à l'amour du Bien. Et le gouvernement idéal n'est pas une démocratie (le régime en place à l'époque) mais un gouvernement de philosophes éclairés.
On connaît Socrate par son disciple Platon qui a voué sa vie à son maître : le jeune aristocrate qui voulait être poète tragique a suivi l'enseignement de Socrate, puis, à la mort de celui-ci (condamné à mort pour blasphème et tentative de corruption de la jeunesse) il couche sur le papier ses leçons, livrant ainsi pour les siècles qui l'ont suivi une colossale pensée, à la fois cohérente et multiple.
24 mars 2007
Lecture : La Fascination du pire, de Florian Zeller
22 mars 2007
Lecture : Les Jours fragiles, de Philippe Besson
20 mars 2007
"Les chercheuses de poux", de Rimbaud, 1871.
Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée,
Promène leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter, parmi ses grises indolences,
Sous leurs ongles royaux, la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer :
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée,
Promène leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter, parmi ses grises indolences,
Sous leurs ongles royaux, la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer :
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
17 mars 2007
Chronologie sommaire de l'Antiquité Egyptienne
Unification de la Haute et Basse Egypte qui seraient à l'origin e des peuples différents.
Première Dynastie de pharaons.
- Ancien Empire : de 2660 à 2180 env.
Commence avec la IIIe Dynastie, jusqu'à la VIe.
Pharaon célèbre : Djoser, à qui l'on doit la construction de la première grande pyramide, celle de Saqqarah, conçue par l'architecte Imhotep.
- Première période intermédiaire : de 2180 à 2040 env.
Période de chaos, sous les VIIe et VIIIe Dynasties.
- Moyen Empire : de 2040 à 1780 env.
Période de renouveau et de conquêtes, de la IXe à la XIIe Dynastie.
- Deuxième période intermédiaire : de 1780 à 1560 env.
Période très méconnue, de la XIIIe à la XVIIe Dynastie.
Invasion des Hyksos, qui prennent le pouvoir.
- Nouvel Empire : de 1560 à 1070 env.
De la XVIIIe à la XXe Dynastie.
Période faste, de prospérité, de conquêtes et d'arts.
Règne de la reine Hatchepsout, d'Aménophis IV-Akhenaton (et sa femme Néfertiti) qui tente l'instauration d'un monothéisme, de Ramsès II qui réduit les Hébreux en esclavage et provoque leur exode conduit par Moïse.
Le dernier paharaon de cette période est Toutankhamon, mort dans des circonstances mystérieuses à 18 ans et dont la tombe a été découverte à la fin des années 20.
- Basse époque : de 1070 env. à 332
XXIe à XXXe Dynastie.
Décadence progressive de l'Empire égyptien qui se voit plusieurs fois dominé par les Perses, jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332.
- Période hellénistique : 332 - 30 av. JC
L'Egypte s'affaiblit de plus en plus, jusqu'à devenir une province romaine. Cléopâtre (VII) est la dernière reine.
16 mars 2007
Citation
"C'est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces femmes qui vivaient dans l'espérance, sur le gage d'une seule lettre d'amour, quand l'autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots avaient alors une force redoutable puisqu'ils décidaient des vies. On attendait, et on faisait confiance même sans nouvelle de l'autre pendant des périodes infinies. Aujourd'hui on commence à paniquer dès qu'on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il ? Pourquoi ne répond-elle pas ? Avec qui est-il ? L'angoisse a gagné du terrain. Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la fin de l'attente, c'est-à-dire de la confiance et du silence".
Florian Zeller, La Fascination du pire.
Florian Zeller, La Fascination du pire.
14 mars 2007
Anniversaire
Cela fait un an jour pour jour que je suis propriétaire. L'occasion de me congratuler un peu pour cette décision, pour toutes celles qui ont suivi concernant les travaux, et pour le résultat. Pas une seconde je ne regrette ce que j'ai entrepris et je suis fière d'avoir accompli tout cela. Aujourd'hui je suis bien dans ma maison choisie et arrangée par mes soins. Du beau boulot pour mon home sweet home.
13 mars 2007
Des larmes
J'ai tardivement compris ce que les larmes ont de sain et de réparateur. Pleurer était signe de faiblesse, était laid, et inutile. Mais non. Pleurer libère et apaise. Mais ne pleure pas qui veut. Certaines douleurs, certaines tensions restent nouées au niveau de la gorge et l'incapacité à pleurer revient à dire que le mal ne s'évacue pas, reste en dedans, à tourner. Bien sûr, il ne suffit pas de verser des larmes pour que les soucis disparaissent mais ils sont un premier pas pour aller de l'avant. Aujourd'hui je reconnais le soulagement de pleurer, mais je n'y parviens pas. Les bleus à l'âme prennent parfois du temps pour commencer à se résorber. C'est con, j'ai pas un petit Elephant man à me mettre sous l'oeil... Un oignon peut-être ?
11 mars 2007
Lecture : Cul de sac, de Douglas Kennedy
Cela ne vaut pas du John Irving, mais on passe un agréable moment.
Le récit raconte l'incroyable voyage d'un américain parti à l'aventure en Australie sur un coup de tête et qui se retrouve marié et prisonnier dans une communauté d'affreux en plein bush. Les personnages souvent ne brillent pas pas la finesse de leur portrait (la jeune épousée et son père en particulier, la soeur au coeur tendre non plus) mais l'ensemble se laisse lire avec plaisir pour l'humour et l'action.
09 mars 2007
"Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous"
Il me semble parfois que pour se faire entendre, il faut se taire, et que pour obtenir ce que l'on désire, il est également plus efficace de laisser les autres agir.
Ceux qui parlent, qui expliquent, délibèrent, se mettent en colère, demandent, sont ceux qui agissent. Et ceux qui n'obtiennent souvent rien. En face, ceux qui laissent dire et ne font preuve que de patience, obtiennent en général ce qu'ils veulent. Je me souviens d'une amie qui vantait les mérites d'un médecin qui, devant la maladie de sa mère, au contraire des autres, "ne s'était pas trompé". En réalité, s'il ne s'était pas trompé, c'était uniquement parce que c'était le seul à ne pas s'être prononcé.
Parler est souvent utile et même indispensable, mais il est de nombreux cas où c'est aussi s'exposer, se mettre en danger et... se faire avoir.
Ceux qui parlent, qui expliquent, délibèrent, se mettent en colère, demandent, sont ceux qui agissent. Et ceux qui n'obtiennent souvent rien. En face, ceux qui laissent dire et ne font preuve que de patience, obtiennent en général ce qu'ils veulent. Je me souviens d'une amie qui vantait les mérites d'un médecin qui, devant la maladie de sa mère, au contraire des autres, "ne s'était pas trompé". En réalité, s'il ne s'était pas trompé, c'était uniquement parce que c'était le seul à ne pas s'être prononcé.
Parler est souvent utile et même indispensable, mais il est de nombreux cas où c'est aussi s'exposer, se mettre en danger et... se faire avoir.
08 mars 2007
Les parents aiment-ils nécessairement leurs enfants ?
Admettons qu'aimer signifie éprouver de l'intérêt, de l'attachement, du goût pour quelqu'un, et que le plus souvent cette attirance, sans être parfaitement fortuite, revêt toujours une forme de découverte (et de plaisir). Aimer, c'est aimer l'autre, même si ce n'est pas que cela.
Il y a déjà une forme de prévision dans l'amour qu'est censé porter un parent à son enfant, autrement dit cet amour est prémédité, pensé avant la présence de l'autre ; ensuite, il peut être déçu ou confirmé.
Il n'est pas de relation plus soumise à des schémas préétablis que les relations entre parents et enfants. Il est communément admis que les parents doivent aimer leurs enfants. Pourtant, est-ce nécessairement le cas ? Ne le confond-on pas souvent plutôt avec le lien du sang, ou le sentiment de devoir, de filiation et le poids des préjugés ? Je crois que tous les parents n'aiment pas leurs enfants, et que tous les enfants (mais là, la tradition l'envisage davantage) n'aiment pas leurs parents. Mais dans le premier cas, les ravages sont bien plus importants car il est indubitable qu'on a besoin d'amour pour grandir et devenir soi, d'être aimé pour aimer à son tour.
Il y a déjà une forme de prévision dans l'amour qu'est censé porter un parent à son enfant, autrement dit cet amour est prémédité, pensé avant la présence de l'autre ; ensuite, il peut être déçu ou confirmé.
Il n'est pas de relation plus soumise à des schémas préétablis que les relations entre parents et enfants. Il est communément admis que les parents doivent aimer leurs enfants. Pourtant, est-ce nécessairement le cas ? Ne le confond-on pas souvent plutôt avec le lien du sang, ou le sentiment de devoir, de filiation et le poids des préjugés ? Je crois que tous les parents n'aiment pas leurs enfants, et que tous les enfants (mais là, la tradition l'envisage davantage) n'aiment pas leurs parents. Mais dans le premier cas, les ravages sont bien plus importants car il est indubitable qu'on a besoin d'amour pour grandir et devenir soi, d'être aimé pour aimer à son tour.
06 mars 2007
Expirateur
Y'a les aspirateurs, que tout le monde connaît n'est-ce pas. Et dans l'ordre d'idée exactement inverse, il y a l'expirateur. L'aspirateur a pour fonction d'aspirer poussières, déchets microscopiques et ainsi d'assainir en ôtant les polluants de notre environnement, je n'apprends rien à personne. L'expirateur a pour fonction, lui, d'évacuer les déchets qui sont à l'intérieur. Il est moins célèbre que sont pendant mais a une fonction très utile également puisque chacun sait que nous emmagasinons en nous-mêmes un certain nombre de détritus micoroscopiques plus ou moins toxiques, du type idées noires, questions sans réponses, images obsédantes, envie de suicide, certitude de notre non valeur, etc. L'expirateur a donc un rôle fondamental qui est d'expulser ces parasites et d'assainir, lui aussi. Il se présente sous la forme de loisirs, de lectures, voyages, de conversations, de proximité avec des entités positives de type amical, etc. A utiliser sans modération.
04 mars 2007
Courage fuyons
La douleur rend aveugle et la gentillesse ne paie pas toujours.
La tentation guette tout le monde de s'enfermer dans sa façon de penser, dans son égocentrisme, dans son unique point de vue. Les circonstances, les rencontres, l'intelligence aussi sont des facteurs qui permettent de ne pas succomber à ce travers. La souffrance quant à elle l'accentue. Quand on a mal et que la douleur submerge l'être, il est très difficile de parvenir à prendre de la distance, à se regarder avec lucidité ni même à porter attention à un tiers. Et en plus de se faire encore plus mal à soi-même, on fait mal aux autres. La spirale de douleur dans laquelle on est entraîné, une fois franchi un certain cap, ne cherche plus qu'à entraîner les autres avec soi ; les mieux intentionnés étant les victimes les plus faciles. La commisération est inutile et dangereuse auprès de gens qui ont perdu le contact avec autre chose que leur propre problème. Toute générosité n'est pas bonne à prodiguer.
La tentation guette tout le monde de s'enfermer dans sa façon de penser, dans son égocentrisme, dans son unique point de vue. Les circonstances, les rencontres, l'intelligence aussi sont des facteurs qui permettent de ne pas succomber à ce travers. La souffrance quant à elle l'accentue. Quand on a mal et que la douleur submerge l'être, il est très difficile de parvenir à prendre de la distance, à se regarder avec lucidité ni même à porter attention à un tiers. Et en plus de se faire encore plus mal à soi-même, on fait mal aux autres. La spirale de douleur dans laquelle on est entraîné, une fois franchi un certain cap, ne cherche plus qu'à entraîner les autres avec soi ; les mieux intentionnés étant les victimes les plus faciles. La commisération est inutile et dangereuse auprès de gens qui ont perdu le contact avec autre chose que leur propre problème. Toute générosité n'est pas bonne à prodiguer.
26 février 2007
Un site rigolo
Sans faire dans la nostalgie bêtasse, voilà un site sympathique qui promet de bons moments aux trentenaires...
Lecture : Mma Ramotswe détective, d'Alexander mac Call Smith
24 février 2007
Lecture : En l'absence des hommes, de Philippe Besson
20 février 2007
De la fragilité
Sommes nous tous fragiles ?
J'ai assisté au dernier jour d'un procès pour double homicide : un homme d'une cinquantaine d'années a assassiné sa femme et l'amant de celle-ci, à coups de fusil. Il n'a jamais nié, n'a pas remis en cause la préméditation, ne s'est même pas défendu. Il paraissait hébété et n'a prononcé que quelques mots pour demander pardon à la famille de l'homme qu'il avait tué et à ses propres enfants. L'avocate de la partie civile dans son réquisitoire l'a accusé d'insensibilité et de narcissisme, elle a rejeté l'idée de "crime passionnel", reprenant l'analyse du psychiatre qui avait expliqué que cet homme avait été en gros été obsédé par sa propre douleur d'avoir été trompé et abandonné. Tout faisait de lui un assassin brutal. Il a été condamné à 30 ans de prison.
Pourtant, le déroulement des faits et même le portrait et l'attitude de l'accusé m'ont donné l'impression d'un homme qui avait perdu les pédales, pas le jour du meurtre mais pendant une longue période, que la douleur avait rendu progressivement fou, jusqu'à son geste ultime ; d'un homme pris dans un engrenage fait de sentiment d'injustice, de solitude, de trahison, de souffrance intime. Jusqu'au meurtre atroce.
A sa place, qu'est-ce qui nous aurait retenu ? Ce qui est arrivé à cet époux routier, père de famille, sans histoire jusque-là, est au départ d'une consternante banalité ; sa personnalité ne m'a pas semblé véritablement atypique non plus. L'éducation, la culture, l'intelligence sont-elles véritablement des garantes pour nous empêcher de franchir les limites ? Qu'est-ce qui nous rend plus fort pour ne pas succomber à la colère ou à la douleur ?
J'ai assisté au dernier jour d'un procès pour double homicide : un homme d'une cinquantaine d'années a assassiné sa femme et l'amant de celle-ci, à coups de fusil. Il n'a jamais nié, n'a pas remis en cause la préméditation, ne s'est même pas défendu. Il paraissait hébété et n'a prononcé que quelques mots pour demander pardon à la famille de l'homme qu'il avait tué et à ses propres enfants. L'avocate de la partie civile dans son réquisitoire l'a accusé d'insensibilité et de narcissisme, elle a rejeté l'idée de "crime passionnel", reprenant l'analyse du psychiatre qui avait expliqué que cet homme avait été en gros été obsédé par sa propre douleur d'avoir été trompé et abandonné. Tout faisait de lui un assassin brutal. Il a été condamné à 30 ans de prison.
Pourtant, le déroulement des faits et même le portrait et l'attitude de l'accusé m'ont donné l'impression d'un homme qui avait perdu les pédales, pas le jour du meurtre mais pendant une longue période, que la douleur avait rendu progressivement fou, jusqu'à son geste ultime ; d'un homme pris dans un engrenage fait de sentiment d'injustice, de solitude, de trahison, de souffrance intime. Jusqu'au meurtre atroce.
A sa place, qu'est-ce qui nous aurait retenu ? Ce qui est arrivé à cet époux routier, père de famille, sans histoire jusque-là, est au départ d'une consternante banalité ; sa personnalité ne m'a pas semblé véritablement atypique non plus. L'éducation, la culture, l'intelligence sont-elles véritablement des garantes pour nous empêcher de franchir les limites ? Qu'est-ce qui nous rend plus fort pour ne pas succomber à la colère ou à la douleur ?
18 février 2007
Dimanche
Lorsque j'étais gamine et même adolescente, je détestais les dimanches, qui étaient synonymes d'ennui, de paralysie et d'enfermement. Mon frère me rappelait il y a quelque temps que nous ne faisions rien ces jours-là et je n'ai effectivement aucun souvenir dominical, hormis le respect dû aux grasses matinées de mon père, la messe et les déjeuners guindés chez mes grands-parents.
J'ai mis du temps mais j'apprécie beaucoup plus le dimanche aujourd'hui. Ils ne débordent pas beaucoup plus d'activités, mais la nonchalance, la lenteur, le calme de ce jour me sont devenus agréables. C'est une journée qui s'étire en longueur sans horaire prédéfini et qui pemet de faire ou ne pas faire, au gré des envies et de l'énergie. Et dimanche n'est plus synonyme d'ennui.
J'ai mis du temps mais j'apprécie beaucoup plus le dimanche aujourd'hui. Ils ne débordent pas beaucoup plus d'activités, mais la nonchalance, la lenteur, le calme de ce jour me sont devenus agréables. C'est une journée qui s'étire en longueur sans horaire prédéfini et qui pemet de faire ou ne pas faire, au gré des envies et de l'énergie. Et dimanche n'est plus synonyme d'ennui.
11 février 2007
Perle d'élève
Rien de plus ch*** que corriger des copies. C'est vraiment le plus ennuyeux dans ce métier, mais parfois c'est l'occasion de fous rires mémorables. Le dernier en date émane d'une copie de bac blanc d'élève de première, plutôt consciencieux, plus précisément d'une conclusion de dissertation sur l'engagement en littérature:
" Le dialogue argumentatif lance un ultime-atome au lecteur alors que l'essai lui laisse le temps de la réflexion".
Explosif, non ?
" Le dialogue argumentatif lance un ultime-atome au lecteur alors que l'essai lui laisse le temps de la réflexion".
Explosif, non ?
06 février 2007
De la jalousie
La jalousie est un sentiment très étrange et très puissant. Elle résulte d'un manque de confiance en soi peut-être plus qu'en l'autre et je comprends qu'il rende dingue. C'est un film de Chabrol je crois, qui dépeint cela à merveille : "L'Enfer", avec François Cluzet. Dans mon souvenir, on y voit un mari devenir de plus en plus obsédé et littéralement fou, au point qu'il ne sait plus discerner le vrai du faux (et le spectateur non plus). La jalousie déforme, et c'est en cela qu'elle est dangereuse. On s'éloigne de la vérité tout en voulant à toute force faire preuve de lucidité et d'objectivité. Et la jalousie est liée à cette envie, ce besoin (?) de posséder tout ou partie de celui qu'on aime, de ce sentiment d'appartenance et de dépendance qui est si lié aux sentiments amoureux et si malsain pourtant. Croire que l'on est perdu sans l'autre parce qu'on l'aime (et inversement) ! Il est vrai que les personnes que l'on aime profondément font partie de nous-mêmes : c'est ce qui les différencie des gens que l'on aime superficiellement, eux en gros disparaissent de notre esprit aussitôt qu'ils ont disparu de notre vue. En revanche les personnes que l'on aime font partie de notre existence mentale, de notre âme, et sont ainsi une partie constituante de notre existence. Mais cela ne nous donne aucun droit sur eux, même pas de regard. Même la part en eux qui nous aime ne nous concerne pas et leur appartient complètement. Mais on y tient tellement !
05 février 2007
30 janvier 2007
Réflexion citoyenne
Oh rien d'original. Je me fais simplement le relais d'une réflexion qui me paraît importante, à la veille de cette loi qui interdit de fumer dans tous les lieux publics. Que penser d'une société qui se met à légiférer sur des règles de savoir vivre ?
Je fume très peu, les atmosphères enfumées me dérangent parfois mais rien ne m'oblige à les subir. Ce qui me dérange bien plus gravement, c'est l'impolitesse de quelqu'un qui va venir fumer son clope sous mon nez le matin ou quelqu'un qui fume en voiture avec ses enfants à l'arrière. Mais il est question d'éducation : ce n'est pas le rôle de l'Etat d'intervenir dans des affaires privées. Le tabagisme passif est une réalité et il est du ressort de la Santé Publique d'informer des risques, mais pas de promulguer des lois sur des comportements individuels.
L'Etat tend à se substituer de plus en plus à la mise en place et au contrôle de structures dans lesquelles le citoyen doit lui-même trouver sa place. Sous couvert de prétendues "sécurité", "protection", "égalité" même, nos libertés personnelles semblent de plus en plus entravées.
Je fume très peu, les atmosphères enfumées me dérangent parfois mais rien ne m'oblige à les subir. Ce qui me dérange bien plus gravement, c'est l'impolitesse de quelqu'un qui va venir fumer son clope sous mon nez le matin ou quelqu'un qui fume en voiture avec ses enfants à l'arrière. Mais il est question d'éducation : ce n'est pas le rôle de l'Etat d'intervenir dans des affaires privées. Le tabagisme passif est une réalité et il est du ressort de la Santé Publique d'informer des risques, mais pas de promulguer des lois sur des comportements individuels.
L'Etat tend à se substituer de plus en plus à la mise en place et au contrôle de structures dans lesquelles le citoyen doit lui-même trouver sa place. Sous couvert de prétendues "sécurité", "protection", "égalité" même, nos libertés personnelles semblent de plus en plus entravées.
24 janvier 2007
Prendre, donner, partager
Savoir prendre, c'est déjà bien. Discerner le bon grain de l'ivraie, recevoir et profiter : une des grandes choses que l'existence nous offre et on ne sait pas toujours les voir.
Donner : pas simple non plus, et essentiel pourtant. Ni trop ni trop peu, au bon moment, ce qu'il faut. Nécessite de l'attention. Apporte beaucoup, même sans retour. Peu de gens savent donner.
Partager : le plus complexe, évidemment. Ne se calcule pas. Ressemble à un miracle. Evanescent.
La vie n'a de sens que dans l'échange, que sous forme dynamique. Comme le temps qui n'est jamais immobile.
Donner : pas simple non plus, et essentiel pourtant. Ni trop ni trop peu, au bon moment, ce qu'il faut. Nécessite de l'attention. Apporte beaucoup, même sans retour. Peu de gens savent donner.
Partager : le plus complexe, évidemment. Ne se calcule pas. Ressemble à un miracle. Evanescent.
La vie n'a de sens que dans l'échange, que sous forme dynamique. Comme le temps qui n'est jamais immobile.
21 janvier 2007
Grosse fatigue
Y'a un moment où y'en a marre. Où le plus petit désagrément supplémentaire donne envie de tout foutre en l'air. Où on arrive au bout de ce que l'on peut supporter. Où la bonne volonté, les efforts de lucidité, les tentatives d'enthousiasme et de détournement d'attention n'arrivent plus. La situation n'est pas forcément pire que la veille, elle n'est peut-être même pas catastrophique, seulement on est fatigué, fatigué, fatigué. Et la bouteille à moitié pleine a disparu du champ de vision parce que les paupières sont trop lourdes pour voir au-dessus du niveau de ce qui est plein. Je n'ai plus le courage de me raccrocher aux bons conseils, aux gentillesses, aux éléments positifs. Il ne reste que l'envie de se vautrer dans le désespoir, les lamentations, le tout va mal, c'est si facile et c'est si proche.
Bon, c'est pas rigolo tout ça, hein ? Vivement ce soir qu'on se couche.
Bon, c'est pas rigolo tout ça, hein ? Vivement ce soir qu'on se couche.
16 janvier 2007
Un ami
Un ami, c'est :
- quelqu'un qu'on peut appeler sans avoir rien à lui dire
- quelqu'un à qui on peut dire qu'il a morceau de salade collé sur une dent sans qu'il se sente gêné
- quelqu'un qu'on a l'impression de connaître depuis la nuit des temps
- quelqu'un qu'on a envie d'épouser de temps en temps
- quelqu'un avec qui on peut ne pas parler
- quelqu'un qui vous habite en permanence
- quelqu'un à qui on fait attention
- quelqu'un avec qui on rit
- quelqu'un avec qui on se repose
- quelqu'un dont on ne se lasse pas
- quelqu'un dont on ne craint pas le regard
- quelqu'un à qui on n'a jamais besoin de dire de ne pas répéter les secrets
- quelqu'un qui se suffit à lui-même
- quelqu'un avec qui le temps ne compte pas
- quelqu'un qu'on peut recevoir en pyjama pas lavé
- quelqu'un qu'on n'échangerait contre personne d'autre.
Et j'en oublie certainement...
- quelqu'un qu'on peut appeler sans avoir rien à lui dire
- quelqu'un à qui on peut dire qu'il a morceau de salade collé sur une dent sans qu'il se sente gêné
- quelqu'un qu'on a l'impression de connaître depuis la nuit des temps
- quelqu'un qu'on a envie d'épouser de temps en temps
- quelqu'un avec qui on peut ne pas parler
- quelqu'un qui vous habite en permanence
- quelqu'un à qui on fait attention
- quelqu'un avec qui on rit
- quelqu'un avec qui on se repose
- quelqu'un dont on ne se lasse pas
- quelqu'un dont on ne craint pas le regard
- quelqu'un à qui on n'a jamais besoin de dire de ne pas répéter les secrets
- quelqu'un qui se suffit à lui-même
- quelqu'un avec qui le temps ne compte pas
- quelqu'un qu'on peut recevoir en pyjama pas lavé
- quelqu'un qu'on n'échangerait contre personne d'autre.
Et j'en oublie certainement...
11 janvier 2007
Une théorie
Le verbe aimer est complexe car il regroupe des sentiments très divers. En ce qui concerne les sentiments éprouvés pour autrui, il me semble qu'on peut les différencier par rapport à l'origine qu'ils ont dans notre corps :
- son enfant, on l'aime avec sa chair
- son amant(e), on l'aime avec son ventre
- son ami(e), on l'aime avec son esprit, son intelligence
- sa famille, on l'aime avec sa mémoire, peut-être son sang
- son enfant, on l'aime avec sa chair
- son amant(e), on l'aime avec son ventre
- son ami(e), on l'aime avec son esprit, son intelligence
- sa famille, on l'aime avec sa mémoire, peut-être son sang
Interrogation égotiste
Le médecin consulté aujourd'hui m'a posé délicatement une question : "vous avez du soutien autour de vous ?". Un peu et bêtement gênée, j'ai répondu que je n'étais pas seule. Et puis j'ai compris le sens de sa question et j'ai ajouté : "je suis célibataire, si c'est cela que vous vouliez me demander". Elle a ri et aquiescé.
Oui, je suis célibataire, et depuis longtemps, et je sais bien que je fuis de plus en plus l'idée même de couple. Je n'ai pas de projet, pas d'envie particulière concernant mon avenir. J'ai des amis ; un boulot ; une maison ; des occupations. Ai-je une vie pauvre ?
Oui, je suis célibataire, et depuis longtemps, et je sais bien que je fuis de plus en plus l'idée même de couple. Je n'ai pas de projet, pas d'envie particulière concernant mon avenir. J'ai des amis ; un boulot ; une maison ; des occupations. Ai-je une vie pauvre ?
09 janvier 2007
Du mieux pour soi-même
En cas de trouble ressenti en soi, la difficulté consiste souvent à savoir choisir entre plusieurs options : faire la sourde oreille et opter pour la fuite en avant ? S'écouter et tâcher de comprendre ? Ou bien s'en remettre à quelqu'un d'autre ?
Il n'est pas toujours aisé de savoir quelle solution est la bonne. Parfois, réagir par l'action, se mettre à fond dans le travail par exemple, est salutaire. A d'autres moments, il est indispensable d'effectuer un repli sur soi, de se questionner et de prendre soin de soi avant tout. Et d'autres fois encore, on n'est pas en mesure d'avoir assez de lucidité et le mieux est d'interroger quelqu'un d'extérieur, comme un médecin.
La clef de voûte du bien être je crois, c'est le repos. Quand le sommeil va mal, tout se dérègle. Cet abandon de soi quotidien est une nécessité absolue et un indicateur majeur de notre santé morale et physique. Notre corps et notre conscience sont comme une machine qui a besoin d'être régulièrement rechargée, sinon elle dysfonctionne. Simpliste, certes, mais les solutions aux problèmes compliqués ne sont pas forcément compliquées elles aussi. Bien au contraire.
Il n'est pas toujours aisé de savoir quelle solution est la bonne. Parfois, réagir par l'action, se mettre à fond dans le travail par exemple, est salutaire. A d'autres moments, il est indispensable d'effectuer un repli sur soi, de se questionner et de prendre soin de soi avant tout. Et d'autres fois encore, on n'est pas en mesure d'avoir assez de lucidité et le mieux est d'interroger quelqu'un d'extérieur, comme un médecin.
La clef de voûte du bien être je crois, c'est le repos. Quand le sommeil va mal, tout se dérègle. Cet abandon de soi quotidien est une nécessité absolue et un indicateur majeur de notre santé morale et physique. Notre corps et notre conscience sont comme une machine qui a besoin d'être régulièrement rechargée, sinon elle dysfonctionne. Simpliste, certes, mais les solutions aux problèmes compliqués ne sont pas forcément compliquées elles aussi. Bien au contraire.
07 janvier 2007
Seule, de Barbara
Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien,
Comme un ciel déserté,
Une terre sans soleil,
Comme pays perdu
Sans couleur,
Sans clarté,
Sans étoile,
Egarée
Comme épave perdue,
Comme épave perdue,
Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien
Comme épave perdue,
Je me cogne et me brise,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule...
06 janvier 2007
Irrésolutions
Nous avons changé d'année et je n'ai encore rien vu. J'aime bien, généralement, les bilans et les résolutions mais je vis beaucoup trop au jour le jour depuis trois semaines pour y consacrer un dixième de neurone.
Moment de pause chez moi au milieu de la tourmente des soucis d'ordres médical, familial, pratique. J'écoute et perçois silence et calme alors que c'est plutôt la tempête dehors. Mais à l'intérieur de moi il y a silence et calme. Je prends un peu de distance et je me prépare à penser un peu plus loin. Il ne m'est jamais arrivé je crois d'être autant mise au supplice par la moindre décision dérisoire à prendre ces derniers temps. Mais je sais écouter les signes et c'est celui du grand trouble qui me bouleverse même si je fais front. Alors j'essaie de détendre et de dénouer, et pour cela, la lutte est contre-indiquée. La fuite n'est pas toujours une lâcheté, loin de là, mais au contraire une solution sage. Il n'y a que la paix qui prépare aux bonnes décisions et aide à la lutte efficace.
Plus le temps passe (l'âge !) et plus tout m'apprend combien les réponses à tous les problèmes résident en des choses parfaitement simples. Ce qui ne signifie pas qu'il soit toujours simple d'y parvenir, mais se débarrasser des faux questionnements et des complications inutiles, c'est déjà un grand pas de fait vers le bien être.
Alors je souhaite à tous ceux qui le veulent et à tous ceux qui en ont le courage, de connaître en 2007 (voire plus si affinités), le bien être.
Moment de pause chez moi au milieu de la tourmente des soucis d'ordres médical, familial, pratique. J'écoute et perçois silence et calme alors que c'est plutôt la tempête dehors. Mais à l'intérieur de moi il y a silence et calme. Je prends un peu de distance et je me prépare à penser un peu plus loin. Il ne m'est jamais arrivé je crois d'être autant mise au supplice par la moindre décision dérisoire à prendre ces derniers temps. Mais je sais écouter les signes et c'est celui du grand trouble qui me bouleverse même si je fais front. Alors j'essaie de détendre et de dénouer, et pour cela, la lutte est contre-indiquée. La fuite n'est pas toujours une lâcheté, loin de là, mais au contraire une solution sage. Il n'y a que la paix qui prépare aux bonnes décisions et aide à la lutte efficace.
Plus le temps passe (l'âge !) et plus tout m'apprend combien les réponses à tous les problèmes résident en des choses parfaitement simples. Ce qui ne signifie pas qu'il soit toujours simple d'y parvenir, mais se débarrasser des faux questionnements et des complications inutiles, c'est déjà un grand pas de fait vers le bien être.
Alors je souhaite à tous ceux qui le veulent et à tous ceux qui en ont le courage, de connaître en 2007 (voire plus si affinités), le bien être.
31 décembre 2006
2006 : the End
La nuit vient de tomber pour la dernière fois de l'année 2006. La prochaine fois que nous verrons le soleil, nous serons en 2007. Il ne s'agit que de quelques heures, bien peu différentes des nuits précédentes, mais sur le plan symbolique pourtant, celle-ci résonne autrement. Une nouvelle année c'est un nouveau départ, c'est le début d'autre chose, une perspective d'avenir ; voilà sans doute à quoi sert le calendrier. Bergson explique, je crois, que le temps et la durée n'ont pas grand chose à voir : le temps est une donnée objective, linéaire, tandis que la durée est notre perception subjective du temps et sans doute la seule que nous ayons.
Si cette année s'achève en marasme pour moi, l'ensemble de l'année a été positif et constructif ; et si 2007 s'ouvre sur beaucoup d'angoisses, je veux croire aux bonnes surprises, aux découvertes enrichissantes.
Cela a l'air très con, mais je crois que ce qui compte c'est d'aller toujours de l'avant. Le pire comme le meilleur ont cette vertu commune. Il n'est rien de pire que l'immobilisme ; l'immobilisme c'est la mort. On a tous des épreuves à vivre, nul n'est épargné. Tant qu'il y a de la vie, il y a de la force.
En avant 2007.
Si cette année s'achève en marasme pour moi, l'ensemble de l'année a été positif et constructif ; et si 2007 s'ouvre sur beaucoup d'angoisses, je veux croire aux bonnes surprises, aux découvertes enrichissantes.
Cela a l'air très con, mais je crois que ce qui compte c'est d'aller toujours de l'avant. Le pire comme le meilleur ont cette vertu commune. Il n'est rien de pire que l'immobilisme ; l'immobilisme c'est la mort. On a tous des épreuves à vivre, nul n'est épargné. Tant qu'il y a de la vie, il y a de la force.
En avant 2007.
28 décembre 2006
De la souplesse de l'esprit
Il y a une souplesse de l'esprit comme il y a une souplesse du corps. On n'a pas tous les mêmes dons au départ pour faire plier son corps à des mouvements divers et variés mais avec de l'exercice, on est tous capable d'agrandir ses mouvements. Pour l'âme, c'est pareil. D'aucuns ont une faculté naturelle à voir, à s'ouvrir, à d'adapter, mais ils sont susceptibles aussi de se raidir et de rendre leur esprit rigide et étroit. Ceux qui n'ont pas eu la chance par leur éducation, leur environnement, leur intellect peut-être aussi, de s'ouvrir, sont néanmoins capables par des exercices d'élargir, d'enrichir, leur vision des choses, leur existence quotidienne.
Il faut entretenir son esprit comme il faut entretenir son corps.
Il faut entretenir son esprit comme il faut entretenir son corps.
26 décembre 2006
Situations inextricables ?
Je ne crois pas qu'il existe de situations inextricables. Ce qui les rend épouvantables c'est souvent l'incapacité que l'on ressent à faire des choix, c'est là qu'est la difficulté, mais il n'y a pas de situation impossible à résoudre. Il faut savoir trancher, renoncer, opter, ce qui est loin d'être aisé, mais on n'est jamais complètement démuni quand on prend la décision de faire face.
Je suis révoltée par la passivité, le manque de lucidité, les douleurs auxquelles on ne choisit pas d'échapper et qu'on ne fait qu'amplifier par lâcheté. Les pleurs, les fuites, les crises de nerfs peuvent être une phase nécessaire. La commisération, la compassion, l'empathie ont leur vertus, certes, mais provisoires et peu constructives. Elles apaisent, soulagent mais ne résolvent rien. Je suis révoltée par l'autoflagellation, qu'on finit toujours par infliger aussi aux autres. Il ne sert à rien de tendre la main à des gens qui ne veulent pas s'en sortir ; on ne peut venir en aide qu'à des personnes qui ont le courage et un minimum de volonté pour envisager d'être secouru. Et ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de personnes engoncées dans leur malheur et qui crient au secours n'ont pas la moindre envie réelle de mettre la tête hors de l'eau et ne risquent que d'entraîner les autres avec elles. La plus grande générosité des autres ne peut rien contre cela.
Je suis révoltée par la passivité, le manque de lucidité, les douleurs auxquelles on ne choisit pas d'échapper et qu'on ne fait qu'amplifier par lâcheté. Les pleurs, les fuites, les crises de nerfs peuvent être une phase nécessaire. La commisération, la compassion, l'empathie ont leur vertus, certes, mais provisoires et peu constructives. Elles apaisent, soulagent mais ne résolvent rien. Je suis révoltée par l'autoflagellation, qu'on finit toujours par infliger aussi aux autres. Il ne sert à rien de tendre la main à des gens qui ne veulent pas s'en sortir ; on ne peut venir en aide qu'à des personnes qui ont le courage et un minimum de volonté pour envisager d'être secouru. Et ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de personnes engoncées dans leur malheur et qui crient au secours n'ont pas la moindre envie réelle de mettre la tête hors de l'eau et ne risquent que d'entraîner les autres avec elles. La plus grande générosité des autres ne peut rien contre cela.
25 décembre 2006
Chronique philosophe (hic) (2) : les présocratiques
Les "présocratiques" désignent ces philosophes grecs qui ont vécu avant Socrate aux VIe et Ve s. av. JC, méconnus du fait que leurs livres ont disparu et que nous ne les connaissons que par les fragments rapportés par leurs successeurs. Mais leurs réflexions ont été essentielles dans l'histoire de la philosophie. Leur caractéristique générale : ils étaient à la fois philosophes, poètes, savants et esprits religieux.
Thalès s'est interrogé sur la nature des choses, dégagée des réponses toutes faites par la religion, et a répondu : l'eau. De cette volonté de trouver des réponses rationnelles aux questions que l'on se pose sur le monde est née véritablement la philosophie.
Pythagore aurait, selon la tradition, inventé le mot "philosophie" en disant que seuls les dieux ont droit au nom de sage, tandis que les hommes ne peuvent qu'aimer la sagesse, d'où l'étymologie. Mais il est surtout celui qui a dit que tout est nombre : le monde selon lui est un tout harmonieux gouverné par les lois mathématiques.
Par opposition, Héraclite fonde sa conception du monde sur l'éternel mouvement de tout, l'instabilité incessante. Pour lui "la guerre est la mère de toutes choses".
Empédocle a eu une influence considérable dans la mesure où il a établi la liste des 4 éléments qui se partagent la nature, laquelle a perduré au moins juqu'au XVIIIe s. : la terre, l'eau, l'air et le feu.
Anaxagore fut le premier à séparer l'esprit de la matière.
Démocrite, savant encyclopédiste, "inventa" les atomes et l'idée que chaque chose est un agrégat d'atomes et de vide.
Les sophistes, enfin, ne sont pas vraiment des présocratiques puisqu'ils sont contemporains de Socrate. Leur réputation a souffert à travers les siècles du rejet véhiculé par les ouvrages de Platon, jusqu'à des recherches assez récentes qui ont réhabilité leur importance. C'étaient des professeurs d'art oratoire et des démocrates qui défendaient surtout l'idée selon laquelle n'importe quel citoyen bien éduqué était capable de savoir et de gouverner, par opposition à la conception élitiste et hiérarchique de Platon. Autre conception combattue par leur contemporain : leur relativisme et leur scepticisme. Protagoras, le plus célèbre des sophistes, est l'auteur de cette phrase célèbre : "l'homme est la mesure de toutes choses".
Thalès s'est interrogé sur la nature des choses, dégagée des réponses toutes faites par la religion, et a répondu : l'eau. De cette volonté de trouver des réponses rationnelles aux questions que l'on se pose sur le monde est née véritablement la philosophie.
Pythagore aurait, selon la tradition, inventé le mot "philosophie" en disant que seuls les dieux ont droit au nom de sage, tandis que les hommes ne peuvent qu'aimer la sagesse, d'où l'étymologie. Mais il est surtout celui qui a dit que tout est nombre : le monde selon lui est un tout harmonieux gouverné par les lois mathématiques.
Par opposition, Héraclite fonde sa conception du monde sur l'éternel mouvement de tout, l'instabilité incessante. Pour lui "la guerre est la mère de toutes choses".
Empédocle a eu une influence considérable dans la mesure où il a établi la liste des 4 éléments qui se partagent la nature, laquelle a perduré au moins juqu'au XVIIIe s. : la terre, l'eau, l'air et le feu.
Anaxagore fut le premier à séparer l'esprit de la matière.
Démocrite, savant encyclopédiste, "inventa" les atomes et l'idée que chaque chose est un agrégat d'atomes et de vide.
Les sophistes, enfin, ne sont pas vraiment des présocratiques puisqu'ils sont contemporains de Socrate. Leur réputation a souffert à travers les siècles du rejet véhiculé par les ouvrages de Platon, jusqu'à des recherches assez récentes qui ont réhabilité leur importance. C'étaient des professeurs d'art oratoire et des démocrates qui défendaient surtout l'idée selon laquelle n'importe quel citoyen bien éduqué était capable de savoir et de gouverner, par opposition à la conception élitiste et hiérarchique de Platon. Autre conception combattue par leur contemporain : leur relativisme et leur scepticisme. Protagoras, le plus célèbre des sophistes, est l'auteur de cette phrase célèbre : "l'homme est la mesure de toutes choses".
21 décembre 2006
Ce corps qui nous parle
Parfois, notre esprit nous ment, nous fait croire à des mensonges, nous induit en erreur ; ce qui ne nous ment pas, pour peu qu'on sache l'écouter, c'est notre corps. Les réflexes d'attirance comme de répulsion viennent du plus profond de nous-mêmes, crois-je, et à ce tire sont les indicateurs les plus fiables des sentiments réels que nous éprouvons. Avec l'autre le corps peut mentir, tricher, simuler, comme les mots, mais à nous-mêmes, le physique ne ment pas. Sentiments et sensations sont indissociables. L'amour, la haine, l'amitié, la sympathie, la rancoeur, ont nécessairement des répercussions et des traductions physiques même si bien sûr elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde et que nous n'écoutons pas tous notre corps avec la même attention. Mais nous devrions tous écouter plus souvent notre corps plutôt que notre raison qui n'a pas toujours... raison.
20 décembre 2006
Les coups du sort
On ne se "prépare" jamais aux coups de Trafalgar qui peuvent vous tomber dessus sans prévenir. Même si on se dit toujours qu'on aurait dû ou pu anticiper, qu'on devrait se sentir prêt à affronter les catastrophes qui n'arrivent normalement qu'aux autres, c'est faux. La meilleure façon d'encaisser et de ne pas se laisser submerger par les chocs, c'est au contraire de profiter de tout ce qu'il y a de bon dans les périodes propices, parce que l'équilibre acquis est la seule force véritable qui nous permet de faire face intelligemment quand le sol s'effondre sous vos pas. Et de ne pas tomber encore plus bas que la seule situation l'induit.
Et devant les douleurs, je ne connais également qu' une chose qui fasse vraiment du bien : rire. L'humour, la dérision, surtout dans les cas les plus graves, sont salvateurs et bienfaisants, loin devant toutes les paroles de consolation et de réconfort. On cite souvent l'humour violent des médecins, mais c'est évidemment le seul moyen vraiment efficace de ne pas se laisser submerger par toutes les douleurs qu'ils côtoient en permanence.
Carpe diem, carpe diem.
Et devant les douleurs, je ne connais également qu' une chose qui fasse vraiment du bien : rire. L'humour, la dérision, surtout dans les cas les plus graves, sont salvateurs et bienfaisants, loin devant toutes les paroles de consolation et de réconfort. On cite souvent l'humour violent des médecins, mais c'est évidemment le seul moyen vraiment efficace de ne pas se laisser submerger par toutes les douleurs qu'ils côtoient en permanence.
Carpe diem, carpe diem.
16 décembre 2006
Lecture : La Musique du hasard, de Paul Auster
La Musique du hasard raconte la vie d'un américain qui hérite d'une grosse somme et abandonne toutes ses attaches pour partir au volant de sa voiture, jusqu'au jour où il recontre un jeune homme qui vit en jouant au poker. L'histoire (que je n'ai pas racontée) a quelque chose de kafkaïen et c'est probablement ce qui rend ce roman franchement intéressant. Le personnage central dont on partage les sentiments est attachant ; les autres sont surtout étranges, au bord de la caricature, et pourtant consistants et mystérieux. Le récit, de la même manière, est à la fois réaliste et teinté d'absurdité, sans que jamais l'équilibre ne soit rompu. C'est le genre de livre auquel on ne s'attend pas et qui vous habite avec des points d'interrogation une fois refermé.
13 décembre 2006
Youpi : les amitiés
Les plus grands bonheurs de ma vie, je les dois à l'amitié. Parmi les moments les plus délectables, il y a les débuts et puis les moments où l'on contemple cette part de notre existence.
Les frémissements de l'amitié, lorsque l'on sent, lorsque l'on voit, surgir doucement la complicité, la confiance, l'intimité, oh oui on peut parler de vrai plaisir. Quand deux êtres s'ouvrent l'un à l'autre, se rencontrent au sens le plus profond et personnel, leur est livré alors certainement ce que l'on a de plus beau à vivre et à éprouver. Ensuite, c'est dans la durée que s'épanouit l'amitié, dans la persistance évidente, dans le quotidien dont elle est l'un des piliers. On perd de vue parfois combien elle est précieuse et essentielle, parce qu'elle fait partie de notre vie, permanente et rassurante et puis un détail, un clin d'oeil, un rire, nous rappelle quelle chance on a de connaître cette relation.
Sans violence, sans souci de séduire, sans enjeu prédéfini, l'amitié est l'exact contraire de la solitude. Il n'est rien de plus naturel et de plus vital que d'avoir dans sa vie au moins une personne avec laquelle on se sent libre et bien, en confiance et en sérénité.
Les frémissements de l'amitié, lorsque l'on sent, lorsque l'on voit, surgir doucement la complicité, la confiance, l'intimité, oh oui on peut parler de vrai plaisir. Quand deux êtres s'ouvrent l'un à l'autre, se rencontrent au sens le plus profond et personnel, leur est livré alors certainement ce que l'on a de plus beau à vivre et à éprouver. Ensuite, c'est dans la durée que s'épanouit l'amitié, dans la persistance évidente, dans le quotidien dont elle est l'un des piliers. On perd de vue parfois combien elle est précieuse et essentielle, parce qu'elle fait partie de notre vie, permanente et rassurante et puis un détail, un clin d'oeil, un rire, nous rappelle quelle chance on a de connaître cette relation.
Sans violence, sans souci de séduire, sans enjeu prédéfini, l'amitié est l'exact contraire de la solitude. Il n'est rien de plus naturel et de plus vital que d'avoir dans sa vie au moins une personne avec laquelle on se sent libre et bien, en confiance et en sérénité.
10 décembre 2006
Ouille ouille ouille
En bonne caricature de pseudo intellectuelle, je hais le sport, non sans un certain mépris. L'effort physique me paraît une absurdité sans nom, la douleur infligée volontairement et sans finalité une preuve d'indigence mentale. Je ne pratique donc aucun sport. Enfin presque. Le seul qui m'amuse et que j'ai pratiqué à peu près régulièrement ces dernières années c'est le squash. Je n'aurai pas l'indécence de dire que courir après cette minuscule balle en caoutchouc me paraisse plus intelligent et moins masochiste que monter des côtes sur deux roues et une selle de bois, mais j'ai toujours trouvé cela rigolo.
Près d'un an que je n'avais pas joué. Six mois, depuis la fin des travaux dans ma maison, que seuls le maniement de l'aspirateur et l'ascension des trois étages du lycée me faisaient travailler ma musculature. Et j'ai couru après la baballe pendant une heure. J'ai transpiré avec joie !... Mais depuis, ô combien je souffre... J'ai senti s'éveiller le lendemain, tout au long de la journée, des muscles insoupçonnés et tenir un stylo est devenu un effort. Mes gestes sont devenus lourds et gauches et je me sens presque difforme, vu que, si j'ai mal partout, absolument partout, ce n'est pas avec la même acuité mais que je peux dire avec précision où sont mes appuis principaux quand je frappe la balle. Pour couronner le tout, il est près de 5h du matin et je ne dors pas : mon sommeil agité a été réveillé par mes tentatives répétées de mouvements dans le lit. Eternuer m'arrache des cris.
Je tiens à dire que mon partenaire lui aussi est sensiblement dans le même état que moi, bien que faisant régulièrement du sport. Ah lala, j'arrête là mes jérémiades ; ça m'apprendra à faire le bonhomme.
Près d'un an que je n'avais pas joué. Six mois, depuis la fin des travaux dans ma maison, que seuls le maniement de l'aspirateur et l'ascension des trois étages du lycée me faisaient travailler ma musculature. Et j'ai couru après la baballe pendant une heure. J'ai transpiré avec joie !... Mais depuis, ô combien je souffre... J'ai senti s'éveiller le lendemain, tout au long de la journée, des muscles insoupçonnés et tenir un stylo est devenu un effort. Mes gestes sont devenus lourds et gauches et je me sens presque difforme, vu que, si j'ai mal partout, absolument partout, ce n'est pas avec la même acuité mais que je peux dire avec précision où sont mes appuis principaux quand je frappe la balle. Pour couronner le tout, il est près de 5h du matin et je ne dors pas : mon sommeil agité a été réveillé par mes tentatives répétées de mouvements dans le lit. Eternuer m'arrache des cris.
Je tiens à dire que mon partenaire lui aussi est sensiblement dans le même état que moi, bien que faisant régulièrement du sport. Ah lala, j'arrête là mes jérémiades ; ça m'apprendra à faire le bonhomme.
06 décembre 2006
Lecture : Le Guerrier solitaire, de Henning Mankell
Je voulais lire un polar, un de ceux que l'on dévore, dans lequel on s'immerge totalement, en oubliant tout le reste, retrouver un moment d'évasion captivée comme seuls les bons policiers savent le provoquer. Gagné.
Intense sans être frénétique, violent sans excès, psychologique sans être psychologisant, original sans être incroyable, bref, du très bon polar avec tout ce qu'il fait dans la mesure qui convient et en plus cette touche d'exotisme du contexte : la Suède.
J'en veux encore !
03 décembre 2006
Lecture : Rencontre sous X, de Didier van Cauwelaert
Les auteurs à succès de romans français aujourd'hui semblent avoir ceci de commun que leurs ouvrages sont rapides et faciles à lire. Je pense à Amélie Nothomb, à Eric-Emmanuel Schmitt et à Didier van Cauwelaert, dont je viens pour la première fois de lire un ouvrage.
Personnages stéréotypés, bons sentiments, histoire improbable. Certes, ce n'est pas prétentieux comme Schmitt. Et on ne s'ennuie pas vraiment, le style est alerte, non dénué d'humour, mais c'est bien tout ce que je peux y trouver de positif. La quatrième de couverture en fait quelque chose de sociologique qui semble en réalité parfaitement caricatural.
Les histoires égocentriques d'Amélie Nothomb sont mille fois plus jubilatoires, incisives et drôles, que ce type de roman mièvre, pseudo contemporain, et ridicule.
02 décembre 2006
Chronique philosophe (hic) (1) : les grandes périodes
Ah ! Apprendre !... Comprendre !... Découvrir !...
J'ai acheté, il y a quelques semaines de cela, La Philosophie pour les nuls. Et voilà, j'en démarre la lecture. Pour m'aider à en tirer une substantifique moëlle, à en retenir des bribes, à en goûter la signification, je me suis dit : pourquoi ne pas faire comme pour mes lectures un compte-rendu régulier dans mon blog ? Cet exercice fait travailler ma mémoire et mon esprit critique. Je n'ai nullement l'ambition de donner des cours de philo ! Seulement celle de faire faire un peu de gymnastique à mon cerveau...
L'introduction trace les grandes périodes le l'histoire de la philosophie, notant au passage que ce domaine est souvent en retard par rapport aux autres mais c'est peut-être logique si l'on considère qu'elle naît de l'observation.
Les premiers philosophes se caractérisent surtout par des préoccupations métaphysiques et cosmologiques et Socrate vient rompre au Ve s. av. JC cette première forme en s'intéressant à des questions plus pratiques, plus "terre à terre", comme le bien et la justice.
La période médiévale constitue une rupture avec l'avènement du christianisme : la pensée est bouleversée par l'idée de Dieu créateur, de foi, de vie après la mort, etc...
Le XVIIe s. et le XVIIIe s. voient un changement marquant dans la philosophie avec l'entrée en scène de l'étude de la nature, de l'individualisme.
Le XIXe s. se démarque par une multiplication de philosophes majeurs et des pensées sur le monde. Le XXe siècle, et à plus forte raison le XXIe s., est encore plus difficile à percevoir dans son ensemble mais ne manque pas de philosoph(i)es.
J'ai acheté, il y a quelques semaines de cela, La Philosophie pour les nuls. Et voilà, j'en démarre la lecture. Pour m'aider à en tirer une substantifique moëlle, à en retenir des bribes, à en goûter la signification, je me suis dit : pourquoi ne pas faire comme pour mes lectures un compte-rendu régulier dans mon blog ? Cet exercice fait travailler ma mémoire et mon esprit critique. Je n'ai nullement l'ambition de donner des cours de philo ! Seulement celle de faire faire un peu de gymnastique à mon cerveau...
L'introduction trace les grandes périodes le l'histoire de la philosophie, notant au passage que ce domaine est souvent en retard par rapport aux autres mais c'est peut-être logique si l'on considère qu'elle naît de l'observation.
Les premiers philosophes se caractérisent surtout par des préoccupations métaphysiques et cosmologiques et Socrate vient rompre au Ve s. av. JC cette première forme en s'intéressant à des questions plus pratiques, plus "terre à terre", comme le bien et la justice.
La période médiévale constitue une rupture avec l'avènement du christianisme : la pensée est bouleversée par l'idée de Dieu créateur, de foi, de vie après la mort, etc...
Le XVIIe s. et le XVIIIe s. voient un changement marquant dans la philosophie avec l'entrée en scène de l'étude de la nature, de l'individualisme.
Le XIXe s. se démarque par une multiplication de philosophes majeurs et des pensées sur le monde. Le XXe siècle, et à plus forte raison le XXIe s., est encore plus difficile à percevoir dans son ensemble mais ne manque pas de philosoph(i)es.
25 novembre 2006
Pensée du soir
Une des clefs du bien être est sans doute l'humilité. Avec le temps, pour ne pas dire l'âge, j'apprends à me défaire des hautes aspirations vers lesquelles le conformisme me guidait. Et il n'en résulte nulle amertume, bien au contraire, plutôt de la liberté et de la légèreté. Humilité n'est nullement synonyme de renoncement ou d'infériorité. Se rendre compte des joies que l'on a à portée de main au lieu de se lamenter de ce que l'on n'a pas est une force.
Avec nos cerveaux surdimensionnés, nos existences prennent à nos yeux une importance démesurée et dérisoire, à y bien regarder. Ce que l'on a de mieux à faire de nos vies c'est d'être heureux et chaque minute à ne pas l'être est une minute perdue.
Avec nos cerveaux surdimensionnés, nos existences prennent à nos yeux une importance démesurée et dérisoire, à y bien regarder. Ce que l'on a de mieux à faire de nos vies c'est d'être heureux et chaque minute à ne pas l'être est une minute perdue.
17 novembre 2006
Mpff...
Directive officielle du rectorat, donc du ministère de l'Education, donc de la politique actuelle de notre pays en ce qui concerne l'éducation des citoyens : 80 % d'une classe d'âge doit aller jusqu'en terminale, et 65 % obtenir le bac. L'objectif n'est donc pas de permettre à l'élève de choisir, de progresser, ni même d'apprendre, mais de le garder à l'école jusqu'à un certain âge. Ces chiffres signifient la quasi disparition des filières technologiques et professionnelles (qui ferment déjà les unes après les autres depuis quelques années), au profit d'une scolarité de masse qui ne profitera ni aux plus faibles ni aux plus forts. Cette scolarité de masse où l'élève n'a plus rien à faire pour passer dans les classes supérieures, pour s'orienter, ne peut pas être productive. C'est la disparition de l'effort, de l'émulation, de l'investissement de l'élève, c'est la mort de l'enseignement. Et je n'ose parler des répercussions sur le monde du travail, sur la société, de cette marée informe de jeunes adultes qui sortiront (sortent?) des lycées- fourmilières.
Et puis : demander au professeur d'être là après les cours pour les élèves est dépasser le rôle de l'enseignant, perdre de vue sa "mission" qui est de faire apprendre un savoir et des compétences. C'est décharger le rôle de la famille. Bien sûr que les enseignants sont là pour aider les élèves au besoin, et ils le font. Pourquoi systématiser cela ? Pourquoi redéfinir le rôle de l'enseignant comme un auxiliaire de la vie de l'enfant/adolescent ? Cette confusion des rôles et des fonctions est dramatique. Comment donner envie d'apprendre quand on sait que les notes ne signifient plus rien, que les professeurs n'ont aucun pouvoir ? Comment rester ne serait-ce que crédible face à une classe dans ces conditions ? Entre l'image de plus en plus galvaudée de l'enseignant feignant et mécontent, et la réalité décadente sur le terrain, le métier va devenir de plus en plus irrespirable et dénué de sens.

Et puis : demander au professeur d'être là après les cours pour les élèves est dépasser le rôle de l'enseignant, perdre de vue sa "mission" qui est de faire apprendre un savoir et des compétences. C'est décharger le rôle de la famille. Bien sûr que les enseignants sont là pour aider les élèves au besoin, et ils le font. Pourquoi systématiser cela ? Pourquoi redéfinir le rôle de l'enseignant comme un auxiliaire de la vie de l'enfant/adolescent ? Cette confusion des rôles et des fonctions est dramatique. Comment donner envie d'apprendre quand on sait que les notes ne signifient plus rien, que les professeurs n'ont aucun pouvoir ? Comment rester ne serait-ce que crédible face à une classe dans ces conditions ? Entre l'image de plus en plus galvaudée de l'enseignant feignant et mécontent, et la réalité décadente sur le terrain, le métier va devenir de plus en plus irrespirable et dénué de sens.
14 novembre 2006
Lecture : Orgueil et préjugés, de Jane Austen
Oui, Orgueil et préjugés, c'est une histoire d'amour dans l'aristocratie anglaise du début du XIXe siècle, avec ses galanteries excessives, ses bals, ses promenades, son oisiveté, ses intrigues amoureuses, ses querelles nobiliaires, etc. Et c'est beau, c'est prenant, c'est plein d'un humour cynique, de tempéraments, et la prose est délicieuse. Je ne sais si l'on doit cette dernière à l'auteur ou au traducteur, ou aux deux, mais les phrases longues et denses glissent délicieusement. Et ce n'est même pas obsolète, malgré le contexte : l'héroïne ne paraît pas datée une seconde, dans la mesure où c'est une femme indépendante et cultivée, même si elle évolue dans un milieu où la femme est surtout frivole. Bref, que du bonheur.
12 novembre 2006
Comment se faire des électeurs...
C'est pas un scoop, mais la phrase surtout que j'aime bien, c'est quand elle dit "je veux pas encore le crier sur les toits". Cela nous donne envie de l'écouter, hein ?
09 novembre 2006
Blog
Un nouveau blog découvert, il s'appelle "Chronique Education" et il propose régulièrement une revue de presse sur le thème de l'éducation. De quoi se mettre au courant de ce qui se passe dans le domaine et d'avoir des avis différents.
06 novembre 2006
Parler
L'homme n'est pas le seul être vivant à s'exprimer, mais sans doute à le faire avec autant de complexités. Je ne sais plus qui a dit : "la parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée", pour Sartre, "parler c'est agir", Sade a dit qu'on apprenait qu'en écoutant, pour les psychanalystes la parole est un instrument d'émancipation, etc etc. On a tous fait l'expérience des vertus et des méfaits de la parole, des liens qu'elle tisse, et des incompréhensions qu'elle fait naître. La parole trompe souvent, mais elle est souvent indispensable. En fait, c'est peut-être Sade qui a raison : dans la parole, ce qui compte c'est l'écoute. C'est une écoute attentive (des propos d'autrui comme de ses propres paroles) qui permet de savoir ce qu'il y a à entendre et à comprendre. Seule l'écoute donne du sens.
05 novembre 2006
Une histoire de déception
Quand j'ai commencé mes travaux chez moi, un collègue en plein désarroi sentimental est venu m'aider chez moi. On a sympathisé et passé plein de bons moments ensemble. J'ai beaucoup bénéficié de son aide au début puis, première déception, il n'a pas tenu un certain engagement et j'ai failli me retrouver dans la mouise mais heureusement j'ai des vrais amis qui ont été là quand il fallait. A partir de là, j'ai cessé de compter sur ses promesses initiales et le temps qu'il continuait à passer chez moi était essentiellement consacré à ses propres travaux sur ses propres affaires, qu'il ne pouvait faire dans son appartement. On a néanmoins continué à passer des moments agréables. Et puis à la fin du mois de juin, juste avant de partir en vacances, une fausse manoeuvre lui fait casser dans ma cuisine mon micro-ondes et ma cafetière, plus divers objets qui se trouvaient dans le périmètre. Quand je l'ai mal pris, c'est moi qui me suis fait insulter pour mon ingratitude. A la rentrée, no comment de part et d'autre, amabilité, politesse. Et puis un message disant qu'il avait toujours eu "envie de moi". Voilà qui ne m'intéresse pas beaucoup. Je finis par demander au bout de quatre mois s'il compte me dédommager un jour ou si j'attends le père Noël pour espérer une cuisine à nouveau équipée. Et c'est à nouveau lui l'offensé et moi l'impolie cyclothymique.
C'est sûr : si j'avais prêté mon c***, j'aurais évité bien des désagréments !...
C'est sûr : si j'avais prêté mon c***, j'aurais évité bien des désagréments !...
04 novembre 2006
Panne d'électricité
Il est un peu plus de 22 heures ; j'étais sagement en train de lire un polar dont l'action se passe au Moyen Orient lorsque plouf tout s'éteint. Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive, sauf que cette fois, c'est pas ma faute ! Tout est plongé dans le noir autour de chez moi, ou presque puisque la lune presque pleine projette sa lumière crue et blanche sur les maisons et le sol au-dessus duquel flottent les volutes d'air givrant.
J'écris à la lumière de l'écran de l'ordinateur, avant que la batterie ne rende l'âme... C'est angoissant, cette absence d'électricité inexpliquée. Et mon chauffage fonctionne à l'électricité... hum... Je vais aller me réfugier sous ma couette, pour faire comme si le noir était un choix délibéré. Et poursuivre dans mes rêves l'enquête au confins du désert syrien.
J'écris à la lumière de l'écran de l'ordinateur, avant que la batterie ne rende l'âme... C'est angoissant, cette absence d'électricité inexpliquée. Et mon chauffage fonctionne à l'électricité... hum... Je vais aller me réfugier sous ma couette, pour faire comme si le noir était un choix délibéré. Et poursuivre dans mes rêves l'enquête au confins du désert syrien.
03 novembre 2006
Retour aux réalités
Il est rare que lorsqu'on prend un billet d'avion on ne prenne que l'aller. Faut pas se plaindre, me dira-t-on, y'en a qui partent jamais en vacances, qui n'en ont pas, gnagnagna... D'ailleurs je ne me plains pas, j'offre à cette tribune mes jérémiades que personne n'est obligée de lire.
J'ai donc repris l'avion, ô joie, pour revenir, ô beurk, vers mes sushis, oups soucis voulais-je dire, quotidiens. A propos de soucis, oups de sushis, j'ai pas arrêté de bouffer : en Tchéquie, j'ai mangé tchèque, mais aussi japonais et mexicain. Miam miam. Sauf que mes muscles se sont tellement amollis que je n'arrive plus à démarrer la tondeuse, une des déconvenues de cette journée de retour. Parmi les autres, je cite en vrac : le procès contre mon ancien propriétaire que j'ai assigné en justice parce qu'il ne m'a pas rendu ma caution, les coups de fils à l'électricien qui ne m'a toujours pas branché le radiateur de ma cuisine, le menuisier qui ne vient pas refaire ma véranda pleine de trous d'air, la visite du couvreur qui viendra "dès que possible" réparer mon toit qui fuit dans ma cuisine, les histoires de famille qui se creusent et s'abîment.
Et j'ai même pas repris le boulot encore...
Ok, j'ai quand même passé de bonnes vacances, je suis quand même contente de retrouver ma maison à moi que j'ai, de revoir ce week-end des gens que j'aime, je suis en bonne santé, et y'a même du soleil ! La vie est belle, quoi.
J'ai donc repris l'avion, ô joie, pour revenir, ô beurk, vers mes sushis, oups soucis voulais-je dire, quotidiens. A propos de soucis, oups de sushis, j'ai pas arrêté de bouffer : en Tchéquie, j'ai mangé tchèque, mais aussi japonais et mexicain. Miam miam. Sauf que mes muscles se sont tellement amollis que je n'arrive plus à démarrer la tondeuse, une des déconvenues de cette journée de retour. Parmi les autres, je cite en vrac : le procès contre mon ancien propriétaire que j'ai assigné en justice parce qu'il ne m'a pas rendu ma caution, les coups de fils à l'électricien qui ne m'a toujours pas branché le radiateur de ma cuisine, le menuisier qui ne vient pas refaire ma véranda pleine de trous d'air, la visite du couvreur qui viendra "dès que possible" réparer mon toit qui fuit dans ma cuisine, les histoires de famille qui se creusent et s'abîment.
Et j'ai même pas repris le boulot encore...
Ok, j'ai quand même passé de bonnes vacances, je suis quand même contente de retrouver ma maison à moi que j'ai, de revoir ce week-end des gens que j'aime, je suis en bonne santé, et y'a même du soleil ! La vie est belle, quoi.
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