23 avril 2007

Lecture : Le Monde perdu, de Michaël Crichton

J'ai lu il y a quelques années, Jurassic park, dont Le Monde perdu est la suite, et ma critique vaut pour les deux. Contrairement à ce quoi je m'attendais, j'ai pris beaucoup de plaisir à leur lecture.
J'avais vu la première version cinématographique et je m'attendais à la même indigence mais non. Le roman est beaucoup plus touffu, et même riche. Certes, la psychologie des personnages est sommaire et l'histoire bâtie sur des rebondissements à l'américaine, c'est-à-dire incessants, incroyables et captivants. Mais on apprend beaucoup de choses sur les dinosaures et la réflexion sur la prétention de l'être humain à vouloir bouleverser l'ordre naturel des choses est loin d'être idiote, à mon avis. Tout cela disparaît dans le film, mais dans le livre j'ai compris ce qu'était "la théorie du chaos". Bref, deux ouvrages (surtout le premier, plus surprenant, évidemment) qui combleront les amateurs d'histoires fantastiques non dénuées d'une certaine érudition !

17 avril 2007

Lecture : Les Cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini

Il s'agit d'un poncif, certes, mais les poncifs ne sont pas toujours faux : rien de tel que la littérature pour voyager.
Les Cerfs-volants de Kaboul offrent un voyage dans l'Afghanistan contemporain : on y perçoit la culture, les moeurs et la langue (les mots afghans sont agréablement disséminés dans les dialogues), au travers de l'histoire d'un enfant de riche qui grandit auprès d'un autre garçon, à la fois son serviteur et son frère. Immersion dans un monde étranger et en même temps familier, dans une histoire d'ailleurs et de tout temps.

13 avril 2007

Vendredi 13...

Sans être superstitieuse, une tuile un vendredi 13, ça interroge... Et une fuite d'eau non réparable (équivalent à une excédent de 130 m3 d'eau) une veille de départ en vacances, c'en est une belle, non ?
Histoire de conjurer le sort, j'ai biné tout mon potager et trouvé des petits pieds de haricots que je croyais sans avenir. J'ai les mains toutes cloquées mais je ne pouvais pas en rester à cette avanie ! Il n'empêche que me voilà bien emmerdée. Et qu'on est un vendredi 13. Allez hop, au lit ; et que l'on passe au samedi 14.

09 avril 2007

Lecture : Souvenirs d'un pas grand chose, de Charles Bukowski

Bukowski fait partie de ces noms d'auteur que j'avais l'impression de connaître depuis longtemps sans avoir jamais rien lu. Un nom familier auquel étaient rattachées des idées toutes faites du genre : style cru, alcool, scandale. Et puis un jour, l'occasion de me faire une idée plus précise, sinon personnelle, en lisant, pourquoi pas, son autobiographie.
On suit le parcours d'Henry Chinaski, dans les années 30 aux Etats-Unis, et son parcours de misère, de violence et de solitude. Parcours exemplaire dans la noirceur et pourtant, ce qui en ressort et en fait probablement l'originalité, c'est l'absence de lamentation, de plainte et la froideur du personnage. On voit s'éveiller l'envie d'être écrivain mais pas de passion ni de réelle ambition : c'est l'histoire triste d'un fils unique qui grandit dans un milieu violent parce que pauvre, dans une famille sans amour, et qui ne se reconnaît en personne. L'histoire d'une très grande solitude presque intrinsèque qui ne trouve de refuge que dans l'alcool.
Sans avoir lu son oeuvre, il me semble au travers de ce récit que les idées toutes faites ne sont pas loin de la réalité.

05 avril 2007

Première marche

Y'a des moments où on est mûr pour les plaisirs, où on a l'énergie et la légèreté qu'il faut ; et il y en a d'autres où il est préférable de laisser ses désirs en attente, où l'essentiel est de limiter la casse. S'isoler, trouver les moyens de se calmer, de s'imperméabiliser aux angoisses, de se tenir hors de portée des énervements et de tout ce qui fragilise, voilà les priorités, et ce n'est pas toujours une tâche facile. Savoir qu'on n'est pas bien, sans réconforter, c'est la première marche qu'il ne faut pas louper pour aller mieux.

04 avril 2007

J'veux pas d'enfant

Parce que je veux pas être responsable d'une vie ; je veux pas servir de modèle et de repère ; je veux pas léguer à un autre individu toutes mes peurs conscientes et inconscientes, mes travers et mes noirceurs ; parce que je veux pas le faire pour avoir seulement une chance d'avoir quelqu'un pour m'occuper de moi quand j'en serai plus capable ; je veux pas m'accrocher à quelqu'un qui me resssemble ; je veux pas avoir peur de pas aimer la chair de ma chair ; je veux pas des complexes d'oedipe, des crises d'adolescence, des conflits et des reproches ; je veux pas me demander si je fais bien ou mal en permanence ; je veux pas être ni une bonne ni une mauvaise mère ; je veux pas ne plus disposer de mon temps à moi rien qu'à moi ; je veux pas des insomnies, des maladies, des pleurs ; je veux pas des discussions monomaniaques avec d'autres mères ; je veux pas essayer de réaliser mes rêves au travers de quelqu'un d'autre ; je veux pas lutter pour faire surtout pas comme mes parents ; je veux pas d'enfant.

Lecture : L'Aliéniste, de Caleb Carr

Sans laisser un souvenir impérissable, voilà un pavé de près de 500 pages qui se lit sans déplaisir. A la fin du XIXe siècle, à New York, se produisent des meurtres atroces de jeunes prostitués. Une équipe composée d'un journaliste, d'un médecin psychiatre aux théories dérangeantes pour l'époque, d'une femme soucieuse de montrer que son sexe est capable d'autre chose que ce à quoi on le cantonne, et de deux policiers aux méthodes d'investigation et d'analyse modernes, décident de mener l'enquête. Situer ce polar à cette époque et choisir ces personnages laissait croire que ce contexte prendrait une place importante dans l'intérêt du récit et on est finalement un peu déçu : cette bonne idée de départ ne m'a pas paru véritablement exploitée. Mais il n'en reste pas moins que la dimension policière du récit est bien menée et que l'on ne s'ennuie pas une seconde.

02 avril 2007

Banalité, certes, mais...

Dieu que c'est bon, l'arrivée de l'été ! Les fenêtres encore ouvertes à sept heures du soir, le crépuscule lumineux, le bruit des tondeuses, le chant des oiseaux, la douceur de l'air tôt le matin... Remettre des lunettes de soleil ! Abandonner les collants ! Se nourrir de tomates-moza ! Sentir la caresse de l'air par la fenêtre quand le réveil sonne... Ah lala, j'en passe et des meilleures, mais l'existence n'a vraiment pas la même saveur quand le beau temps pointe son nez.

29 mars 2007

Chronique philosophe (hic) (3) : Socrate et Platon

Au Ve s. av. JC, en Grèce, Socrate n'écrit rien (comme Bouddha et Jésus) mais réinvente la philosophie et fait naître la philosophie occidentale, en centrant sa réflexion uniquement sur le plan humain, se conformant ainsi à l'étymologie du mot : amour de la sagesse, la philo-sophia a pour objectif de trouver le moyen de bien vivre. Les divinités, les réflexions sur le cosmos, sortent du champ. Et pour cela, il faut comprendre l'essence des choses.
Le monde dans lequel nous vivons est double : d'un côté le monde sensible, changeant, mortel et de l'autre, le monde intelligible, celui des Idées, qui échappe au temps et au mouvement. Le premier permet d'accéder au second qui est le seul réel et vrai. L'amour physique n'est ainsi qu'une étape pour parvenir à l'amour du Bien. Et le gouvernement idéal n'est pas une démocratie (le régime en place à l'époque) mais un gouvernement de philosophes éclairés.
On connaît Socrate par son disciple Platon qui a voué sa vie à son maître : le jeune aristocrate qui voulait être poète tragique a suivi l'enseignement de Socrate, puis, à la mort de celui-ci (condamné à mort pour blasphème et tentative de corruption de la jeunesse) il couche sur le papier ses leçons, livrant ainsi pour les siècles qui l'ont suivi une colossale pensée, à la fois cohérente et multiple.

24 mars 2007

Lecture : La Fascination du pire, de Florian Zeller

Avis positif mais sans enthousiasme. J'ai bien aimé la pirouette finale, cet énigmatique effet de manche qui clôt le récit de ce voyage de deux auteurs au Caire pour une série de conférences. Ce qui m'a en fait dérangé, c'est que je n'ai pas su ce que l'auteur voulait vraiment raconter. L'histoire part dans plusieurs directions sans qu'aucune aboutisse véritablement : portraits ? réflexions sur l'amour ? fiction moderne sur les rapports de l'orient et de l'occident ? Il y a de tout cela et d'autres sujets encore, pas inintéressants au demeurant, mais on ne sait pas quel est le véritable propos.

22 mars 2007

Lecture : Les Jours fragiles, de Philippe Besson

Ce roman sous forme de journal intime raconte les derniers mois de la vie de Rimbaud au travers de sa soeur Isabelle, avec qui il a partagé son agonie. J'aime la pudeur et l'humilité de l'auteur dans son ambition de faire vivre un grand auteur comme dans En l'absence des hommes avec Marcel Proust. J'aime également sa prose lyrique, son attention aux sentiments sans verser dans l'analyse psychologique. Mais j'ai été ici moins émue par les personnages que dans l'ouvrage lu précédemment. Celui d'Isabelle Rimbaud notamment m'a paru manquer d'unité : à la fois désuet et moderne. Quant au poète, je ne l'ai pas trouvé aussi sympathique et coloré que j'aurais aimé. Lecture de parti pris, certes, mais quelle lecture ne l'est pas, surtout lorsque l'on a déjà une image du sujet !

20 mars 2007

"Les chercheuses de poux", de Rimbaud, 1871.

Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l’enfant auprès d’une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs
Et, dans ses lourds cheveux où tombe la rosée,
Promène leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter, parmi ses grises indolences,
Sous leurs ongles royaux, la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer :
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

17 mars 2007

Chronologie sommaire de l'Antiquité Egyptienne

- Période archaïque : de 3000 à 2660 av. JC env.
Unification de la Haute et Basse Egypte qui seraient à l'origin e des peuples différents.
Première Dynastie de pharaons.
- Ancien Empire : de 2660 à 2180 env.
Commence avec la IIIe Dynastie, jusqu'à la VIe.
Pharaon célèbre : Djoser, à qui l'on doit la construction de la première grande pyramide, celle de Saqqarah, conçue par l'architecte Imhotep.
- Première période intermédiaire : de 2180 à 2040 env.
Période de chaos, sous les VIIe et VIIIe Dynasties.
- Moyen Empire : de 2040 à 1780 env.
Période de renouveau et de conquêtes, de la IXe à la XIIe Dynastie.
- Deuxième période intermédiaire : de 1780 à 1560 env.
Période très méconnue, de la XIIIe à la XVIIe Dynastie.
Invasion des Hyksos, qui prennent le pouvoir.
- Nouvel Empire : de 1560 à 1070 env.
De la XVIIIe à la XXe Dynastie.
Période faste, de prospérité, de conquêtes et d'arts.
Règne de la reine Hatchepsout, d'Aménophis IV-Akhenaton (et sa femme Néfertiti) qui tente l'instauration d'un monothéisme, de Ramsès II qui réduit les Hébreux en esclavage et provoque leur exode conduit par Moïse.
Le dernier paharaon de cette période est Toutankhamon, mort dans des circonstances mystérieuses à 18 ans et dont la tombe a été découverte à la fin des années 20.
- Basse époque : de 1070 env. à 332
XXIe à XXXe Dynastie.
Décadence progressive de l'Empire égyptien qui se voit plusieurs fois dominé par les Perses, jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332.
- Période hellénistique : 332 - 30 av. JC
L'Egypte s'affaiblit de plus en plus, jusqu'à devenir une province romaine. Cléopâtre (VII) est la dernière reine.

16 mars 2007

Citation

"C'est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces femmes qui vivaient dans l'espérance, sur le gage d'une seule lettre d'amour, quand l'autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots avaient alors une force redoutable puisqu'ils décidaient des vies. On attendait, et on faisait confiance même sans nouvelle de l'autre pendant des périodes infinies. Aujourd'hui on commence à paniquer dès qu'on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il ? Pourquoi ne répond-elle pas ? Avec qui est-il ? L'angoisse a gagné du terrain. Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la fin de l'attente, c'est-à-dire de la confiance et du silence".
Florian Zeller, La Fascination du pire.

14 mars 2007

Anniversaire

Cela fait un an jour pour jour que je suis propriétaire. L'occasion de me congratuler un peu pour cette décision, pour toutes celles qui ont suivi concernant les travaux, et pour le résultat. Pas une seconde je ne regrette ce que j'ai entrepris et je suis fière d'avoir accompli tout cela. Aujourd'hui je suis bien dans ma maison choisie et arrangée par mes soins. Du beau boulot pour mon home sweet home.

13 mars 2007

Des larmes

J'ai tardivement compris ce que les larmes ont de sain et de réparateur. Pleurer était signe de faiblesse, était laid, et inutile. Mais non. Pleurer libère et apaise. Mais ne pleure pas qui veut. Certaines douleurs, certaines tensions restent nouées au niveau de la gorge et l'incapacité à pleurer revient à dire que le mal ne s'évacue pas, reste en dedans, à tourner. Bien sûr, il ne suffit pas de verser des larmes pour que les soucis disparaissent mais ils sont un premier pas pour aller de l'avant. Aujourd'hui je reconnais le soulagement de pleurer, mais je n'y parviens pas. Les bleus à l'âme prennent parfois du temps pour commencer à se résorber. C'est con, j'ai pas un petit Elephant man à me mettre sous l'oeil... Un oignon peut-être ?

11 mars 2007

Lecture : Cul de sac, de Douglas Kennedy


Cela ne vaut pas du John Irving, mais on passe un agréable moment.
Le récit raconte l'incroyable voyage d'un américain parti à l'aventure en Australie sur un coup de tête et qui se retrouve marié et prisonnier dans une communauté d'affreux en plein bush. Les personnages souvent ne brillent pas pas la finesse de leur portrait (la jeune épousée et son père en particulier, la soeur au coeur tendre non plus) mais l'ensemble se laisse lire avec plaisir pour l'humour et l'action.

09 mars 2007

"Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous"

Il me semble parfois que pour se faire entendre, il faut se taire, et que pour obtenir ce que l'on désire, il est également plus efficace de laisser les autres agir.
Ceux qui parlent, qui expliquent, délibèrent, se mettent en colère, demandent, sont ceux qui agissent. Et ceux qui n'obtiennent souvent rien. En face, ceux qui laissent dire et ne font preuve que de patience, obtiennent en général ce qu'ils veulent. Je me souviens d'une amie qui vantait les mérites d'un médecin qui, devant la maladie de sa mère, au contraire des autres, "ne s'était pas trompé". En réalité, s'il ne s'était pas trompé, c'était uniquement parce que c'était le seul à ne pas s'être prononcé.
Parler est souvent utile et même indispensable, mais il est de nombreux cas où c'est aussi s'exposer, se mettre en danger et... se faire avoir.

08 mars 2007

Les parents aiment-ils nécessairement leurs enfants ?

Admettons qu'aimer signifie éprouver de l'intérêt, de l'attachement, du goût pour quelqu'un, et que le plus souvent cette attirance, sans être parfaitement fortuite, revêt toujours une forme de découverte (et de plaisir). Aimer, c'est aimer l'autre, même si ce n'est pas que cela.
Il y a déjà une forme de prévision dans l'amour qu'est censé porter un parent à son enfant, autrement dit cet amour est prémédité, pensé avant la présence de l'autre ; ensuite, il peut être déçu ou confirmé.
Il n'est pas de relation plus soumise à des schémas préétablis que les relations entre parents et enfants. Il est communément admis que les parents doivent aimer leurs enfants. Pourtant, est-ce nécessairement le cas ? Ne le confond-on pas souvent plutôt avec le lien du sang, ou le sentiment de devoir, de filiation et le poids des préjugés ? Je crois que tous les parents n'aiment pas leurs enfants, et que tous les enfants (mais là, la tradition l'envisage davantage) n'aiment pas leurs parents. Mais dans le premier cas, les ravages sont bien plus importants car il est indubitable qu'on a besoin d'amour pour grandir et devenir soi, d'être aimé pour aimer à son tour.

06 mars 2007

Citation de circonstance

"La grande amitié n'est jamais tranquille".
Mme de Sévigné

Expirateur

Y'a les aspirateurs, que tout le monde connaît n'est-ce pas. Et dans l'ordre d'idée exactement inverse, il y a l'expirateur. L'aspirateur a pour fonction d'aspirer poussières, déchets microscopiques et ainsi d'assainir en ôtant les polluants de notre environnement, je n'apprends rien à personne. L'expirateur a pour fonction, lui, d'évacuer les déchets qui sont à l'intérieur. Il est moins célèbre que sont pendant mais a une fonction très utile également puisque chacun sait que nous emmagasinons en nous-mêmes un certain nombre de détritus micoroscopiques plus ou moins toxiques, du type idées noires, questions sans réponses, images obsédantes, envie de suicide, certitude de notre non valeur, etc. L'expirateur a donc un rôle fondamental qui est d'expulser ces parasites et d'assainir, lui aussi. Il se présente sous la forme de loisirs, de lectures, voyages, de conversations, de proximité avec des entités positives de type amical, etc. A utiliser sans modération.

04 mars 2007

Courage fuyons

La douleur rend aveugle et la gentillesse ne paie pas toujours.
La tentation guette tout le monde de s'enfermer dans sa façon de penser, dans son égocentrisme, dans son unique point de vue. Les circonstances, les rencontres, l'intelligence aussi sont des facteurs qui permettent de ne pas succomber à ce travers. La souffrance quant à elle l'accentue. Quand on a mal et que la douleur submerge l'être, il est très difficile de parvenir à prendre de la distance, à se regarder avec lucidité ni même à porter attention à un tiers. Et en plus de se faire encore plus mal à soi-même, on fait mal aux autres. La spirale de douleur dans laquelle on est entraîné, une fois franchi un certain cap, ne cherche plus qu'à entraîner les autres avec soi ; les mieux intentionnés étant les victimes les plus faciles. La commisération est inutile et dangereuse auprès de gens qui ont perdu le contact avec autre chose que leur propre problème. Toute générosité n'est pas bonne à prodiguer.

26 février 2007

Un site rigolo

Sans faire dans la nostalgie bêtasse, voilà un site sympathique qui promet de bons moments aux trentenaires...

Lecture : Mma Ramotswe détective, d'Alexander mac Call Smith

Premier opus d'une série, Mma Ramotswe détective raconte comment l'héroïne éponyme en est arrivée à devenir la première femme détective du Botswana, ainsi que ses premières enquêtes. Le personnage est sympathique, il n'est pas désagréable non plus de se retrouver plongé dans la chaleur africaine, et la lecture est plaisante ; mais le récit est un peu trop léger à mon goût, presqu'enfantin, avec ces petites intrigues rapidement et aisément dénouées. Et puis il est souvent question de serpents, beurk.

24 février 2007

Lecture : En l'absence des hommes, de Philippe Besson

Première publication de cet auteur que je ne connaissais pas, ce roman raconte l'histoire d'un jeune homme de seize ans qui, en 1916, fait simultanément deux rencontres décisives : celle de l'amour dans les bras du jeune soldat Arthur et d'une amitié ambiguë auprès de Marcel Proust âgé de 45 ans. Il y a un peu du Diable au corps bien sûr à cause du contexte de la Grande Guerre et des amours interdites et sensuelles, mais la comparaison s'arrête là. L'homosexualité est traitée ici de façon à la fois très crue et jamais brutale, impudique et érotique, romantique et belle. L'auteur écrit à la fois à la première et à la seconde personne du singulier : la narrateur s'adresse aux deux hommes de son histoire, mais en leur parlant intérieurement. C'est un roman sur le silence, sur différents figures du silence, le plus souvent bienfaisantes. Et un grand mérite : faire vivre et parler Proust avec crédibilité et sans prétention en même temps.

20 février 2007

De la fragilité

Sommes nous tous fragiles ?
J'ai assisté au dernier jour d'un procès pour double homicide : un homme d'une cinquantaine d'années a assassiné sa femme et l'amant de celle-ci, à coups de fusil. Il n'a jamais nié, n'a pas remis en cause la préméditation, ne s'est même pas défendu. Il paraissait hébété et n'a prononcé que quelques mots pour demander pardon à la famille de l'homme qu'il avait tué et à ses propres enfants. L'avocate de la partie civile dans son réquisitoire l'a accusé d'insensibilité et de narcissisme, elle a rejeté l'idée de "crime passionnel", reprenant l'analyse du psychiatre qui avait expliqué que cet homme avait été en gros été obsédé par sa propre douleur d'avoir été trompé et abandonné. Tout faisait de lui un assassin brutal. Il a été condamné à 30 ans de prison.
Pourtant, le déroulement des faits et même le portrait et l'attitude de l'accusé m'ont donné l'impression d'un homme qui avait perdu les pédales, pas le jour du meurtre mais pendant une longue période, que la douleur avait rendu progressivement fou, jusqu'à son geste ultime ; d'un homme pris dans un engrenage fait de sentiment d'injustice, de solitude, de trahison, de souffrance intime. Jusqu'au meurtre atroce.
A sa place, qu'est-ce qui nous aurait retenu ? Ce qui est arrivé à cet époux routier, père de famille, sans histoire jusque-là, est au départ d'une consternante banalité ; sa personnalité ne m'a pas semblé véritablement atypique non plus. L'éducation, la culture, l'intelligence sont-elles véritablement des garantes pour nous empêcher de franchir les limites ? Qu'est-ce qui nous rend plus fort pour ne pas succomber à la colère ou à la douleur ?

18 février 2007

Dimanche

Lorsque j'étais gamine et même adolescente, je détestais les dimanches, qui étaient synonymes d'ennui, de paralysie et d'enfermement. Mon frère me rappelait il y a quelque temps que nous ne faisions rien ces jours-là et je n'ai effectivement aucun souvenir dominical, hormis le respect dû aux grasses matinées de mon père, la messe et les déjeuners guindés chez mes grands-parents.
J'ai mis du temps mais j'apprécie beaucoup plus le dimanche aujourd'hui. Ils ne débordent pas beaucoup plus d'activités, mais la nonchalance, la lenteur, le calme de ce jour me sont devenus agréables. C'est une journée qui s'étire en longueur sans horaire prédéfini et qui pemet de faire ou ne pas faire, au gré des envies et de l'énergie. Et dimanche n'est plus synonyme d'ennui.

11 février 2007

Perle d'élève

Rien de plus ch*** que corriger des copies. C'est vraiment le plus ennuyeux dans ce métier, mais parfois c'est l'occasion de fous rires mémorables. Le dernier en date émane d'une copie de bac blanc d'élève de première, plutôt consciencieux, plus précisément d'une conclusion de dissertation sur l'engagement en littérature:
" Le dialogue argumentatif lance un ultime-atome au lecteur alors que l'essai lui laisse le temps de la réflexion".
Explosif, non ?

06 février 2007

De la jalousie

La jalousie est un sentiment très étrange et très puissant. Elle résulte d'un manque de confiance en soi peut-être plus qu'en l'autre et je comprends qu'il rende dingue. C'est un film de Chabrol je crois, qui dépeint cela à merveille : "L'Enfer", avec François Cluzet. Dans mon souvenir, on y voit un mari devenir de plus en plus obsédé et littéralement fou, au point qu'il ne sait plus discerner le vrai du faux (et le spectateur non plus). La jalousie déforme, et c'est en cela qu'elle est dangereuse. On s'éloigne de la vérité tout en voulant à toute force faire preuve de lucidité et d'objectivité. Et la jalousie est liée à cette envie, ce besoin (?) de posséder tout ou partie de celui qu'on aime, de ce sentiment d'appartenance et de dépendance qui est si lié aux sentiments amoureux et si malsain pourtant. Croire que l'on est perdu sans l'autre parce qu'on l'aime (et inversement) ! Il est vrai que les personnes que l'on aime profondément font partie de nous-mêmes : c'est ce qui les différencie des gens que l'on aime superficiellement, eux en gros disparaissent de notre esprit aussitôt qu'ils ont disparu de notre vue. En revanche les personnes que l'on aime font partie de notre existence mentale, de notre âme, et sont ainsi une partie constituante de notre existence. Mais cela ne nous donne aucun droit sur eux, même pas de regard. Même la part en eux qui nous aime ne nous concerne pas et leur appartient complètement. Mais on y tient tellement !

05 février 2007

Ce qui différencie l'être humain de la bête, c'est sa prétention à vouloir justifier son existence.

30 janvier 2007

Réflexion citoyenne

Oh rien d'original. Je me fais simplement le relais d'une réflexion qui me paraît importante, à la veille de cette loi qui interdit de fumer dans tous les lieux publics. Que penser d'une société qui se met à légiférer sur des règles de savoir vivre ?
Je fume très peu, les atmosphères enfumées me dérangent parfois mais rien ne m'oblige à les subir. Ce qui me dérange bien plus gravement, c'est l'impolitesse de quelqu'un qui va venir fumer son clope sous mon nez le matin ou quelqu'un qui fume en voiture avec ses enfants à l'arrière. Mais il est question d'éducation : ce n'est pas le rôle de l'Etat d'intervenir dans des affaires privées. Le tabagisme passif est une réalité et il est du ressort de la Santé Publique d'informer des risques, mais pas de promulguer des lois sur des comportements individuels.
L'Etat tend à se substituer de plus en plus à la mise en place et au contrôle de structures dans lesquelles le citoyen doit lui-même trouver sa place. Sous couvert de prétendues "sécurité", "protection", "égalité" même, nos libertés personnelles semblent de plus en plus entravées.

24 janvier 2007

Prendre, donner, partager

Savoir prendre, c'est déjà bien. Discerner le bon grain de l'ivraie, recevoir et profiter : une des grandes choses que l'existence nous offre et on ne sait pas toujours les voir.
Donner : pas simple non plus, et essentiel pourtant. Ni trop ni trop peu, au bon moment, ce qu'il faut. Nécessite de l'attention. Apporte beaucoup, même sans retour. Peu de gens savent donner.
Partager : le plus complexe, évidemment. Ne se calcule pas. Ressemble à un miracle. Evanescent.

La vie n'a de sens que dans l'échange, que sous forme dynamique. Comme le temps qui n'est jamais immobile.

21 janvier 2007

Grosse fatigue

Y'a un moment où y'en a marre. Où le plus petit désagrément supplémentaire donne envie de tout foutre en l'air. Où on arrive au bout de ce que l'on peut supporter. Où la bonne volonté, les efforts de lucidité, les tentatives d'enthousiasme et de détournement d'attention n'arrivent plus. La situation n'est pas forcément pire que la veille, elle n'est peut-être même pas catastrophique, seulement on est fatigué, fatigué, fatigué. Et la bouteille à moitié pleine a disparu du champ de vision parce que les paupières sont trop lourdes pour voir au-dessus du niveau de ce qui est plein. Je n'ai plus le courage de me raccrocher aux bons conseils, aux gentillesses, aux éléments positifs. Il ne reste que l'envie de se vautrer dans le désespoir, les lamentations, le tout va mal, c'est si facile et c'est si proche.
Bon, c'est pas rigolo tout ça, hein ? Vivement ce soir qu'on se couche.

16 janvier 2007

Un ami

Un ami, c'est :
- quelqu'un qu'on peut appeler sans avoir rien à lui dire
- quelqu'un à qui on peut dire qu'il a morceau de salade collé sur une dent sans qu'il se sente gêné
- quelqu'un qu'on a l'impression de connaître depuis la nuit des temps
- quelqu'un qu'on a envie d'épouser de temps en temps
- quelqu'un avec qui on peut ne pas parler
- quelqu'un qui vous habite en permanence
- quelqu'un à qui on fait attention
- quelqu'un avec qui on rit
- quelqu'un avec qui on se repose
- quelqu'un dont on ne se lasse pas
- quelqu'un dont on ne craint pas le regard
- quelqu'un à qui on n'a jamais besoin de dire de ne pas répéter les secrets
- quelqu'un qui se suffit à lui-même
- quelqu'un avec qui le temps ne compte pas
- quelqu'un qu'on peut recevoir en pyjama pas lavé
- quelqu'un qu'on n'échangerait contre personne d'autre.
Et j'en oublie certainement...

11 janvier 2007

Une théorie

Le verbe aimer est complexe car il regroupe des sentiments très divers. En ce qui concerne les sentiments éprouvés pour autrui, il me semble qu'on peut les différencier par rapport à l'origine qu'ils ont dans notre corps :
- son enfant, on l'aime avec sa chair
- son amant(e), on l'aime avec son ventre
- son ami(e), on l'aime avec son esprit, son intelligence
- sa famille, on l'aime avec sa mémoire, peut-être son sang

Interrogation égotiste

Le médecin consulté aujourd'hui m'a posé délicatement une question : "vous avez du soutien autour de vous ?". Un peu et bêtement gênée, j'ai répondu que je n'étais pas seule. Et puis j'ai compris le sens de sa question et j'ai ajouté : "je suis célibataire, si c'est cela que vous vouliez me demander". Elle a ri et aquiescé.
Oui, je suis célibataire, et depuis longtemps, et je sais bien que je fuis de plus en plus l'idée même de couple. Je n'ai pas de projet, pas d'envie particulière concernant mon avenir. J'ai des amis ; un boulot ; une maison ; des occupations. Ai-je une vie pauvre ?

09 janvier 2007

Du mieux pour soi-même

En cas de trouble ressenti en soi, la difficulté consiste souvent à savoir choisir entre plusieurs options : faire la sourde oreille et opter pour la fuite en avant ? S'écouter et tâcher de comprendre ? Ou bien s'en remettre à quelqu'un d'autre ?
Il n'est pas toujours aisé de savoir quelle solution est la bonne. Parfois, réagir par l'action, se mettre à fond dans le travail par exemple, est salutaire. A d'autres moments, il est indispensable d'effectuer un repli sur soi, de se questionner et de prendre soin de soi avant tout. Et d'autres fois encore, on n'est pas en mesure d'avoir assez de lucidité et le mieux est d'interroger quelqu'un d'extérieur, comme un médecin.
La clef de voûte du bien être je crois, c'est le repos. Quand le sommeil va mal, tout se dérègle. Cet abandon de soi quotidien est une nécessité absolue et un indicateur majeur de notre santé morale et physique. Notre corps et notre conscience sont comme une machine qui a besoin d'être régulièrement rechargée, sinon elle dysfonctionne. Simpliste, certes, mais les solutions aux problèmes compliqués ne sont pas forcément compliquées elles aussi. Bien au contraire.

07 janvier 2007

Seule, de Barbara

Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien,
Comme un ciel déserté,
Une terre sans soleil,
Comme pays perdu
Sans couleur,
Sans clarté,
Sans étoile,
Egarée
Comme épave perdue,
Comme épave perdue,

Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien

Comme épave perdue,
Je me cogne et me brise,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule...

06 janvier 2007

Irrésolutions

Nous avons changé d'année et je n'ai encore rien vu. J'aime bien, généralement, les bilans et les résolutions mais je vis beaucoup trop au jour le jour depuis trois semaines pour y consacrer un dixième de neurone.
Moment de pause chez moi au milieu de la tourmente des soucis d'ordres médical, familial, pratique. J'écoute et perçois silence et calme alors que c'est plutôt la tempête dehors. Mais à l'intérieur de moi il y a silence et calme. Je prends un peu de distance et je me prépare à penser un peu plus loin. Il ne m'est jamais arrivé je crois d'être autant mise au supplice par la moindre décision dérisoire à prendre ces derniers temps. Mais je sais écouter les signes et c'est celui du grand trouble qui me bouleverse même si je fais front. Alors j'essaie de détendre et de dénouer, et pour cela, la lutte est contre-indiquée. La fuite n'est pas toujours une lâcheté, loin de là, mais au contraire une solution sage. Il n'y a que la paix qui prépare aux bonnes décisions et aide à la lutte efficace.
Plus le temps passe (l'âge !) et plus tout m'apprend combien les réponses à tous les problèmes résident en des choses parfaitement simples. Ce qui ne signifie pas qu'il soit toujours simple d'y parvenir, mais se débarrasser des faux questionnements et des complications inutiles, c'est déjà un grand pas de fait vers le bien être.
Alors je souhaite à tous ceux qui le veulent et à tous ceux qui en ont le courage, de connaître en 2007 (voire plus si affinités), le bien être.

31 décembre 2006

2006 : the End

La nuit vient de tomber pour la dernière fois de l'année 2006. La prochaine fois que nous verrons le soleil, nous serons en 2007. Il ne s'agit que de quelques heures, bien peu différentes des nuits précédentes, mais sur le plan symbolique pourtant, celle-ci résonne autrement. Une nouvelle année c'est un nouveau départ, c'est le début d'autre chose, une perspective d'avenir ; voilà sans doute à quoi sert le calendrier. Bergson explique, je crois, que le temps et la durée n'ont pas grand chose à voir : le temps est une donnée objective, linéaire, tandis que la durée est notre perception subjective du temps et sans doute la seule que nous ayons.
Si cette année s'achève en marasme pour moi, l'ensemble de l'année a été positif et constructif ; et si 2007 s'ouvre sur beaucoup d'angoisses, je veux croire aux bonnes surprises, aux découvertes enrichissantes.
Cela a l'air très con, mais je crois que ce qui compte c'est d'aller toujours de l'avant. Le pire comme le meilleur ont cette vertu commune. Il n'est rien de pire que l'immobilisme ; l'immobilisme c'est la mort. On a tous des épreuves à vivre, nul n'est épargné. Tant qu'il y a de la vie, il y a de la force.
En avant 2007.

28 décembre 2006

De la souplesse de l'esprit

Il y a une souplesse de l'esprit comme il y a une souplesse du corps. On n'a pas tous les mêmes dons au départ pour faire plier son corps à des mouvements divers et variés mais avec de l'exercice, on est tous capable d'agrandir ses mouvements. Pour l'âme, c'est pareil. D'aucuns ont une faculté naturelle à voir, à s'ouvrir, à d'adapter, mais ils sont susceptibles aussi de se raidir et de rendre leur esprit rigide et étroit. Ceux qui n'ont pas eu la chance par leur éducation, leur environnement, leur intellect peut-être aussi, de s'ouvrir, sont néanmoins capables par des exercices d'élargir, d'enrichir, leur vision des choses, leur existence quotidienne.
Il faut entretenir son esprit comme il faut entretenir son corps.

26 décembre 2006

Situations inextricables ?

Je ne crois pas qu'il existe de situations inextricables. Ce qui les rend épouvantables c'est souvent l'incapacité que l'on ressent à faire des choix, c'est là qu'est la difficulté, mais il n'y a pas de situation impossible à résoudre. Il faut savoir trancher, renoncer, opter, ce qui est loin d'être aisé, mais on n'est jamais complètement démuni quand on prend la décision de faire face.
Je suis révoltée par la passivité, le manque de lucidité, les douleurs auxquelles on ne choisit pas d'échapper et qu'on ne fait qu'amplifier par lâcheté. Les pleurs, les fuites, les crises de nerfs peuvent être une phase nécessaire. La commisération, la compassion, l'empathie ont leur vertus, certes, mais provisoires et peu constructives. Elles apaisent, soulagent mais ne résolvent rien. Je suis révoltée par l'autoflagellation, qu'on finit toujours par infliger aussi aux autres. Il ne sert à rien de tendre la main à des gens qui ne veulent pas s'en sortir ; on ne peut venir en aide qu'à des personnes qui ont le courage et un minimum de volonté pour envisager d'être secouru. Et ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de personnes engoncées dans leur malheur et qui crient au secours n'ont pas la moindre envie réelle de mettre la tête hors de l'eau et ne risquent que d'entraîner les autres avec elles. La plus grande générosité des autres ne peut rien contre cela.

25 décembre 2006

Chronique philosophe (hic) (2) : les présocratiques

Les "présocratiques" désignent ces philosophes grecs qui ont vécu avant Socrate aux VIe et Ve s. av. JC, méconnus du fait que leurs livres ont disparu et que nous ne les connaissons que par les fragments rapportés par leurs successeurs. Mais leurs réflexions ont été essentielles dans l'histoire de la philosophie. Leur caractéristique générale : ils étaient à la fois philosophes, poètes, savants et esprits religieux.
Thalès s'est interrogé sur la nature des choses, dégagée des réponses toutes faites par la religion, et a répondu : l'eau. De cette volonté de trouver des réponses rationnelles aux questions que l'on se pose sur le monde est née véritablement la philosophie.
Pythagore aurait, selon la tradition, inventé le mot "philosophie" en disant que seuls les dieux ont droit au nom de sage, tandis que les hommes ne peuvent qu'aimer la sagesse, d'où l'étymologie. Mais il est surtout celui qui a dit que tout est nombre : le monde selon lui est un tout harmonieux gouverné par les lois mathématiques.
Par opposition, Héraclite fonde sa conception du monde sur l'éternel mouvement de tout, l'instabilité incessante. Pour lui "la guerre est la mère de toutes choses".
Empédocle a eu une influence considérable dans la mesure où il a établi la liste des 4 éléments qui se partagent la nature, laquelle a perduré au moins juqu'au XVIIIe s. : la terre, l'eau, l'air et le feu.
Anaxagore fut le premier à séparer l'esprit de la matière.
Démocrite, savant encyclopédiste, "inventa" les atomes et l'idée que chaque chose est un agrégat d'atomes et de vide.
Les sophistes, enfin, ne sont pas vraiment des présocratiques puisqu'ils sont contemporains de Socrate. Leur réputation a souffert à travers les siècles du rejet véhiculé par les ouvrages de Platon, jusqu'à des recherches assez récentes qui ont réhabilité leur importance. C'étaient des professeurs d'art oratoire et des démocrates qui défendaient surtout l'idée selon laquelle n'importe quel citoyen bien éduqué était capable de savoir et de gouverner, par opposition à la conception élitiste et hiérarchique de Platon. Autre conception combattue par leur contemporain : leur relativisme et leur scepticisme. Protagoras, le plus célèbre des sophistes, est l'auteur de cette phrase célèbre : "l'homme est la mesure de toutes choses".

21 décembre 2006

Ce corps qui nous parle

Parfois, notre esprit nous ment, nous fait croire à des mensonges, nous induit en erreur ; ce qui ne nous ment pas, pour peu qu'on sache l'écouter, c'est notre corps. Les réflexes d'attirance comme de répulsion viennent du plus profond de nous-mêmes, crois-je, et à ce tire sont les indicateurs les plus fiables des sentiments réels que nous éprouvons. Avec l'autre le corps peut mentir, tricher, simuler, comme les mots, mais à nous-mêmes, le physique ne ment pas. Sentiments et sensations sont indissociables. L'amour, la haine, l'amitié, la sympathie, la rancoeur, ont nécessairement des répercussions et des traductions physiques même si bien sûr elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde et que nous n'écoutons pas tous notre corps avec la même attention. Mais nous devrions tous écouter plus souvent notre corps plutôt que notre raison qui n'a pas toujours... raison.

20 décembre 2006

Les coups du sort

On ne se "prépare" jamais aux coups de Trafalgar qui peuvent vous tomber dessus sans prévenir. Même si on se dit toujours qu'on aurait dû ou pu anticiper, qu'on devrait se sentir prêt à affronter les catastrophes qui n'arrivent normalement qu'aux autres, c'est faux. La meilleure façon d'encaisser et de ne pas se laisser submerger par les chocs, c'est au contraire de profiter de tout ce qu'il y a de bon dans les périodes propices, parce que l'équilibre acquis est la seule force véritable qui nous permet de faire face intelligemment quand le sol s'effondre sous vos pas. Et de ne pas tomber encore plus bas que la seule situation l'induit.
Et devant les douleurs, je ne connais également qu' une chose qui fasse vraiment du bien : rire. L'humour, la dérision, surtout dans les cas les plus graves, sont salvateurs et bienfaisants, loin devant toutes les paroles de consolation et de réconfort. On cite souvent l'humour violent des médecins, mais c'est évidemment le seul moyen vraiment efficace de ne pas se laisser submerger par toutes les douleurs qu'ils côtoient en permanence.
Carpe diem, carpe diem.

16 décembre 2006

Lecture : La Musique du hasard, de Paul Auster

C'est le titre du livre qui m'a séduite avant de le lire. Du Paul Auster, j'en avais déjà lu mais n'en avais gardé quasiment aucun souvenir. Ce qu'aujourd'hui je ne m'explique pas bien. Mais ce n'est pas tout à fait le propos.
La Musique du hasard raconte la vie d'un américain qui hérite d'une grosse somme et abandonne toutes ses attaches pour partir au volant de sa voiture, jusqu'au jour où il recontre un jeune homme qui vit en jouant au poker. L'histoire (que je n'ai pas racontée) a quelque chose de kafkaïen et c'est probablement ce qui rend ce roman franchement intéressant. Le personnage central dont on partage les sentiments est attachant ; les autres sont surtout étranges, au bord de la caricature, et pourtant consistants et mystérieux. Le récit, de la même manière, est à la fois réaliste et teinté d'absurdité, sans que jamais l'équilibre ne soit rompu. C'est le genre de livre auquel on ne s'attend pas et qui vous habite avec des points d'interrogation une fois refermé.

13 décembre 2006

Youpi : les amitiés

Les plus grands bonheurs de ma vie, je les dois à l'amitié. Parmi les moments les plus délectables, il y a les débuts et puis les moments où l'on contemple cette part de notre existence.
Les frémissements de l'amitié, lorsque l'on sent, lorsque l'on voit, surgir doucement la complicité, la confiance, l'intimité, oh oui on peut parler de vrai plaisir. Quand deux êtres s'ouvrent l'un à l'autre, se rencontrent au sens le plus profond et personnel, leur est livré alors certainement ce que l'on a de plus beau à vivre et à éprouver. Ensuite, c'est dans la durée que s'épanouit l'amitié, dans la persistance évidente, dans le quotidien dont elle est l'un des piliers. On perd de vue parfois combien elle est précieuse et essentielle, parce qu'elle fait partie de notre vie, permanente et rassurante et puis un détail, un clin d'oeil, un rire, nous rappelle quelle chance on a de connaître cette relation.
Sans violence, sans souci de séduire, sans enjeu prédéfini, l'amitié est l'exact contraire de la solitude. Il n'est rien de plus naturel et de plus vital que d'avoir dans sa vie au moins une personne avec laquelle on se sent libre et bien, en confiance et en sérénité.

10 décembre 2006

Ouille ouille ouille

En bonne caricature de pseudo intellectuelle, je hais le sport, non sans un certain mépris. L'effort physique me paraît une absurdité sans nom, la douleur infligée volontairement et sans finalité une preuve d'indigence mentale. Je ne pratique donc aucun sport. Enfin presque. Le seul qui m'amuse et que j'ai pratiqué à peu près régulièrement ces dernières années c'est le squash. Je n'aurai pas l'indécence de dire que courir après cette minuscule balle en caoutchouc me paraisse plus intelligent et moins masochiste que monter des côtes sur deux roues et une selle de bois, mais j'ai toujours trouvé cela rigolo.
Près d'un an que je n'avais pas joué. Six mois, depuis la fin des travaux dans ma maison, que seuls le maniement de l'aspirateur et l'ascension des trois étages du lycée me faisaient travailler ma musculature. Et j'ai couru après la baballe pendant une heure. J'ai transpiré avec joie !... Mais depuis, ô combien je souffre... J'ai senti s'éveiller le lendemain, tout au long de la journée, des muscles insoupçonnés et tenir un stylo est devenu un effort. Mes gestes sont devenus lourds et gauches et je me sens presque difforme, vu que, si j'ai mal partout, absolument partout, ce n'est pas avec la même acuité mais que je peux dire avec précision où sont mes appuis principaux quand je frappe la balle. Pour couronner le tout, il est près de 5h du matin et je ne dors pas : mon sommeil agité a été réveillé par mes tentatives répétées de mouvements dans le lit. Eternuer m'arrache des cris.
Je tiens à dire que mon partenaire lui aussi est sensiblement dans le même état que moi, bien que faisant régulièrement du sport. Ah lala, j'arrête là mes jérémiades ; ça m'apprendra à faire le bonhomme.

06 décembre 2006

Lecture : Le Guerrier solitaire, de Henning Mankell


Je voulais lire un polar, un de ceux que l'on dévore, dans lequel on s'immerge totalement, en oubliant tout le reste, retrouver un moment d'évasion captivée comme seuls les bons policiers savent le provoquer. Gagné.
Intense sans être frénétique, violent sans excès, psychologique sans être psychologisant, original sans être incroyable, bref, du très bon polar avec tout ce qu'il fait dans la mesure qui convient et en plus cette touche d'exotisme du contexte : la Suède.
J'en veux encore !

03 décembre 2006

Lecture : Rencontre sous X, de Didier van Cauwelaert


Les auteurs à succès de romans français aujourd'hui semblent avoir ceci de commun que leurs ouvrages sont rapides et faciles à lire. Je pense à Amélie Nothomb, à Eric-Emmanuel Schmitt et à Didier van Cauwelaert, dont je viens pour la première fois de lire un ouvrage.
Personnages stéréotypés, bons sentiments, histoire improbable. Certes, ce n'est pas prétentieux comme Schmitt. Et on ne s'ennuie pas vraiment, le style est alerte, non dénué d'humour, mais c'est bien tout ce que je peux y trouver de positif. La quatrième de couverture en fait quelque chose de sociologique qui semble en réalité parfaitement caricatural.
Les histoires égocentriques d'Amélie Nothomb sont mille fois plus jubilatoires, incisives et drôles, que ce type de roman mièvre, pseudo contemporain, et ridicule.

02 décembre 2006

Chronique philosophe (hic) (1) : les grandes périodes

Ah ! Apprendre !... Comprendre !... Découvrir !...
J'ai acheté, il y a quelques semaines de cela, La Philosophie pour les nuls. Et voilà, j'en démarre la lecture. Pour m'aider à en tirer une substantifique moëlle, à en retenir des bribes, à en goûter la signification, je me suis dit : pourquoi ne pas faire comme pour mes lectures un compte-rendu régulier dans mon blog ? Cet exercice fait travailler ma mémoire et mon esprit critique. Je n'ai nullement l'ambition de donner des cours de philo ! Seulement celle de faire faire un peu de gymnastique à mon cerveau...

L'introduction trace les grandes périodes le l'histoire de la philosophie, notant au passage que ce domaine est souvent en retard par rapport aux autres mais c'est peut-être logique si l'on considère qu'elle naît de l'observation.
Les premiers philosophes se caractérisent surtout par des préoccupations métaphysiques et cosmologiques et Socrate vient rompre au Ve s. av. JC cette première forme en s'intéressant à des questions plus pratiques, plus "terre à terre", comme le bien et la justice.
La période médiévale constitue une rupture avec l'avènement du christianisme : la pensée est bouleversée par l'idée de Dieu créateur, de foi, de vie après la mort, etc...
Le XVIIe s. et le XVIIIe s. voient un changement marquant dans la philosophie avec l'entrée en scène de l'étude de la nature, de l'individualisme.
Le XIXe s. se démarque par une multiplication de philosophes majeurs et des pensées sur le monde. Le XXe siècle, et à plus forte raison le XXIe s., est encore plus difficile à percevoir dans son ensemble mais ne manque pas de philosoph(i)es.

25 novembre 2006

Pensée du soir

Une des clefs du bien être est sans doute l'humilité. Avec le temps, pour ne pas dire l'âge, j'apprends à me défaire des hautes aspirations vers lesquelles le conformisme me guidait. Et il n'en résulte nulle amertume, bien au contraire, plutôt de la liberté et de la légèreté. Humilité n'est nullement synonyme de renoncement ou d'infériorité. Se rendre compte des joies que l'on a à portée de main au lieu de se lamenter de ce que l'on n'a pas est une force.
Avec nos cerveaux surdimensionnés, nos existences prennent à nos yeux une importance démesurée et dérisoire, à y bien regarder. Ce que l'on a de mieux à faire de nos vies c'est d'être heureux et chaque minute à ne pas l'être est une minute perdue.

17 novembre 2006

Mpff...

Directive officielle du rectorat, donc du ministère de l'Education, donc de la politique actuelle de notre pays en ce qui concerne l'éducation des citoyens : 80 % d'une classe d'âge doit aller jusqu'en terminale, et 65 % obtenir le bac. L'objectif n'est donc pas de permettre à l'élève de choisir, de progresser, ni même d'apprendre, mais de le garder à l'école jusqu'à un certain âge. Ces chiffres signifient la quasi disparition des filières technologiques et professionnelles (qui ferment déjà les unes après les autres depuis quelques années), au profit d'une scolarité de masse qui ne profitera ni aux plus faibles ni aux plus forts. Cette scolarité de masse où l'élève n'a plus rien à faire pour passer dans les classes supérieures, pour s'orienter, ne peut pas être productive. C'est la disparition de l'effort, de l'émulation, de l'investissement de l'élève, c'est la mort de l'enseignement. Et je n'ose parler des répercussions sur le monde du travail, sur la société, de cette marée informe de jeunes adultes qui sortiront (sortent?) des lycées- fourmilières.
Et puis : demander au professeur d'être là après les cours pour les élèves est dépasser le rôle de l'enseignant, perdre de vue sa "mission" qui est de faire apprendre un savoir et des compétences. C'est décharger le rôle de la famille. Bien sûr que les enseignants sont là pour aider les élèves au besoin, et ils le font. Pourquoi systématiser cela ? Pourquoi redéfinir le rôle de l'enseignant comme un auxiliaire de la vie de l'enfant/adolescent ? Cette confusion des rôles et des fonctions est dramatique. Comment donner envie d'apprendre quand on sait que les notes ne signifient plus rien, que les professeurs n'ont aucun pouvoir ? Comment rester ne serait-ce que crédible face à une classe dans ces conditions ? Entre l'image de plus en plus galvaudée de l'enseignant feignant et mécontent, et la réalité décadente sur le terrain, le métier va devenir de plus en plus irrespirable et dénué de sens.

14 novembre 2006

Lecture : Orgueil et préjugés, de Jane Austen

De la littérature de gonzesse ? Pas seulement. Une histoire mièvre ? Pas vraiment. A l'eau de rose ? Certes. Prévisible et sans intérêt ? Certainement pas.
Oui, Orgueil et préjugés, c'est une histoire d'amour dans l'aristocratie anglaise du début du XIXe siècle, avec ses galanteries excessives, ses bals, ses promenades, son oisiveté, ses intrigues amoureuses, ses querelles nobiliaires, etc. Et c'est beau, c'est prenant, c'est plein d'un humour cynique, de tempéraments, et la prose est délicieuse. Je ne sais si l'on doit cette dernière à l'auteur ou au traducteur, ou aux deux, mais les phrases longues et denses glissent délicieusement. Et ce n'est même pas obsolète, malgré le contexte : l'héroïne ne paraît pas datée une seconde, dans la mesure où c'est une femme indépendante et cultivée, même si elle évolue dans un milieu où la femme est surtout frivole. Bref, que du bonheur.

12 novembre 2006

Comment se faire des électeurs...

C'est pas un scoop, mais la phrase surtout que j'aime bien, c'est quand elle dit "je veux pas encore le crier sur les toits". Cela nous donne envie de l'écouter, hein ?

09 novembre 2006

Blog

Un nouveau blog découvert, il s'appelle "Chronique Education" et il propose régulièrement une revue de presse sur le thème de l'éducation. De quoi se mettre au courant de ce qui se passe dans le domaine et d'avoir des avis différents.

06 novembre 2006

Parler

L'homme n'est pas le seul être vivant à s'exprimer, mais sans doute à le faire avec autant de complexités. Je ne sais plus qui a dit : "la parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée", pour Sartre, "parler c'est agir", Sade a dit qu'on apprenait qu'en écoutant, pour les psychanalystes la parole est un instrument d'émancipation, etc etc. On a tous fait l'expérience des vertus et des méfaits de la parole, des liens qu'elle tisse, et des incompréhensions qu'elle fait naître. La parole trompe souvent, mais elle est souvent indispensable. En fait, c'est peut-être Sade qui a raison : dans la parole, ce qui compte c'est l'écoute. C'est une écoute attentive (des propos d'autrui comme de ses propres paroles) qui permet de savoir ce qu'il y a à entendre et à comprendre. Seule l'écoute donne du sens.

05 novembre 2006

Une histoire de déception

Quand j'ai commencé mes travaux chez moi, un collègue en plein désarroi sentimental est venu m'aider chez moi. On a sympathisé et passé plein de bons moments ensemble. J'ai beaucoup bénéficié de son aide au début puis, première déception, il n'a pas tenu un certain engagement et j'ai failli me retrouver dans la mouise mais heureusement j'ai des vrais amis qui ont été là quand il fallait. A partir de là, j'ai cessé de compter sur ses promesses initiales et le temps qu'il continuait à passer chez moi était essentiellement consacré à ses propres travaux sur ses propres affaires, qu'il ne pouvait faire dans son appartement. On a néanmoins continué à passer des moments agréables. Et puis à la fin du mois de juin, juste avant de partir en vacances, une fausse manoeuvre lui fait casser dans ma cuisine mon micro-ondes et ma cafetière, plus divers objets qui se trouvaient dans le périmètre. Quand je l'ai mal pris, c'est moi qui me suis fait insulter pour mon ingratitude. A la rentrée, no comment de part et d'autre, amabilité, politesse. Et puis un message disant qu'il avait toujours eu "envie de moi". Voilà qui ne m'intéresse pas beaucoup. Je finis par demander au bout de quatre mois s'il compte me dédommager un jour ou si j'attends le père Noël pour espérer une cuisine à nouveau équipée. Et c'est à nouveau lui l'offensé et moi l'impolie cyclothymique.
C'est sûr : si j'avais prêté mon c***, j'aurais évité bien des désagréments !...

04 novembre 2006

Panne d'électricité

Il est un peu plus de 22 heures ; j'étais sagement en train de lire un polar dont l'action se passe au Moyen Orient lorsque plouf tout s'éteint. Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive, sauf que cette fois, c'est pas ma faute ! Tout est plongé dans le noir autour de chez moi, ou presque puisque la lune presque pleine projette sa lumière crue et blanche sur les maisons et le sol au-dessus duquel flottent les volutes d'air givrant.
J'écris à la lumière de l'écran de l'ordinateur, avant que la batterie ne rende l'âme... C'est angoissant, cette absence d'électricité inexpliquée. Et mon chauffage fonctionne à l'électricité... hum... Je vais aller me réfugier sous ma couette, pour faire comme si le noir était un choix délibéré. Et poursuivre dans mes rêves l'enquête au confins du désert syrien.

03 novembre 2006

Retour aux réalités

Il est rare que lorsqu'on prend un billet d'avion on ne prenne que l'aller. Faut pas se plaindre, me dira-t-on, y'en a qui partent jamais en vacances, qui n'en ont pas, gnagnagna... D'ailleurs je ne me plains pas, j'offre à cette tribune mes jérémiades que personne n'est obligée de lire.
J'ai donc repris l'avion, ô joie, pour revenir, ô beurk, vers mes sushis, oups soucis voulais-je dire, quotidiens. A propos de soucis, oups de sushis, j'ai pas arrêté de bouffer : en Tchéquie, j'ai mangé tchèque, mais aussi japonais et mexicain. Miam miam. Sauf que mes muscles se sont tellement amollis que je n'arrive plus à démarrer la tondeuse, une des déconvenues de cette journée de retour. Parmi les autres, je cite en vrac : le procès contre mon ancien propriétaire que j'ai assigné en justice parce qu'il ne m'a pas rendu ma caution, les coups de fils à l'électricien qui ne m'a toujours pas branché le radiateur de ma cuisine, le menuisier qui ne vient pas refaire ma véranda pleine de trous d'air, la visite du couvreur qui viendra "dès que possible" réparer mon toit qui fuit dans ma cuisine, les histoires de famille qui se creusent et s'abîment.
Et j'ai même pas repris le boulot encore...
Ok, j'ai quand même passé de bonnes vacances, je suis quand même contente de retrouver ma maison à moi que j'ai, de revoir ce week-end des gens que j'aime, je suis en bonne santé, et y'a même du soleil ! La vie est belle, quoi.

31 octobre 2006

Lecture : American psycho, de Bret Easton Ellis

J'avais été fascinée par Lunar Park, dans lequel il était question de cet ouvrage qui a fait la célébrité sulfureuse de l'auteur. J'appréhendais de le lire, compte tenu de sa réputation et en même temps, bien sûr, j'étais attirée. L'occasion s'est présentée et je l'ai lu en 5 jours.
C'est un livre étrange. Oui, il y a des scènes de tortures insoutenables et d'ailleurs je n'ai pas pu tout lire, j'en ai zappé quelques-unes à la fin. Mais ce n'est ni la raison de rejeter le livre ni de le lire. Le personnage principal, Patrick Bateman, jeune goldenboy newyorkais qui passe sa vie dans les restaurants branchés et les boîtes de nuit, en compagnie de gens qui se confondent les uns les autres la plupart du temps, est obsédé par les marques de vêtements et d'objets. Et la nuit, il massacre des filles. Il ne se passe au fond pas grand chose, les événements et les propos se répètent : descriptions de soirées ennuyeuses, longs chapitres sur des albums de musique, sur des tenues vestimentaires, entrecoupés de scènes de tortures... Et pourtant on ne s'ennuie jamais. Ce qui est fascinant dans ce roman je crois, c'est l'obsession du personnage pour les choses matérielles, la vie pleine d'incohérences et d'hystéries du monde dans lequel il vit, c'est le lent crescendo dans l'attitude criminelle et la folie du "héros", et les rares moments où il parle de ses sentiments, de lui-même (ce qui contribue grandement à l'impression d'étrangeté de la narration puisque l'histoire est écrite à la première personne du singulier).
Je ne sais pas ce que Bret Easton Ellis a voulu "dire"dans ce roman ; on dit qu'il dénonce, comme le titre l'indique c'est vrai, les travers de la société américaine contemporaine, complètement artificielle. Pour ma part, j'ai été surtout sensible à la froideur du personnage, à l'impossibilité pour le lecteur ni d'éprouver de la compassion ni un rejet total. C'est un roman dont il est difficile de parler je crois, parce que, comme pour Lunar Park, il est inclassable et dérangeant, et pas seulement pour les scènes d'horreur.

28 octobre 2006

Youpi : l'avion

J'adôôôôôre les voyages en avion, et tout particulièrement les décollages... Ah ! entendre le moteur vrombir puis sentir la poussée de l'accélération, avant que de voir par le hublot et de percevoir dans tout son corps le mastodonte s'élever en une gracieuse diagonale ! Ah! l'impression d'écrasement, de vertige lorsque l'on franchit des paliers dans l'atmosphère et que l'avion vire ! Et puis le paysage d'en haut, tout qui devient si petit, si plat, si dérisoire ! J'ai vu des poissons fantasmagoriques, des visages d'extraterrestres, dans les lumières des villes...
Et puis en décollant, quelle que soit la destination, on laisse ses infiltrations d'eau dans les gaines électriques, ses habitudes et ses questionnements, son quotidien et sa liste de choses à faire...

25 octobre 2006

Sororité

A l'âge des mensonges enfantins, je m'étais inventé un grand frère, blond, aux cheveux frisés, baptisé Charles. Il était presque adulte, il était fort, il me protégeait et je l'adulais. Aujourd'hui, j'aurais voulu une soeur aînée. Elle aurait trois enfants, elle ne me ressemblerait pas, elle me ferait rire, elle me comprendrait et elle serait là quoi qu'il arrive. Comme deux petits pois d'une même cosse, nous serions liées intrinsèquement. Les membres d'un même tribu ne naissent pas toujours sous le même toit, dit une amie à moi. Il est vrai qu'on n'est pas obligé d'aimer sa famille et qu'on n'y trouve pas toujours connivence ni confiance. Mais la sororité (ou fraternité) reste un idéal de complicité, de fidélité, d'amour. Snif.

Toi le frère que je n'ai jamais eu
Si tu savais ce que j'ai bu
De mes chagrins en solitaire
Si tu m'avais pas fait faux bond
Tu aurais fini mes chansons
Je t'aurais appris à en faire
Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques
Elle aurait sûrement partagé
Les mots d'amour et les pavés
Les filles et les coups de matraque

Toi le frère que je n'aurai jamais
Je suis moins seul de t'avoir fait
Pour un instant, pour une fille
Je t'ai dérangé, tu me pardonnes
Ici quand tout vous abandonne
On se fabrique une famille

Maxime Le Forestier

22 octobre 2006

Beurk : la migraine

Sensation d'un étau autour de la boîte crânienne, d'élancements diffus derrière les yeux et d'une inflammation derrière les tempes... Fatigue générale, incapacité à réfléchir et à agir, impression de poids... Au bout de 24 heures, on ne sait même plus si on souffre encore, le mal est insidieux, latent. Parfois il arrive d'enrayer la douleur à ses débuts, et là, quelle délicieuse sensation de liberté et de légèreté quand elle a quitté le cerveau ! Mais quand on n'y est pas parvenu et qu'elle s'est installée bien au chaud, bien à l'étroit là-haut, alors on n'y peut plus grand-chose. Tout est un effort, physique ou mental, et notre environnement nous parvient avec un décalage désagréable. Envie de se faire sauter le caisson pour se débarrasser de cette machine encombrante, pesante et douloureuse.
La migraine : beurk beurk beurk.

21 octobre 2006

La colère

Le mot colère est dérivé du latin cholera et désignait une maladie bilieuse. Il a ensuite acquis le sens psychologique qu'on lui connaît aujourd'hui. Pourtant, il n'est rien de moins psychologique que la colère. Au lieu de faire parler sa raison, on laisse aller ce qu'il y a de bestial, d'irrationnel, d'où la violence. Mais si elle est dépourvue d'intelligence, exprimer sa colère peut être sain, voire salvateur, plutôt que d'enfouir un besoin d'explosion parfois nécessaire avant de réfléchir. Ce sont les sentiments qui, trop bouleversés, suscitent de la colère. Et un exutoire est parfois bienfaiteur pour leur permettre de retrouver un sens.
Mais on a toujours tort de se mettre en colère face à quelqu'un. L'absence de raison ne fait qu'accuser celui qui s'est senti, à tort ou à raison, blessé. Si la colère est un sentiment légitime, elle n'a jamais à s'exprimer devant autrui, parce qu'elle est l'expression d'une intimité bouleversée et, à cause de l'incohérence dont elle la manifestation, elle ne donne rien à comprendre.

15 octobre 2006

Pourquoi je préfère mes amis à mes amants

Peut-être une vie d'indépendance en est-elle la cause, peut-être irrémédiable, mais oui, je crois bien que je préfère mes amis à mes amants. Dans une histoire sentimentale, il y a toujours une inquisition, une tentative de fusion ; dans l'amitié, il y a de la complicité, du respect, et une liberté surtout, difficilement compatible avec la réalisation d'un couple.
Au fond, ce que je voudrais vivre, c'est une sorte d'amitié sexuelle ; parce qu'il me manque bien sûr dans ma vie quelqu'un avec qui partager beaucoup de choses. De fait, mes amis sont en général en couple justement, ont une famille et s'ils peuvent passer en premier pour moi qui suis célibataire et sans enfant, moi je ne passe pas en premier pour eux et donc les partages sont limités. Alors oui, un grand ami, avec qui rire, partager des moments, des activités banales ou exceptionnelles, des soucis, des interrogations, et de jubilatoires galipettes, voilà ce qui serait idéal. On ne partage jamais sa vie avec quelqu'un ; au mieux, on partage beaucoup de moments. Chercher à être à deux n'a aucun sens pour moi.

14 octobre 2006

Lecture : Les Particules élémentaires, de Michel Houellebecq

Le seul adjectif qui convient au sentiment que j'éprouve après avoir lu cet ouvrage est : intéressant. Pourtant c'est un mot creux, vaguement prétentieux, plutôt froid ; mais la froideur, justement, c'est sûrement le thème principal du roman. Voici un passage :
"On considèr(e) le plus souvent la philosophie comme dénuée de toute importance pratique, voire d'objet. En réalité, la vision du monde la plus couramment adoptée, à un moment donné, par les membres d'une société détermine son économie, sa politique et ses moeurs. Les mutations métaphysiques _ c'est-à-dire les transformations radicales et globales de la vision du monde adoptée par le plus grand nombre _ sont rares dans l'histoire de l'humanité. Par exemple, on peut citer l'apparition du christianisme. (...) on ne peut pas dire que les mutations métaphysiques s'attaquent aux sociétés affaiblies, déjà sur le déclin. Lorsque le christianisme apparut, l'Empire romain était au faîte de sa puissance (...) Lorsque la science moderne apparut, le christianisme médiéval constituait un système complet de compréhension de l'homme et de l'univers; il servait de base de gouvernement des peuples, produisait des connaissances et des oeuvres, décidait de la paix comme de la guerre, organisait la production et la répartition des richesses; rien de tout cela ne devait l'empêcher de s'effondrer".
Cet extrait se situe dans le prologue et annonce que le récit va raconter l'émergence d'une troisième mutation métaphysique radicale, celle que nous serions en train de vivre et qui se caractériserait par un individualisme poussé à l'extrême, faisant des êtres humains des êtres froids et malheureux. Le lecteur suit la vie de deux demi-frères, l'un qui devient un grand biologiste et l'autre professeur de lettres. Les sentiments humains, tout au long du roman, sont ramenés à des considérations d'ordre biologique et ce matérialisme serait à la base d'une sorte de déshumanisation de l'humain.
Je ne peux pas dire que j'ai aimé et je ne crois pas que l'on puisse l'aimer, dans la mesure où il traite de la faillite des sentiments et qu'il ne cherche donc à susciter aucun engouement, mais au contraire à faire éprouver la grisaille des relations humaines, la dislocation des valeurs sociales. On peut le trouver dérangeant et réussi.

13 octobre 2006

Humeur

Humeur vagabonde... Je ne sais pas bien ce que cette expression signifie mais je la trouve jolie ; elle évoque une légèreté d'esprit, une insouciance plaisante, des plaisirs futiles et spontanés, une propension aux joies simples...
Je suis d'humeur joyeuse en ce moment : le lever le matin est difficile car jamais je ne me ferai à cette nécessité absurde de commencer ses journées de nuit, mais mon énergie, depuis une semaine environ, au contact de mes collègues, mes amis, mes connaissances, mes rencontres, ne m'a pas fait défaut une seconde. Incroyable. Je ne sais même pas à quoi cela est dû. Pourvu que cela dure. Mais il y a des moments comme ça, où vivre au milieu des autres est facile et gai.

11 octobre 2006

Goodbye Jules... Welcome Piano !

Hé oui, le petit minou, mon Jules a foutu le camp... J'ai laissé quelques jours la fenêtre ouverte, malgré la pluie et le froid, mais non, il est bel et bien parti, comme un voleur, me laissant sa litière et ses derniers cacas, toutes les provisions de bouffe et quelques poils sur ma couette qui continuent à me faire éternuer. Décidément, les mâles, on peut pas leur faire confiance.
Mais me voilà avec un nouveau compagnon qui n'est pas près de prendre subrepticement la tangente à l'insu de mon plein gré, je veux parler de mon piano. Celui de mon enfance, des leçons douloureuses et tyranniques, des énervements et des angoisses des modestes concerts, qui dormait depuis de longues années chez mes parents, sur lequel j'agitais maladroitement mes doigts à chaque visite. Il est chez moi ! dans ma maison, dans mon salon, il résonne dans mes murs et même s'il faudra du temps, beaucoup de temps et de patience pour que mes doigts retrouvent un peu d'agilité et diffusent de la vraie musique, je suis contente !!!

07 octobre 2006

Connaître quelqu'un

On ne connaît jamais quelqu'un. On ne "naît pas avec", il y a donc toujours des facettes qui nous échappent, qui nous surprennent, même dans le climat de confiance et de promiscuité les plus attentifs. Pourtant, on croit toujours savoir, et certes, on perçoit sans se tromper une partie, voire une grande partie de certains autres. Mais on ne sait jamais tout et on ne comprend jamais tout.
On est soi à l'intérieur de soi, et puis il y a une mulitudes d'êtres qu'on est selon la personne qui est en face, sans le préméditer, sans s'en apercevoir, sans mentir. On n'est pas une chose immuable, unique (rien ne m'a jamais tant agacée que les gens qui disent : je suis comme ça !). On est au contraire quelque chose de perpétuellement mouvant, soumis aux interactions, qu'on le veuille ou non. "Je est un autre" disait Rimbaud ; je est soi et les autres, maelström aux contours flous et mobiles. Et pour continuer dans les citations, je renverrai à la phrase de Montaigne : "Toute certitude est incertaine", en matière humaine tout particulièrement.

03 octobre 2006

Réflexions du soir, bonsoir

- Quand on est célibataire, et qui plus est depuis longtemps, on a une totale maîtrise de son existence. Ce qui veut dire que même si l'on partage des tas de choses avec des tas de gens et que même si on veut partager quelque chose en particulier avec quelqu'un, se défaire de cette maîtrise, c'est bien difficile. Parce que, quoi qu'on en dise, c'est confortable de décider seul, tandis que choisir à deux, c'est bien plus difficile. Mon propos n'est sans doute pas très clair. Fonctionner tout seul, même si on en est malheureux, est facile, évident. Alors que fonctionner avec quelqu'un d'autre est bien moins naturel, finalement.
- Je ne sais pas qui je suis ! On me demande si je suis quelqu'un d'angoissé et là... blanc. Certes, tous mes amis le disent, et pourtant présentement, je ne me sens pas vraiment angoissée et je ne me souviens même plus pourquoi je l'ai été ! Ce n'est pas la première fois que devant une question relativement anodine sur moi-même je me trouve désarçonnée, comme informe et vide. Vivement que je retrouve mes angoisses...
- En fait, je m'en fous de savoir qui je suis. Ceux que ça intéresse n'ont qu'à se fier à ce qu'ils voient et ressentent, c'est sûrement bien plus juste que des définitions provisoires et incertaines que l'on peut donner de soi.

Lecture : Cliente, de Josiane Balasko

L'histoire est celle d'un jeune homme qui vend sa compagnie et ses charmes à l'insu de sa femme qu'il aime, pour une question d'argent. L'auteur adopte tour à tour le point de vue des principaux protagonistes.
Il n'y a peut-être pas de grande profondeur là-dedans mais une douceur, c'est le mot qui me vient, même pour les passages douloureux, qui rend le roman émouvant. Le personnage le plus réussi est à mon avis celui du jeune homme, mais celui de sa cliente régulière qui prend une place de plus en plus importante l'est aussi. J'ai vraiment bien aimé ce récit, simple et chaleureux. Il est tiré d'un projet de scénario, je crois. Le film mériterait d'être excellent.

27 septembre 2006

Bienvenue à Jules

Bienvenue à Jules, petite bête à poils roux, quatre pattes et nez rose, qui va maintenant faire partie intégrante de ma maison et de mon existence. D'aucuns, mauvais esprits, diront que je fais ainsi un pas supplémentaire dans la vie de célibataire endurcie, surtout avec un nom pareil, mais non ! La compagnie d'un chat n'a rien à voir avec une vie de couple. Un chat, c'est beaucoup moins chiant qu'un mec.

17 septembre 2006

Lecture : Le Clan de l'ours des cavernes, de Jean M. Auel

On distingue en général deux types de livres : ceux qui racontent une histoire, qui sont fondées sur l'action, et ceux qui valent pour leur manière de dire, pour leur prose, pour l'émotion des mots. Le premier type a traditionnellement une moindre valeur littéraire que le deuxième, quoique réussir à mener une histoire haletante ne me paraisse pas une entreprise facile, tandis que faire beau et abscons me paraisse une illusion assez aisée à susciter.
Le Clan de l'ours des cavernes, premier tome de la série intitulée "Les Enfants de la Terre", appartient sans conteste à la première catégorie. L'auteur, une américaine férue de préhistoire, raconte l'histoire d'une petite fille recueillie par un clan, à l'aube de l'humanité. Certes, l'écriture n'est pas originale, la psychologie des personnages est banale, mais ce roman a le mérite immense de créer sous nos yeux un monde à la fois étrange et familier. Je ne connais rien à la préhistoire, et la vie de nos premiers ancêtres m'apparaissait comme quelque chose de parfaitement primitif, c'est-à-dire basique et plat. Or, l'existence, les moeurs, les pensées du peuple que nous décrit l'auteur est au contraire d'une grande richesse. Et il semblerait que sa saga romanesque soit saluée par les archéologues spécialistes de cette période.
En dehors du récit - haletant -, de l'intérêt historique - certain -, le roman traite aussi de sujets qui nous touchent, et le regard particulier qu'y jettent les personnages d'un temps si lointain et si différent a le mérite de nous interroger d'une autre manière sur l'importance de choses telles que la tradition, le progrès, la différence, la mémoire, les rapports entre hommes et femmes, etc. Mais il ne ressemble pas pour autant au récit de RoyLewis, Pourquoi j'ai mangé mon père, bien que lui aussi se déroule à peu près à la même époque et nous interpelle sur des problèmes présents : l'objectif de ce dernier est beaucoup plus didactique, au moyen de l'humour fondé sur les anachronismes.

16 septembre 2006

Et la lumière fut...

L'automne arrive, l'hiver approche, et avec eux la pénombre pour accompagner l'existence. Cette perspective m'a fait réaliser un élément fondamental dans le bien être d'une maison : l'éclairage.
Quand une pièce n'est pas baignée par l'éclat du jour, ce qui lui confère son caractère agréable, c'est la lumière artificielle, et elle est bien difficile à rendre chaleureuse, je m'en rends compte. Son chez-soi a besoin d'être douillet et finalement, l'ameublement, les couleurs et les décorations ne suffisent pas à se sentir bien. Dans cette maison dont j'ai pensé et modifié chaque mètre carré, la lumière est un élément auquel je n'avais pas vraiment pensé et qui, en l'état ne me satisfait pas. Dans les pièces de vie, séjour et salon, le carrelage rend les pièces froides et pour l'instant, l'éclairage, cru et brutal, n'arrange rien. Je ne sais pas - encore - comment y remédier. Je n'ai vécu jusqu'ici dans cette maison qu'à la fois dedans et dehors, avec les portes et les fenêtres ouvertes. Vivre uniquement entre les murs est autre chose. Le chemin est long pour s'approprier une demeure.

13 septembre 2006

Agacement

Oui, je suis agacée. Autant il y a des périodes où je me plonge dans tout ce que je lis avec plaisir et délectation, autant y en a-t-il d'autres où tout me passe au travers. A tel point que je ne peux plus croire que c'est un manque de chance : non, je ne tombe pas sur une série de bouquins qui ne me plaisent, il se trouve que je n'arrive pas à lire.
Mes yeux ont parcouru Cannibale de Didier Daeninckx et Les Ames grises de Philippe Claudel (je ne cite que les deux derniers) et je ne me résous pas à dire que je n'ai pas aimé. Pourtant il ne va rien m'en rester. J'ai bien senti le charme de la prose et de l'histoire, mais mon esprit volatile malgré tous mes efforts ne s'y est pas attaché, et c'est rageant.
Ah on ne fait pas ce que l'on veut de son cerveau. Avec la meilleure volonté du monde, la mienne en tout cas, ma concentration est des plus alétoires, même pour une des mes activités préférées.
Grrr...

09 septembre 2006

La rentrée

Qui le sait hormis les enseignants eux-mêmes ? Non, il n'y a pas que les petits écoliers pour qui la rentrée est une angoisse, qui ont le trac et envie de dire "j'veux pas aller à l'école"... Mais ils y mettent également beaucoup d'espoirs, ont des projets et des envies plein la tête. Eh oui, les profs aussi se demandent ce qui les attend le jour J, sur qui ils vont tomber, quel va être leur emploi du temps, s'ils trouveront des têtes sympas, etc.
Je ne cesse de réaliser combien le métier d'enseignant est un métier à part et complexe, et qu'il faut le vivre pour le savoir. Vilipendés, craints, humiliés, encensés, tout cela à la fois ; fragilisés constamment par le face à face mais devant se montrer toujours fort et dynamique ; pétris de grandes intentions et ramenés sans cesse à un sentiment d'inutilité ; toujours dans l'action ; jonglant constamment entre la distance nécessaire et l'attention indispensable ; jamais satisfaits ou jamais bien longtemps ; toujours surpris ; etc etc. Ah on fait pas un métier facile ! ô combien prometteur ! ô combien décevant ! ô combien humain ! ô combien insaisissable ! ô combien cyclothymique...

03 septembre 2006

Du câlin

Le mot a une connotation enfantine. L'origine en est incertaine mais il serait dérivé de "chaleur" d'une part et "coquille" de l'autre, ce qui correspond bien au plaisir qu'il suscite. Enfant, c'est la preuve de confiance, d'intimité et d'amour. Quand on est adulte, on a besoin encore de cette douceur originelle, réconfortante, me semble-t-il. Grandir, c'est faire l'apprentissage de l'indépendance, c'est sortir de sa coquille familiale ; mais le besoin de chaleur ne disparaît pas pour autant. On a peut-être besoin de cela plus que de n'importe quoi d'autre : le sexe, on peut s'en passer, mais de tendresse, je ne crois pas. On n'est jamais complètement autonome, on a toujours besoin de soutien, d'attention, de protection. Le dialogue est parfois pauvre et superficiel à côté d'un moment de simple étreinte abandonnée.

31 août 2006

Des êtres malfaisants

J'avais un débat récurrent avec une des mes amies, il y a un certain nombre d'années de cela : l'Homme naît-il bon ou mauvais ? Invariablement, nos opinions s'opposaient : elle disait mauvais, je disais bon.
L'enseignement a ceci de particulier que l'on travaille directement avec des êtres vivants, et en train de grandir ; ces individus sont notre "matière première", bien plus que notre savoir. On a donc en face de nous un échantillon d'être humains relativement diversifié. Et la grande majorité des élèves que j'ai en face de moi tous les ans sont des êtres plutôt gentils. Pour peu que l'on sache être attentif, même les plus brutaux, les plus perturbateurs, ne sont pas des méchants. J'ai eu (et j'aurai encore !) des individus mauvais mais très peu et je ne crois pas que ce soit une chance mais plutôt une réalité : il existe peu d'êtres véritablement malfaisants.
Pourtant, un événement au sein de ma famille vient de m'interpeler sur quelqu'un que je connais depuis toujours, dont il me semblait prendre la mesure des défauts et notamment de la propension à dire du mal de tout le monde. S'agirait-il de quelqu'un de malfaisant ? Au-delà des excuses - valables - que l'on peut inévitablement trouver à une personne pour expliquer un déséquilibre, des maladresses même graves, faire sciemment du mal de relève-t-il pas d'un fonds mauvais qui est impardonnable quand on est un adulte responsable ?
Il n'en reste pas moins que la méchanceté, celle que l'on commet volontairement, est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à comprendre ; j'ai même du mal à y croire. Mais il semblerait que cela existe.

24 août 2006

Hum : retour à la casbah

A un moment ou un autre, il fallait bien que cela arrive. Rentrer à la maison pour retourner au boulot. Première phase accomplie, sans plaisir ni déplaisir : ma petite maison à moi se porte bien, je suis contente de la retrouver, même s'il fait un temps très... mouillé. Remettre un pied dans le boulot en revanche ne m'enchante pas. Quand on est prof, on ne sait pas exactement ce qu'on va retrouver, ça peut être mieux ou pire que les années précédentes !
J'ai en tout cas passé d'excellentes vacances, comme cela faisait longtemps que je n'en avais pas eues : détendantes, légères, et ensoleillées. Je ne me croyais pas capable d'adopter la zen attitude, mais si ! L'inaction m'a donné envie de faire plein de choses pendant cette nouvelle année ; le repos, c'est vraiment le meilleur des dynamisants.
Et puis il reste encore une semaine !

15 août 2006

Pour ou contre le célibat à la trentaine ?

Etre célibataire quand on a la trentaine présente des avantages et des inconvénients. Le fait déterminant à la base, c'est que ce n'est pas la norme. De là découlent surtout les inconvénients, à savoir que les autres vous regardent aussitôt avec :
- suspicion
- compassion
- étrangeté
Dans les rapports humains quotidiens, vous êtes :
- une menace pour les autres femmes quand vous êtes une femme, pour les autres hommes quand vous êtes un homme
- une tentation pour un certain nombre d'hommes/de femmes
- quantité négligeable face à tous ceux qui vont au moins par deux
- un extraterrestre
Il n'en reste pas moins que le célibat comporte un certain nombre d'avantages, la LIBERTE étant évidemment le plus énorme, lequel va principalement dans deux grandes directions :
- la liberté au présent = on fait ce que l'on veut quand on veut.
- la liberté de l'avenir = on a le droit d'imaginer ce que l'on veut pour plus tard, de se dire qu'il reste encore des choix à faire (les bons de préférence)...

14 août 2006

Le roman policier


Avant, je n'aimais pas les romans policiers, et puis, par le biais des San Antonio, je me suis mise tardivement à en lire, à en dévorer, et puis à adorer. A l'occasion d'une réflexion sur un travail à mener sur le sujet avec les élèves (oui, oui, un prof, ça bosse en vacances), je m'interroge et me documente sur ce genre. Né au XIXe siècle avec les nouvelles d'Edgar Poe mettant en scène le sagace chevalier Dupin, précurseur de l'ingénieux Sherlock Holmes, le policier naît essentiellement d'un lieu nouveau : la ville. C'est peut-être au fond ce qu'il y a de plus commun parmi toutes les formes que peut revêtir le policier (d'ailleurs, policier vient de "polis" qui signifie: la cité). Le genre surgit de l'angoisse née de la promiscuité, du bouillonnement, de l'hétérogénéité de la société urbaine. Le roman policier explore la face sombre de la ville et le personnage central, qu'il soit détective, journaliste, médecin, policier, est celui qui cherche à l'explorer et la maîtriser.
Et puis il existe toutes sortes de romans policiers. Il me paraît difficile que quelqu'un ne puisse trouver son compte entre les polars poétiques, psychologiques, historiques, humoristiques, violents, technologiques, engagés, d'aventures, etc.
Voir un excellent site parmi d'autres sur le sujet.

12 août 2006

J'envie les gens simples

J'ai beau me dire souvent que scruter, fouiller, interroger les tenants et aboutissants des comportements, des histoires, des parcours, rend plus lucide, peut-être plus intelligent, plus compréhensif, etc... Il n'empêche que ça fatigue. J'envie les gens simples ! Qui sont comme ils sont quoi qu'il arrive, qui prennent aussi les autres comme ils sont, qui ne font peut-être pas toujours dans la dentelle ou dans l'empathie mais qui ne se prennent pas la tête et qui, bien souvent, obtiennent ainsi ce qu'ils veulent et se contentent de ce qu'ils ont.
Cela ne sert à rien de vouloir être autrement que ce que l'on est ; il est des "prédispositions" dont on ne peut pas se débarrasser. Mais s'il est utile de voir ses qualités, il est également utile de reconnaître aux autres leurs talents, histoire de peut-être, au moins, essayer d'y tendre....

08 août 2006

Farniente

Je ne croyais pas parvenir à un tel point à ne rien faire... Les journées se déroulent dans l'inaction la plus totale, je reste seulement vissée à ma chaise longue comme une moule sur son rocher, encéphalogramme plat. Je ne lis même plus de livres mais des bandes-dessinées. D'ailleurs, j'ai rien à dire...

03 août 2006

Le sentiment du devoir accompli

Et voilà, j'ai passé quinze jours dans ma maison et j'ai fait ce que je voulais : ma maison ressemble enfin à quelque chose ! Elle est fonctionnelle, meublée, équipée et j'ai fait ça (presque) toute seule avec mes petites papattes... J'ai même retrouvé le goût des magasins de bricolage : hier, je me suis acheté perceuse, ponceuse et scie sauteuse, d'un coup d'un seul ! et quelques petits outils, bien sûr (genre masse et pied de biche). J'ai quand même fait mes premières étagères qui ont l'air de tenir et pour des coups d'essai, ne sont pas loin du coup de maître. Enfin disons plus modestement qu'elles sont convenables. Comme il fait un temps pourri, il était temps de repartir vers le soleil et la mer, le farniente. Demain, retour vers l'île ! Elle est pas belle, la vie ?!

27 juillet 2006

Lecture : L'Adversaire, d'Emmanuel Carrère

L'ouvrage retrace la vie de Jean-Claude Romand, ce faux médecin qui a vécu dans le mensonge pendant 18 ans, jusqu'au jour où il tue ses parents, sa femme et ses enfants. L'auteur raconte aussi son enquête et ses impressions. Le portrait qu'il trace de Jean-Claude Romand est saisissant, car on y voit l'extraordinaire, quasi inconcevable, paradoxe entre un homme que tout le monde trouvait gentil, qui semblait on ne peut plus normal, aimant sa famille et ses amis, et le menteur incroyable qui s'est transformé en monstre. On partage le mélange de fascination et de répulsion éprouvées par Emmanuel Carrère, en étant, comme lui, incapable de trancher et de se faire une opinion définitive. C'est sans doute le plus grand intérêt du livre : au-delà de l'aspect purement informatif, des faits, des témoignages, on se passionne comme l'auteur pour le personnage, sans parvenir à le comprendre, ni à le condamner fermement, ni à le prendre non plus en pitié. Il s'agit en cela d'un livre assez dérangeant, dans la mesure où il nous montre une réalité terrifiante en nous montrant qu'elle est inexplicable, où il constate qu'au coeur de la plus parfaite banalité on peut trouver l'horreur imprévisible.

26 juillet 2006

Musique : Cindy Lauper, She's so unusual

Pas jeune, certes, l'album a même a vrai goût des années 80, avec les batteries simplistes qui cognent et les guitares électriques qui crient, mais pas obsolète pour autant. Par je ne sais quelle inspiration, j'ai retrouvé cet album que j'écoutais quand j'avais 15 ans. Je me souviens l'avoir eu en 33 tours pour un Noël et qu'à force de l'écouter sur une platine usée, le disque sautait sur "She bop", un de mes morceaux préférés à l'époque. Sur l'album, il y a bien sûr "Girls just want to have fun" et "Time after time", mais tout est excellent. Aujourd'hui je me délecte à l'écouter dans ma voiture (en cd), et tout particulièrement l'impertinent "I'll kiss you" où Cindy Lauper clame sa furieuse envie d'embrasser un garçon, jetant toutes les conventions et recommandantions de sa mère par dessus les moulins. La voix hystérique, échevelée et flamboyante comme sa coiffure de la chanteuse est un pur moment de bonheur et d'énergie. Pour avoir la patate, y'a pas mieux qu'écouter ça.