J'entends beugler les vaches, cramer ma pelouse, transpirer les murs, fondre mes muscles...
25 juillet 2006
Il fait trop chaud pour travailler
De retour dans ma maison normande pour poursuivre pendant une dizaine de jours les travaux, j'ai retrouvé les pinceaux, la scie, le mètre, les pinces et autres marteaux et vis... mais pas beaucoup d'énergie ! La chaleur accablante n'invite pas aux exercices physiques de longue haleine. Il fait un temps magnifique, un vrai temps d'été et de vacances, on ne va pas s'en plaindre, certes. Mais rien n'avance vite...
J'entends beugler les vaches, cramer ma pelouse, transpirer les murs, fondre mes muscles...
Allez, une petite demi-heure de boulot et après, je retourne m'allonger.
J'entends beugler les vaches, cramer ma pelouse, transpirer les murs, fondre mes muscles...
19 juillet 2006
Profiter de la vie ?
Profiter de la vie, cela signifie quoi ? Sortir tous les soirs, passer des heures avec des dizaines de personnes à boire et danser, et baiser à tout va ? Ou bien se marier, fonder une famille, avoir et construire des projets ? Ou bien laisser s'écouler le temps, regarder la mer, dormir tard le matin ? Aucune de ses réponses n'est évidemment satisfaisante. Profiter de la vie, c'est peut-être simplement savoir s'accorder des plaisirs, et ceux-ci correspondent à un moment et une personnalité. Alors, cela peut-être pour quelqu'un, un jour, sortir et "s'éclater", un autre choisir le prénom de son enfant à venir, encore un autre lire un bouquin sur la plage en solitaire. Carpe diem, c'est subjectif ; c'est faire ce qu'on veut avec ce qu'on a.
18 juillet 2006
Youpi : la famille
Oui oui je sais, j'ai posté un billet il y a quelques jours seulement, qui s'intitulait "Beurk : la famille" et d'ailleurs je ne le renie pas, mais j'ajoute que la famille, ça peut être aussi génial. Les liens indéfectibles qui nous unissent avec les membres de notre famille sont ce qui nous sert de repère, ce qui nous donne de l'importance. Qu'on le veuille ou non, ce lien sanguin, vital, est un lien fort et unique. C'est sans doute dans les yeux d'un enfant que l'on s'en rend compte le plus, quand on voit dans ses yeux, même très jeunes, qu'il sait qu'on est attaché plus qu'à n'importe qui d'autre.
17 juillet 2006
Youpi : ambiance vacances
On se sent vraiment en vacances quand règne cette atmosphère de dilettante, de désinvolture ; quand les horaires et les occupations journalières fluctuent à un rythme mou ; quand rien ne presse, rien n'attend.
Du sable entre les orteils, le lit défait, la chaleur accablante, les copains qui passent... Les journées ? De la lecture, de courtes siestes, un peu de pêche à pied, un bain de mer, des grignotages à droite à gauche, etc. Le cerveau à peu près vide, l'énergie d'une moule sur son rocher, un léger souci pour les marques de maillot. Je vous laisse, je vais me baigner, la mer est haute.
Du sable entre les orteils, le lit défait, la chaleur accablante, les copains qui passent... Les journées ? De la lecture, de courtes siestes, un peu de pêche à pied, un bain de mer, des grignotages à droite à gauche, etc. Le cerveau à peu près vide, l'énergie d'une moule sur son rocher, un léger souci pour les marques de maillot. Je vous laisse, je vais me baigner, la mer est haute.
13 juillet 2006
Lecture : Acide sulfurique, d'Amélie Nothomb
Acide sulfurique, je l'ai lu rapidement. Et il m'a paru léger. Mais complètement creux cette fois. L'histoire est celle d'une émission de télévision reproduisant un camp de concentration. Je suis largement partisane d'une dénonciation de la vulgarité et même des profonds méfaits de la télévision et de la "téléréalité", qui gomme la frontière entre fiction et réalité, titille ce qu'il y a de plus bête et vulgaire, enlaidit et appauvrit l'intellect. J'en passe et des meilleures. Ce livre, qui se veut manifestement comme une dénonciation violente du spectacle télévisuel moderne, est d'un vide intersidéral. Je n'y ai vu, pour un sujet aussi brûlant que les camps de concentration, aucune polémique, aucune émotion. Rien ne touche, ni les personnages caricaturaux, ni leurs discours bibliques, ni l'ignominie appuyée des organisateurs de l'émission, ni l'émission horrifique en elle-même. Un feu d'artifice mouillé.
12 juillet 2006
Une question et pas de réponse
Hier, un copain (coucou Manu !) me demande quel est mon objectif dans la vie. Question à la fois banale et importante, et qui m'a laissée sans voix et surtout sans idée. Et vingt quatre heures plus tard, je n'ai toujours pas de réponse. Il semblerait donc que je n'aie pas d'objectif précis dans la vie.

Mais, à bien y réfléchir, est-ce une mauvaise chose ? Je crois n'avoir pas de but arrêté parce que je préfère rester ouverte à ce qui se présente. Humilité ? Prétention ? J'ai changé tant de fois d'envie, comme tout le monde, et me suis retrouvée à faire et vivre des choses auxquelles je n'avais pas particulièrement aspiré quelques années auparavant, qu'aujourd'hui un objectif précis, définitif, grave, me paraît surtout un piège. Ne pas savoir ce que l'on veut est certes déstabilisant aussi. Je sais peut-être mieux ce dont je ne veux pas, ce qui n'est quand même pas mal, flûte.
11 juillet 2006
Beurk : la famille
La famille, ça pèse des tonnes. Il paraît qu'il en existe certaines où les rapports sont légers, faciles, sereins. Il paraît.
Cela vient je crois d'une trop grande fréquentation. Grandir auprès de ses parents et de ses frères et soeurs, cela veut dire s'habituer (ce qui n'a pas forcément à voir avec le fait de se connaître) tellement les uns aux autres que la liberté s'en trouve d'autant écrasée. On est lié par un passé, emprisonné dans tout ce qu'on a vécu ensemble. Les membres de notre famille nous renvoient sans cesse à cet "avant" que l'on a pas envie de traîner constamment avec soi. Peut-être finalement qu'on ne devrait faire que des rencontres nouvelles tous les jours, converser avec des gens pour lesquels on est tout neufs et qui viennent de "naître" pour nous. Ne pas pouvoir simplement être mais surtout avoir été en face de quelqu'un est lourd, lourd, lourd. De ces longues années les uns à côté des autres vient l'énorme difficulté à déroger, transformer, renouveler, tout ce qui s'est consolidé et figé, même (et surtout) de traviole. On ne peut nier, oublier notre passé, mais vivre se conjugue au présent et quand le passé envahit tout l'espace du présent, comme c'est souvent le cas en famille, il n'est pas facile d'avancer.
Cela vient je crois d'une trop grande fréquentation. Grandir auprès de ses parents et de ses frères et soeurs, cela veut dire s'habituer (ce qui n'a pas forcément à voir avec le fait de se connaître) tellement les uns aux autres que la liberté s'en trouve d'autant écrasée. On est lié par un passé, emprisonné dans tout ce qu'on a vécu ensemble. Les membres de notre famille nous renvoient sans cesse à cet "avant" que l'on a pas envie de traîner constamment avec soi. Peut-être finalement qu'on ne devrait faire que des rencontres nouvelles tous les jours, converser avec des gens pour lesquels on est tout neufs et qui viennent de "naître" pour nous. Ne pas pouvoir simplement être mais surtout avoir été en face de quelqu'un est lourd, lourd, lourd. De ces longues années les uns à côté des autres vient l'énorme difficulté à déroger, transformer, renouveler, tout ce qui s'est consolidé et figé, même (et surtout) de traviole. On ne peut nier, oublier notre passé, mais vivre se conjugue au présent et quand le passé envahit tout l'espace du présent, comme c'est souvent le cas en famille, il n'est pas facile d'avancer.
09 juillet 2006
Lecture : Les Ritals, de Cavanna
04 juillet 2006
Le baiser (suite)
Quand hors de tes lèvres décloses,
Comme entre deux fleuris sentiers,
Je sens ton haleine de roses,
Les miennes, les avant-portiers
Du baiser, se rougissent d'aise,
Et de mes souhaits tous entiers
Me font jouyr, quand je te baise.
Car l'humeur du baiser apaise,
S'escoulant au coeur peu à peu,
Ceste chaude amoureuse braise,
Dont tes yeux allumoient le feu.
Ronsard.
Comme entre deux fleuris sentiers,
Je sens ton haleine de roses,
Les miennes, les avant-portiers
Du baiser, se rougissent d'aise,
Et de mes souhaits tous entiers
Me font jouyr, quand je te baise.
Car l'humeur du baiser apaise,
S'escoulant au coeur peu à peu,
Ceste chaude amoureuse braise,
Dont tes yeux allumoient le feu.
Ronsard.
03 juillet 2006
C'est les vacances
Oraux et copies de bac terminés, me voilà en vacances... Au singulier, ce terme est synonyme de vide ; au pluriel, il est plein de promesses, amusant, non ? Je lisais je ne sais plus où que justement on voulait de plus en plus remplir les vacances : la mode est au tourisme culturel, aux activités de toutes sortes, et le farniente a mauvaise réputation. Ce n'est pas faux. Le vide fait peur. Alors que les vacances devraient être pleines de vide, si tant est que le repos et la détente soient assimilables au vide.
Je suis la première à ne pas supporter l'inaction, l'inutile, le temps perdu à ne rien faire. Je ne suis pas sans ignorer non plus qu'il y a probablement là-dedans moins de caractère que d'angoisse. Il faut beaucoup de sérénité pour apprécier le vide et regarder le temps passer sans avoir envie de l'attraper. Toujours courir n'est pas forcément le signe d'une saine vitalité.
Dans quelques jours, je lâche pinceaux, truelles et autres enduits pour une chaise-longue au bord de la mer. Et en route pour la zen attitude.
Je suis la première à ne pas supporter l'inaction, l'inutile, le temps perdu à ne rien faire. Je ne suis pas sans ignorer non plus qu'il y a probablement là-dedans moins de caractère que d'angoisse. Il faut beaucoup de sérénité pour apprécier le vide et regarder le temps passer sans avoir envie de l'attraper. Toujours courir n'est pas forcément le signe d'une saine vitalité.
Dans quelques jours, je lâche pinceaux, truelles et autres enduits pour une chaise-longue au bord de la mer. Et en route pour la zen attitude.
29 juin 2006
Le baiser
Je ne connais pas de contact plus sensuel et plus tendre que celui-là. Le plaisir purement sexuel est facilement mécanique ; le contact de deux bouches est lui extrêmement subtil et intime. Il peut naître de là des plaisirs indicibles, qui, sans connaître l'apothéose de l'orgasme, sont pleins de nuances vertigineuses et merveilleuses. Un baiser peut être d'une douceur ébouissante et d'une intensité voluptueuse. Comme il peut être parfaitement insipide. Peut-être que c'est là que l'on décèle le vrai désir de l'autre.
28 juin 2006
Vive l'été
On l'a tellement attendu qu'il n'était pas possible de le passer sous silence, et même s'il y a des couacs comme ce week-end de novembre, quel bonheur que l'été !Un des aspects que je trouve le plus délectable, c'est l'abolition des frontières : dedans, dehors, tout est ouvert, l'air et la température circulent de façon homogène, comme les corps qui n'ont plus besoin de se grimer pour sortir. C'est une des raisons pour lesquelles aussi j'apprécie de de vivre dans une maison, à la campagne qui plus est : l'extérieur est chez moi aussi. Cette barrière quand on habite en appartement entre l'espace clos et dehors est devenue complètement inepte. Fermer les portes à clef, mettre forcément des chaussures pour aller voir le soleil, beurk, alors qu'il est si bon de prendre son petit déjeuner dans son jardin, franchir le seuil en maillot de bain, bref avoir un microcosme à portée de main ! Je me lamente souvent, mais c'est vrai que j'ai de la chance...
24 juin 2006
De la curiosité
Cela me fait penser à ce minuscule (0,13 x 0,16m), magnifique et troublant tableau de Fragonard, qui s'appelle "Les curieuses"...
23 juin 2006
Lecture : Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.
21 juin 2006
Encore un blog
Pas très envie de raconter des trucs en ce moment... Boulot-travaux-dodo, mon quotidien ne m'inspire guère de billets empreints de lyrisme ou de spiritualité. Alors je me promène sur la Toile et c'est l'occasion de donner une nouvelle adresse de blog, 1984.
14 juin 2006
A consulter
Je viens de découvrir un nouveau blog intéressant, pour un public ciblé, certes (quoique), puisqu'il y est essentiellement question de l'enseignement des lettres dans le secondaire. Pour avoir lu les derniers articles, je n'adhère pas totalement au ton ni aux propos, mais il est bon d'y voir un vent de révolte et de questionnement. Plus le temps passe et plus les nouvelles pédagogies me paraissent destructrices. Que l'on soit d'accord ou pas, dans le métier que l'on fait, il est de toutes façons absolument fondamental de s'interroger sur le bienfondé de nos méthodes et des savoirs que l'on souhaite dispenser.
Lecture : Rouge Brésil, de Jean-Christophe Rufin
Au XVIe siècle, deux enfants sont envoyés au Brésil avec des soldats français venus conquérir le Nouveau monde. L'auteur romance un épisode réel de la Renaissance. Il s'agit d'un livre dense et riche : la langue est savoureuse, d'abord. Et puis on y voit la confrontation de deux manières d'envisager la nature, celle des français et celle des indiens. On y voit aussi la prégnance des questions religieuses : la querelle entre catholiques et réformés va jusqu'à traverser l'Atlantique et l'on s'immerge également dans l'animisme indien. Les personnages sont nombreux et hauts en couleur, comme les lieux décrits, comme les actions.
Il est impossible de parler des thèmes abordés dans ce roman sans être réducteur ou simpliste parce que tout y est varié et fouillé. J'ai mis cinq semaines à le lire mais je n'ai pas perdu mon temps.
12 juin 2006
Lecture : Etat d'urgence, de Michaël Crichton
Il faut dire que j'avais été agréablement surprise par la lecture de Jurassic park, du même auteur : j'avais pris goût au polar scientifique qui m'apprenait des choses dans des domaines qui me sont parfaitement étrangers. Malheureusement, Etat d'urgence m'a beaucoup déçue. On y retrouve un souci documentaire et scientifique mais poussé à un tel extrême que c'en est lourd lourd lourd. Il est ici question des changements climatiques et des associations écologistes. Crichton nous donne une vision particulière puisqu'il raconte que les bouleversements climatiques dus aux pollutions industrielles seraient un énorme leurre et on y voit des sortes de multinationales écologistes parfaitement corrompues. Il s'agit d'un roman bien sûr, il est long, touffu à outrance et la trame autour des personnages n'a quasiment aucun intérêt, mais il a tout de même le mérite d'aller à l'encontre d'un certain nombre d'idées toutes faites et de faire réfléchir là-dessus : les écolos ne sont pas forcément des bienfaiteurs, l'homme ne détruit pas tant que cela sa planète et il n'y a pas nécessairement de quoi avoir peur de l'avenir.
09 juin 2006
Le mal de vivre, Barbara
Ça ne prévient pas ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus
Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre
07 juin 2006
Politiquement incorrect
On devrait pouvoir dire de temps en temps : tiens, j'aimerais bien faire l'amour avec toi, qu'est-ce que tu en dis ? Et s'envoyer en l'air comme on prend un café. Pourquoi ne pourrait-ce être aussi simple et léger qu'un bon moment à partager ? En quoi un désir à la fois superficiel et puissant, un peu par curiosité et également par attirance, quelque chose qui ne vaudrait que dans l'instant, est-il déshonorant ? Bien sûr qu'un acte aussi intime est moins anodin qu'une poignée de mains, mais sans doute que l'on y attache surtout beaucoup d'idées toutes faites et qu'il n'est aucun acte d'ailleurs qui soit autant alourdi de connotations. Faire l'amour déjà est une expression qui fausse l'acte. Il faut s'aimer pour faire l'amour, quelle connerie ! Alors que chacun sait que le plaisir sexuel n'a pas toujours de lien avec l'amour. On n'est pas libre avec sa sexualité, par chez nous...
06 juin 2006
Une journée avec
Il y a des jours avec et des jours sans. Aujourd'hui fut une journée avec, puisque :
- le plombier est venu
- j'ai pu tondre ma pelouse
- le banquier va finalement me rembourser mes 250 euros prélevés abusivement
- il a fait beau et presque chaud
Si je ne voyais que la bouteille à moitié vide, je pourrais dire :
- le plombier est venu mais n'a toujours pas fini
- la pelouse doit être retondue dans trois jours
- je n'ai pas encore les 250 euros sur mon compte
- il a fait beau mais j'ai passé la moitié de la journée à faire dame pipi dans les couloirs froids du lycée pendant les examens
Alors ? Qu'est-ce qui est le plus vrai ?
Comme dirait Obi One Kenobi, la vérité dépend surtout du point de vue. Et sans doute que le bon point de vue, c'est toujours de voir la bouteille pleine !
- le plombier est venu
- j'ai pu tondre ma pelouse
- le banquier va finalement me rembourser mes 250 euros prélevés abusivement
- il a fait beau et presque chaud
Si je ne voyais que la bouteille à moitié vide, je pourrais dire :
- le plombier est venu mais n'a toujours pas fini
- la pelouse doit être retondue dans trois jours
- je n'ai pas encore les 250 euros sur mon compte
- il a fait beau mais j'ai passé la moitié de la journée à faire dame pipi dans les couloirs froids du lycée pendant les examens
Alors ? Qu'est-ce qui est le plus vrai ?
Comme dirait Obi One Kenobi, la vérité dépend surtout du point de vue. Et sans doute que le bon point de vue, c'est toujours de voir la bouteille pleine !
04 juin 2006
La réflexion du dimanche soir
Nous menons tous deux vies parallèles...
Si si. La vie à l'intérieur de soi et la vie à l'extérieur. La première correspond en gros à ce que l'on ressent, à nos réflexions intimes, à la solitude inhérente à notre nature humaine ; la seconde correspond à tout ce que l'on vit avec les autres, à notre vie en société, en collectivité, à nos actes. A partir de là, je crois que le bonheur consiste en une adéquation entre ces deux vies ; pas forcément en une proportion équivalente, car les besoins sont très différents d'un individu à l'autre, mais en une harmonie. Il faut que ces deux vies se ressemblent, se fassent écho, se prolongent l'une en l'autre. Quand on est heureux, cela se ressent et se voit dans nos actes ; alors que quand on est malheureux, on peut (parfois) faire semblant. CQFD.
Si si. La vie à l'intérieur de soi et la vie à l'extérieur. La première correspond en gros à ce que l'on ressent, à nos réflexions intimes, à la solitude inhérente à notre nature humaine ; la seconde correspond à tout ce que l'on vit avec les autres, à notre vie en société, en collectivité, à nos actes. A partir de là, je crois que le bonheur consiste en une adéquation entre ces deux vies ; pas forcément en une proportion équivalente, car les besoins sont très différents d'un individu à l'autre, mais en une harmonie. Il faut que ces deux vies se ressemblent, se fassent écho, se prolongent l'une en l'autre. Quand on est heureux, cela se ressent et se voit dans nos actes ; alors que quand on est malheureux, on peut (parfois) faire semblant. CQFD.
Youpi ! le début de l'installation...
01 juin 2006
Historiette
Deux canards. Un petit et un grand. Le petit était très petit, le grand était très grand. Ils étaient d'excellents amis parce qu'ils étaient tous les deux différents des autres. Quand on les regardait d'en haut ou d'en bas, ils s'en moquaient parce que c'est entre eux qu'ils avaient le plus de mal à se regarder ! Mais cela les faisait rire. Et puis ils n'avaient pas besoin de se regarder, il leur suffisait de voir dans la même direction et ils ne se quittaient jamais.
Un jour pourtant, le grand canard tomba dans un grand trou et le petit canard fut bien sûr incapable de l'aider à en sortir. Alors il alla chercher d'autres canards de taille moyenne et tous ensemble ils réussirent à tirer le grand canard de son trou.
Depuis ce jour, les deux amis canards passent des moments avec les autres canards de taille moyenne, même s'ils continuent souvent à les regarder de travers.
31 mai 2006
L'art du laconisme
Vingt-huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.
Paul Eluard, Le Temps déborde, 1947.
Nous ne vieillirons pas ensemble
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.
Paul Eluard, Le Temps déborde, 1947.
30 mai 2006
L'Aquoiboniste
Un faiseur de plaisantristes
Qui dit toujours à quoi bon
A quoi bon
Un aquoiboniste
Un modeste guitariste
Qui n'est jamais dans le ton
A quoi bon
Un aquoiboniste
Un modeste guitariste
Qui n'est jamais dans le ton
A quoi bon
Un aquoiboniste
Un peu trop idéaliste
Qui répèt' sur tous les tons
A quoi bon
Un aquoiboniste
Un drôl' de je m'enfoutiste
Qui dit à tort à raison
A quoi bon
Un aquoiboniste
Qui s'fout de tout et persiste
A dire j'veux bien mais au fond
A quoi bon
Un aquoiboniste
Qu'a pas besoin d'oculiste
Pour voir la merde du monde
A quoi bon
Un aquoiboniste
Qui me dit le regard triste
Toi je t'aime, les autres ce sont
Tous des cons
Serge Gainsbourg, 1978 © Melody Nelson Publishing
29 mai 2006
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux" dit la chanson. Et c'est vrai que je me demande parfois au nom de quoi je ne suis pas contente de ce que j'ai ; au nom de quoi je réclame autre chose ; qui je suis pour me prétendre en manque ! Quelle prétention d'être malheureux ! Quelle incommensurable présomption que de ne pas se satisfaire du présent ! Comme si on méritait mieux, comme si on avait le droit d'attendre autre chose.
Beau discours, hein. Que je suis bien la dernière à appliquer d'ailleurs. Et pourtant je le pense. Peut-être que parfois c'est juste un peu d'énergie dont on manque. Il faut la pêche pour être heureux. Bon, c'est quand on est heureux qu'on a la pêche vous me direz. C'est pas faux non plus.
OK. Demain j'essaie encore.
Beau discours, hein. Que je suis bien la dernière à appliquer d'ailleurs. Et pourtant je le pense. Peut-être que parfois c'est juste un peu d'énergie dont on manque. Il faut la pêche pour être heureux. Bon, c'est quand on est heureux qu'on a la pêche vous me direz. C'est pas faux non plus.
OK. Demain j'essaie encore.
27 mai 2006
Complexe
Il ne suffit pas d'aimer quelqu'un pour l'aimer comme il faut. Bigard, dans un de ses sketchs, dit qu'"on n'est pas à l'abri de la gentillesse des gens" et que les gens les mieux intentionnés sont parfois néfastes. Pour faire du bien à quelqu'un que l'on aime, il faut aussi une bonne dose de sensibilité et d'attention, et ce n'est pas toujours facile. L'amour le plus sincère n'est pas nécessairement généreux. Peut-être parce que dans le fait d'aimer quelqu'un, il y a en même temps l'admiration désintéressée que l'on éprouve pour l'autre, autrement dit le bonheur d'avoir sous les yeux quelqu'un qui nous plaît profondément, mais aussi l'amour de la relation entretenue et enfin le sentiment égoïste et enrichissant qui nous habite , auquel on ne veut jamais renoncer.
Ah ce n'est décidément pas simple, les relations humaines...
Ah ce n'est décidément pas simple, les relations humaines...
23 mai 2006
Aïe
En moins de 24 heures, je me fais vertement rabrouer à la fois sur le plan professionnel et sur le plan amical. Deux claques dans la gueule de bibi, à qui on dit combien elle est non seulement stupide mais encore nuisible.
Y'a des périodes comme ça, où des choses nous tombent sur la gueule alors qu'on s'y attend pas du tout. L'avantage de l'accumulation, c'est qu'au bout de plusieurs on arrête de pleurer et on attend que ça s'arrête. Il n'y a plus que cela à faire et on peut presque se dire qu'on n'est plus concerné, c'est trop énorme. Courage, fuyons. Toutes les situations ne sont pas bonnes à affronter, surtout les mauvaises. Avec l'expérience, je crois de moins en moins à ces conneries que l'on entend fréquemment, du genre : "L'homme est un apprenti, la douleur est son maître / Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert" (Musset). Se connaître n'a pas beaucoup d'intérêt si cela ne sert pas à être un peu plus heureux ; et souffrir n'a jamais engendré le bonheur.
Y'a des périodes comme ça, où des choses nous tombent sur la gueule alors qu'on s'y attend pas du tout. L'avantage de l'accumulation, c'est qu'au bout de plusieurs on arrête de pleurer et on attend que ça s'arrête. Il n'y a plus que cela à faire et on peut presque se dire qu'on n'est plus concerné, c'est trop énorme. Courage, fuyons. Toutes les situations ne sont pas bonnes à affronter, surtout les mauvaises. Avec l'expérience, je crois de moins en moins à ces conneries que l'on entend fréquemment, du genre : "L'homme est un apprenti, la douleur est son maître / Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert" (Musset). Se connaître n'a pas beaucoup d'intérêt si cela ne sert pas à être un peu plus heureux ; et souffrir n'a jamais engendré le bonheur.
18 mai 2006
Florence : la ville des trésors
Ses nombreux musées abritent d'importants chefs d'oeuvre, dont le plus magnifique, le plus époustouflant, le plus... je ne sais pas quoi, c'est le David de Michel Ange. Je n'y connais absolument rien en sculpture, et j'ai jusque là simplement été capable d'admirer platement, sans discerner un chef d'oeuvre d'un buste banal. Mais là, ô là ! devant ce géant au déhanché troublant, à la majesté écrasante, à la délicatesse surprenante pour ses 5 mètres de haut, là j'ai vu ce que c'était qu'un chef d'oeuvre.
L'originalité de la ville, hormis qu'elle abrite ce David, c'est que ses trésors se trouvent souvent dans les rues : la très imposante cathédrale avec ses monuments annexes tout aussi énormes, et la piazza della Signoria avec ses immenses statues en plein air.
Florence vaut vraiment le détour pour tout cela, mais pour goûter à l'authenticité de la vie citadine italienne, il faut sans doute aller plutôt dans les plus petites villes de Toscane.
15 mai 2006
La loi des non séries
Une expérience ne fait pas l'autre et d'une manière générale, dans notre noble métier d'enseignant (entendez-vous la Marseillaise en fond sonore ?), s'il y a une chose que l'on ne peut pas connaître, c'est la routine. Bref, tout cela pour dire qu'un voyage scolaire cauchemardesque n'en entraîne pas forcément d'autres, et que celui auquel je viens de participer pendant une semaine à Florence a été impeccable.
Le plus beau a été la joie et la bonne humeur des élèves tout au long, malgré les musées, les marches forcées, les attentes etc. Je ne dis pas qu'il n'y en pas eu qui ont rechigné de temps en temps, mais franchement, ils ont été sympas et ça fait du bien de le vivre et de le dire !!! Quelques incidents mineurs ont certes coloré le séjour : un élève surpris à glouglouter du rhum, un autre qui tripote du bout du doigt une fresque du XVIe siècle, des ouh ouh nocturnes par la fenêtre, des chansons paillardes dans le car, mais rien que de très normal quand on emmène 51 adolescents. S'il n'y avait rien eu du tout, voilà qui aurait été inquiétant ! On a même eu des grazie chantés sur le trajet du retour, c'est dire si tout s'est passé dans la bonne humeur.
A plus tard pour les billets sur Firenze proprement dit...
Le plus beau a été la joie et la bonne humeur des élèves tout au long, malgré les musées, les marches forcées, les attentes etc. Je ne dis pas qu'il n'y en pas eu qui ont rechigné de temps en temps, mais franchement, ils ont été sympas et ça fait du bien de le vivre et de le dire !!! Quelques incidents mineurs ont certes coloré le séjour : un élève surpris à glouglouter du rhum, un autre qui tripote du bout du doigt une fresque du XVIe siècle, des ouh ouh nocturnes par la fenêtre, des chansons paillardes dans le car, mais rien que de très normal quand on emmène 51 adolescents. S'il n'y avait rien eu du tout, voilà qui aurait été inquiétant ! On a même eu des grazie chantés sur le trajet du retour, c'est dire si tout s'est passé dans la bonne humeur.
A plus tard pour les billets sur Firenze proprement dit...
05 mai 2006
Voyage voyage
Dans trois jours, départ pour Florence...
J'y suis déjà allée une fois, il y a six ans environ et cela va être amusant de confronter ce que je vais voir la semaine prochaine à mes souvenirs. Je me rappelle la chaleur accablante (je n'ai jamais eu aussi chaud de ma vie je crois), un foisonnement incroyable de sculptures, monuments, fresques, couleurs tous les mètres. Je me souviens de la basilique Santa Croce avec son étoile de David sur le fronton et à l'intérieur le plafond bleu nuit avec les étoiles. Je me souviens du monde partout. Du Ponte Vecchio avec ses boutiques de bijoux...
Malgré les 19 heures 30 de car prévues pour l'aller comme pour le retour et la présence des élèves à surveiller, j'espère bien en profiter !!
J'y suis déjà allée une fois, il y a six ans environ et cela va être amusant de confronter ce que je vais voir la semaine prochaine à mes souvenirs. Je me rappelle la chaleur accablante (je n'ai jamais eu aussi chaud de ma vie je crois), un foisonnement incroyable de sculptures, monuments, fresques, couleurs tous les mètres. Je me souviens de la basilique Santa Croce avec son étoile de David sur le fronton et à l'intérieur le plafond bleu nuit avec les étoiles. Je me souviens du monde partout. Du Ponte Vecchio avec ses boutiques de bijoux...
Malgré les 19 heures 30 de car prévues pour l'aller comme pour le retour et la présence des élèves à surveiller, j'espère bien en profiter !!
04 mai 2006
PPQ
Si on n'y fait pas attention, on oublie que tous les jours, on a, à portée de mains, des PPQ = Petits Plaisirs Quotidiens. A avoir trop la tête dans le guidon ou des aspirations inaccessibles, on passe à côté d'infimes mais immenses douceurs, comme de sentir le souffle frais du dehors sur son visage le matin, alors qu'on est encore au chaud sous la couette ; comme d'écouter au crépuscule les oiseaux qui gazouillent ; comme de croiser le sourire de gens qu'on apprécie ; comme de croiser des gens beaux ; comme de penser aux gens qu'on aime ; comme de s'asseoir au soleil quelques minutes et de se sentir bien ; etc etc...
C'est tout con, hein.
03 mai 2006
Lecture : Bleu de chauffe, de Nan Aurusseau
Le premier roman de Nan Aurusseau, dont j'avais entendu et lu les critiques dithyrambiques de Jérôme Garcin notamment, est particulièrement séduisant. Il m'a plu comme me charmerait un homme à l'aspect rustre dont je percevrais la finesse et l'humour.
Ce livre écrit à la première personne raconte l'histoire d'un plombier obsédé par les malversations de son patron. Mais quand on a dit cela, on n'a pas dit grand chose. Bref, il faut le lire.
02 mai 2006
Trou d'obus
Si ma mémoire n'est pas trop défaillante ni erronée, le stoïcisme consiste essentiellement en l'acceptation de l'idée de mort, source d'angoisse qui empêche de vivre. Jusqu'à il y a peu de temps, c'est quelque chose que je ne comprenais pas dans la mesure où ma propre mort ne me faisait pas peur parce que je n'y pensais pas vraiment, et puis il y a quelques jours, dieu seul sait d'où c'est venu, j'y ai pensé et j'ai touché du doigt l'effroyable angoisse que de s'imaginer mort(e). Parce que c'est inconcevable, évidemment. Mais cela n'a pas duré longtemps et finalement, ce qui me paraît toujours le plus douloureux, c'est d'envisager la mort des autres.
Etant d'un naturel inquiet (merci maman), le moindre retard, la moindre absence inexpliquée des gens auxquels je tiens particulièrement me rend folle d'angoisse, et l'adjectif n'est pas trop fort. Et le pire dans ces moments, c'est de me projeter dans une existence où cet autre aurait disparu. La sensation que j'éprouve alors, c'est celle d'avoir un trou d'obus au milieu de la poitrine. Je sais qu'il est parfaitement idiot, irrationnel, de sombrer dans des scénarii aussi cauchemardesques mais je n'y peux rien ; je lutte docteur, pourtant, je lutte...
Y'a encore du boulot avant de devenir stoïcienne.
Etant d'un naturel inquiet (merci maman), le moindre retard, la moindre absence inexpliquée des gens auxquels je tiens particulièrement me rend folle d'angoisse, et l'adjectif n'est pas trop fort. Et le pire dans ces moments, c'est de me projeter dans une existence où cet autre aurait disparu. La sensation que j'éprouve alors, c'est celle d'avoir un trou d'obus au milieu de la poitrine. Je sais qu'il est parfaitement idiot, irrationnel, de sombrer dans des scénarii aussi cauchemardesques mais je n'y peux rien ; je lutte docteur, pourtant, je lutte...
Y'a encore du boulot avant de devenir stoïcienne.
27 avril 2006
La solitude engendre la solitude
J'ai fréquemment remarqué cela chez les autres, sans véritablement bien me l'expliquer : les gens seuls qui se plaignent de leur solitude s'enferment souvent dans un processus dont ils ne parviennent pas à sortir, sans avoir l'air de s'en rendre compte. Je me disais que c'était justement parce qu'ils passaient trop de temps à se lamenter et finalement n'envisageaient plus vraiment d'autre manière de vivre. (S'enfermer dans UNE façon de vivre et de penser, c'est d'une manière générale LA chose à fuir, à mon avis.) On est le plus souvent malheureux d'être seul, sauf quand on ne l'est pas assez et qu'on a besoin de s'échapper, et pourtant on s'y fait. C'est bien le pire. On s'habitue à tout. Où que l'on soit, on parvient toujours à se créer son petit monde à soi, un petit minimum qui permet de survivre, de se donner des buts, des lignes de conduite, des convictions. Et on finit par ne plus envisager autre chose. Dans le meilleur ou le pire des cas (cela dépend du point de vue), on peut même finir par croire qu'on y trouve notre compte et qu'on est bien comme ça. Je me rappelle le sketch de Muriel Robin sur la solitude, particulièrement cruel, qui parle de cela.
La lucidité n'est pas toujours une chance.
La lucidité n'est pas toujours une chance.
25 avril 2006
Les gens bien
Quelqu'un de bien, c'est quelqu'un qui a son âme tapissée, au fond, de façon profondément naturelle pour ne pas dire innée, d'un instinct d'honnêteté, de droiture et de gentillesse désintéressée. Les gens bien ne savent pas qu'ils appartiennent à cette catégorie, justement parce qu'ils ne le font pas exprès. Les gens bien ne sont pas forcément intelligents, ni forcément idiots. Les gens bien sont bienfaisants et incorruptibles. Les gens bien sont toujours humbles.
On ne devient pas quelqu'un de bien. On peut parfois avoir les mêmes comportements, parfois faire un bien équivalent à autrui, avec sincérité, mais sans être quelqu'un de bien, simplement parce qu'on ne le fait pas de façon totalement naturelle.
Je ne suis pas quelqu'un de bien. La chance que j'ai, c'est de les reconnaître, d'en connaître, de m'en faire aimer parfois, et de les avoir comme repères et comme modèles. Mais, avec la meilleure volonté du monde, je ne serai jamais quelqu'un de bien.
On ne devient pas quelqu'un de bien. On peut parfois avoir les mêmes comportements, parfois faire un bien équivalent à autrui, avec sincérité, mais sans être quelqu'un de bien, simplement parce qu'on ne le fait pas de façon totalement naturelle.
Je ne suis pas quelqu'un de bien. La chance que j'ai, c'est de les reconnaître, d'en connaître, de m'en faire aimer parfois, et de les avoir comme repères et comme modèles. Mais, avec la meilleure volonté du monde, je ne serai jamais quelqu'un de bien.
23 avril 2006
Lecture : Mystic river, de Dennis Lehane
Mystic river ne va pas faire partie de ces derniers. Le souvenir qui m'en reste, c'est finalement les images du film que Clint Eastwood en a tiré, et qui y est très fidèle. Et la fin, que je n'ai aimé ni dans le roman, ni dans la version cinématographique. Pourtant je n'ai pas détesté ce polar, car je l'ai lu sans déplaisir ; mais quand il s'agit d'en parler, rien de franchement positif ne me vient. Surgit au contraire avec précision ce que je n'ai pas apprécié : le portrait banal des assassins et une fin bavarde relativement malsaine. Son intrigue est assez captivante, non dénuée de suspense et de psychologie. On n'est pas dans le polar sans âme bourré de rebondissements plus ou moins crédibles, mais bon, sans en parler ici, je l'aurais oublié très vite.
22 avril 2006
J'aurais voulu être un bonhomme...
(Sur l'air de : "J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiste..."Pour les muscles, pour la taille, pour l'habileté innée à se débrouiller des travaux physiques, pour la possibilité de faire face à un mur haut à peindre, un plafond à défoncer, un tas de briques à massacrer à la masse, plus de 10 kilos à soulever, etc etc. Ouaip, je sais, tous les mecs ne sont pas costauds ni plombiers ni adroits, mais ils ne savent que rarement rien faire de ce que l'on attribue généralement à la gent masculine. Il y a quand même des prédispositions naturelles que les femmes n'ont pas. Qu'elles peuvent parfois acquérir, il paraît.
Est-ce que l'homme et la femme ont vraiment changé depuis l'ère préhistorique où l'homme allait chasser de ses gros bras musclés le mammouth récalcitrant ? La femme aujourd'hui cherche-t-elle aujourd'hui autre chose qu'un mâle protecteur qui sache lui montrer combien il est fort ? Je ne suis pas sûre.
16 avril 2006
Episode douloureux
Sortie scolaire, ma première qui dure plus de 12 heures. 166 élèves entre 15 et 19 ans, en très forte majorité des garçons, une quinzaine de profs motivés, une destination sympa. Et à cause de 5 élèves, tout dérape.
5 élèves n'étaient venus que pour provoquer, se heurter, nuire. 5 élèves malfaisants. On les savait perturbateurs, voire agressifs, mais on les avait emmenés, par souci d'équité. Escalade dans la violence verbale, la violence physique (pas contre nous mais contre d'autres jeunes), l'incommunicabilité, l'incompréhension. Oh personne n'a été poignardé, certes, mais je n'ai jamais connu un tel climat de tension, de brutalité et de mépris.
Notre métier d'enseignant n'est possible, viable, appréciable, que s'il y a une communication possible entre les élèves et nous, un minimum de valeurs communes ; et là, nous nous sommes confrontés à un mur infranchissable qui n'avait comme issue que la violence parce qu'aucun dialogue n'était possible, et pourtant, de notre côté, on a tout et tous essayé. Cette violence s'est limitée au ton, aux mots et à l'atmosphère, in extremis, mais pour combien de temps ?
Ces élèves sont maghrébins, et il serait hypocrite de prétendre que c'est un hasard. Cette incommunicabilité est forcément liée à une différence de culture et d'éducation. Ce à quoi j'ai assisté et participé pourrait suffire à me rendre raciste, c'est-à-dire à rejeter en bloc tous les individus de culture nord-africaine ; mais je ne dois pas oublier que j'en connais parmi les élèves comme parmi les adultes, dont le comportement n'a rien en commun avec ce que j'ai vu. Il n'empêche que ce voyage scolaire à cause de ces 5 monstres me fait encore froid dans le dos. Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a eu 161 élèves au comportement normal : blagueurs, dissipés, râleurs, bruyants, contents, pas contents, etc etc...
5 élèves n'étaient venus que pour provoquer, se heurter, nuire. 5 élèves malfaisants. On les savait perturbateurs, voire agressifs, mais on les avait emmenés, par souci d'équité. Escalade dans la violence verbale, la violence physique (pas contre nous mais contre d'autres jeunes), l'incommunicabilité, l'incompréhension. Oh personne n'a été poignardé, certes, mais je n'ai jamais connu un tel climat de tension, de brutalité et de mépris.
Notre métier d'enseignant n'est possible, viable, appréciable, que s'il y a une communication possible entre les élèves et nous, un minimum de valeurs communes ; et là, nous nous sommes confrontés à un mur infranchissable qui n'avait comme issue que la violence parce qu'aucun dialogue n'était possible, et pourtant, de notre côté, on a tout et tous essayé. Cette violence s'est limitée au ton, aux mots et à l'atmosphère, in extremis, mais pour combien de temps ?
Ces élèves sont maghrébins, et il serait hypocrite de prétendre que c'est un hasard. Cette incommunicabilité est forcément liée à une différence de culture et d'éducation. Ce à quoi j'ai assisté et participé pourrait suffire à me rendre raciste, c'est-à-dire à rejeter en bloc tous les individus de culture nord-africaine ; mais je ne dois pas oublier que j'en connais parmi les élèves comme parmi les adultes, dont le comportement n'a rien en commun avec ce que j'ai vu. Il n'empêche que ce voyage scolaire à cause de ces 5 monstres me fait encore froid dans le dos. Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a eu 161 élèves au comportement normal : blagueurs, dissipés, râleurs, bruyants, contents, pas contents, etc etc...
Déception
J'ai cru naïvement que les mouvements de grève, de contestation, les manifestations massives et joyeuses étaient le reflet d'un dynamisme et d'une volonté de renouveau. Il n'en est rien. En mai 68, les jeunes défilaient pour réclamer une autre société, plus libre, plus créatrice ; les jeunes aujourd'hui ne défilent pas pour une autre société mais bien au contraire pour réclamer le droit d'en faire partie. Ils réclament le droit de consommer.
J'aime de moins en moins mon époque, mon pays, ma société.
J'aime de moins en moins mon époque, mon pays, ma société.
11 avril 2006
Lecture : 99 francs, de Frédéric Beigbeder
Dans le désert de mes activités intellectuelles, j'avais emprunté un livre dont j'avais vaguement entendu parler, pas trop épais et écrit gros, pour renouer avec l'immersion bienfaisante dans la littérature. Raté.
Le roman de Frédéric Beigbeder raconte la vie d'un publiciste gavé de pognon et de solitude, et cherche surtout à travers ce personnage à vilipender notre détestable société de consommation. Ce récit qui se veut très ostensiblement engagé est surtout bavard et prétentieux. Il me fait penser à ces gens qui s'écoutent parler pendant des heures, se gargarisent de s'entendre prononcer des phrases pleine de mots et vides de sens, avec la dose de vulgarité pour avoir l'air hype et pas snob.
A force de faire mine de vomir pendant des pages et des pages sur notre univers artificiel où l'on est tous des cons manipulés, j'ai presque eu envie de trouver une télé pour admirer la pub.
04 avril 2006
Pourvu que ça bouge
Un semblant de printemps commence à se dessiner mais tout palpite. Depuis deux semaines au bas mot, les cours n'ont plus tout à fait lieu : quelques élèves ou pas du tout, des manifs, des blocages, du bruit... L'atmosphère est plutôt bon enfant, même si le fonds est grave. Pourvu que ça dure. Sans radio, sans télé, sans journaux, et sans beaucoup d'internet pour m'informer, avec seulement les échos de ce que je vis au lycée, il me semble que l'énergie déployée par les jeunes est positive : j'ai été tant atterrée par l'inertie des adolescents citadins que les voir défiler me rassure. Ils sont bien sûr une majorité à rester au lit ou devant leur écran, plutôt qu'à se rassembler dans les rues, mais tant pis. Qu'une partie de leur génération se mobilise pour faire bouger les choses, les esprits, la politique, me paraît infiniment sain. C'est pourquoi j'espère que ce dynamisme ne va pas s'évanouir et rester lettre morte à l'occasion des vacances scolaires. Le CPE n'est qu'un prétexte à une volonté de penser autrement la société, une société où l'on cesserait de stigmatiser les jeunes comme étant des victimes et des boulets. Parce que ça c'est grave, et ça doit changer.
28 mars 2006
Youpi : les manifs
Il me semble que dans l'éducation à la citoyenneté, chère à notre vénérable institution, devrait figurer en bonne place dans les programmes la participation à au moins une manif.
Et je dis cela sans plaisanter. Je ne connais pas d'endroit où l'on a davantage le sentiment d'appartenir à son pays et de défendre des valeurs. Il y règne une unité et une bonne humeur galvanisantes. J'irai jusqu'à dire que c'est là que règne notre devise nationale : liberté, égalité, fraternité.
Il est vrai cependant qu'on ne sait pas toujours bien ce que l'on conteste, qu'une foule, cela n'est jamais très intelligent et que notre pays souffre sûrement d'une incapacité à se réformer, mais flûte, c'est génial de défiler tous ensemble dans les rues !
Et je dis cela sans plaisanter. Je ne connais pas d'endroit où l'on a davantage le sentiment d'appartenir à son pays et de défendre des valeurs. Il y règne une unité et une bonne humeur galvanisantes. J'irai jusqu'à dire que c'est là que règne notre devise nationale : liberté, égalité, fraternité.
Il est vrai cependant qu'on ne sait pas toujours bien ce que l'on conteste, qu'une foule, cela n'est jamais très intelligent et que notre pays souffre sûrement d'une incapacité à se réformer, mais flûte, c'est génial de défiler tous ensemble dans les rues !
26 mars 2006
En vrac
- Il fait enfin doux mais l'humidité est à son comble : dans mes chez moi non chauffés, le sol est constamment humide. Beurk.
- Entre ma location enfin vide, mon squatt avec le minimum vital, et ma maison en chantier, la vie est "roots".
- Est-ce que c'est le cas pour tout le monde ou le manque d'habitude, je ne saurai dire, mais mes capacités intellectuelles, depuis que ce sont mes muscles (si si) et les activités pratiques qui dominent, sont complètement annihilées : je ne lis plus une ligne, je n'écris quasiment plus, et je n'ose même pas parler de mes préparations de cours (mais comme les lycéens sont en grève, ils ne s'en rendent pas compte).
- Dans le désert de ma vie spirituelle, j'ai quand même découvert la série Desperate housewives, et je ne pouvais rêver mieux pour me détendre le soir en rentrant dans mon squatt. Mais je la regarde en V.O.
- Je n'ai même pas le temps de penser à ce qui me manque. Enfin si quand même un peu, on ne se refait pas, mais pas beaucoup.
Gardons la patate...
- Entre ma location enfin vide, mon squatt avec le minimum vital, et ma maison en chantier, la vie est "roots".
- Est-ce que c'est le cas pour tout le monde ou le manque d'habitude, je ne saurai dire, mais mes capacités intellectuelles, depuis que ce sont mes muscles (si si) et les activités pratiques qui dominent, sont complètement annihilées : je ne lis plus une ligne, je n'écris quasiment plus, et je n'ose même pas parler de mes préparations de cours (mais comme les lycéens sont en grève, ils ne s'en rendent pas compte).
- Dans le désert de ma vie spirituelle, j'ai quand même découvert la série Desperate housewives, et je ne pouvais rêver mieux pour me détendre le soir en rentrant dans mon squatt. Mais je la regarde en V.O.
- Je n'ai même pas le temps de penser à ce qui me manque. Enfin si quand même un peu, on ne se refait pas, mais pas beaucoup.
Gardons la patate...
21 mars 2006
Pensée
Oscar Wilde disait que dans la vie le plus important n'était pas d'être aimé mais d'être préféré. Décidément, cet homme là avait oublié d'être con. On entend souvent par exemple que les stars adulées de milliers de fans se sentent souvent seules. Parce qu'être aimé d'une foule n'est pas grand chose mais être ce qu'il y a de plus important pour une personne, c'est tout. La vraie solitude est là : quand on n'est pas le "number one" d'un autre. C'est pour cela qu'on a besoin d'être amoureux et de former un couple, pour cela aussi qu'on a besoin d'un(e) "meilleur(e)" ami(e).
19 mars 2006
Chef de chantier
Non seulement je suis devenue propriétaire, mais par la même occasion : architecte d'intérieur, chef de chantier, destructrice de lambris, gratteuse de ciment. En cinq jours seulement !! C'est dire tout ce qui se passe (et peut se passer) quand on fait l'acquisition d'une maison. Y'en a toujours un peu beaucoup trop pour ma petite tête (la preuve : aujourd'hui je me paie une migraine monumentale qui annihile toute velléité), mais c'est quand même une belle aventure qui s'est engagée. 
On me répète autour de moi que l'on admire mon courage de m'occuper de tout cela seule. Mais où est le courage quand il s'agit de s'occuper de soi ? Il n'y a pas beaucoup de mérite. C'est balèze, parce que c'est prenant et compliqué, mais pas courageux.
J'aime apprendre, et je crois qu'avec cette maison à moi que j'ai maintenant (clin d'oeil à Garf pour l'expression), je vais avoir l'occasion d'apprendre beaucoup beaucoup beaucoup de choses...
On me répète autour de moi que l'on admire mon courage de m'occuper de tout cela seule. Mais où est le courage quand il s'agit de s'occuper de soi ? Il n'y a pas beaucoup de mérite. C'est balèze, parce que c'est prenant et compliqué, mais pas courageux.
J'aime apprendre, et je crois qu'avec cette maison à moi que j'ai maintenant (clin d'oeil à Garf pour l'expression), je vais avoir l'occasion d'apprendre beaucoup beaucoup beaucoup de choses...
14 mars 2006
Propriétaire !
Un grand jour, à ce qu'il paraît : me voilà PROPRIETAIRE...
Y'a une maison à la campagne, qui est à moi : les murs (pourris), les robinets (rouillés), la baignoire (bouchée), les fenêtres (à changer), le chiotte (qui pue), le terrain (en friche) etc etc. Bon, je plaisante, parce que je suis 'achement contente. Très très fatiguée, parce que les emmerdements ont succédé aux emmerdements avant cette grande date et qu'avec les travaux pour réparer murs, robinets, baignoire etc, j'ai encore plein d'autres surprises du même genre qui m'attendent. Mais c'est comme pour son gosse qu'est toujours le plus beau : MA maison, c'est la plus belle.
Y'a une maison à la campagne, qui est à moi : les murs (pourris), les robinets (rouillés), la baignoire (bouchée), les fenêtres (à changer), le chiotte (qui pue), le terrain (en friche) etc etc. Bon, je plaisante, parce que je suis 'achement contente. Très très fatiguée, parce que les emmerdements ont succédé aux emmerdements avant cette grande date et qu'avec les travaux pour réparer murs, robinets, baignoire etc, j'ai encore plein d'autres surprises du même genre qui m'attendent. Mais c'est comme pour son gosse qu'est toujours le plus beau : MA maison, c'est la plus belle.
10 mars 2006
Lecture : Danseur, de Colum mc Cann
Je l'ai lu sans déplaisir, mais j'ai été davantage portée par la curiosité que par l'écriture. L'auteur adopte plusieurs points de vue successivement, lesquels ne sont pas toujours faciles à identifier, et c'est sans doute ce qui m'a le plus gênée à la lecture. Finalement, la personnalité de "Rudik" m'est restée floue. Il est possible que ce soit justement ce que l'écrivain cherchait à produire comme image, celle d'un individu complexe, assez insaisissable, mais j'aurais bien aimé pouvoir mieux le cerner. Il me semble qu'une part de la magie suscitée par le personnage et par son histoire extraordinaire est appauvrie par le parti pris de distance de l'auteur.
09 mars 2006
Petit cerveau
C'est bien beau d'être une femme libre et indépendante mais parfois, flûte, c'est lourd.
Lourd d'avoir à tout décider même dans les domaines où l'on n'y connaît rien.
Lourd d'avoir à être là pour tout faire avec ses petits bras et son emploi du temps.
Lourd d'avoir à penser à tout.
Lourd d'avoir à faire les bons choix.
Lourd d'avoir à quémander de l'aide quand vraiment on peut pas assurer.

Il paraît que ce qui ne tue pas rend plus fort.
Il paraît.
Lourd d'avoir à tout décider même dans les domaines où l'on n'y connaît rien.
Lourd d'avoir à être là pour tout faire avec ses petits bras et son emploi du temps.
Lourd d'avoir à penser à tout.
Lourd d'avoir à faire les bons choix.
Lourd d'avoir à quémander de l'aide quand vraiment on peut pas assurer.
Il paraît que ce qui ne tue pas rend plus fort.
Il paraît.
Ah la jeunesse...
La rebellion est essentielle. Surtout à l'adolescence.
Pourtant, l'adolescent aujourd'hui me terrifie par son apathie et son conformisme. En conseil de classe, un jeune homme de seize ans, en première, gentil, poli, répond ingénuement à l'ensemble de ses professeurs qui lui demandent pourquoi ses résultats sont aussi faibles : "c'est parce que ce trimestre je préparais mon code".
Comment le temps passé à préparer son code a pu l'empêcher de travailler ses cours pendant tout un trimestre ? Comment cela a-t-il pu passer avant sa scolarité ? Comment a-t-il pu envisager que cela pût être une excuse ?
Ils ne sont pas plus idiots que les générations précédentes mais seulement beaucoup plus individualistes, beaucoup plus superficiels, beaucoup plus dispersés et beaucoup plus tristes je crois, mais sans doute seulement selon ma propre définition. Je préférerais une franche contestation, des revendications, peut-être même des conflits, plutôt que cette passivité insaisissable, ce comportement de simple consommateur, de spectateur, ce manque d'intérêt général, cette absence d'envie de s'impliquer, cette indifférence à leur propre existence. J'ai peur de ce que ces ados vont devenir quand ils se retrouveront adultes, en âge de voter, dans l'obligation de travailler, parents.
Eh oui, je sais, je suis déjà une vieille conne réac.
Pourtant, l'adolescent aujourd'hui me terrifie par son apathie et son conformisme. En conseil de classe, un jeune homme de seize ans, en première, gentil, poli, répond ingénuement à l'ensemble de ses professeurs qui lui demandent pourquoi ses résultats sont aussi faibles : "c'est parce que ce trimestre je préparais mon code".
Comment le temps passé à préparer son code a pu l'empêcher de travailler ses cours pendant tout un trimestre ? Comment cela a-t-il pu passer avant sa scolarité ? Comment a-t-il pu envisager que cela pût être une excuse ?
Ils ne sont pas plus idiots que les générations précédentes mais seulement beaucoup plus individualistes, beaucoup plus superficiels, beaucoup plus dispersés et beaucoup plus tristes je crois, mais sans doute seulement selon ma propre définition. Je préférerais une franche contestation, des revendications, peut-être même des conflits, plutôt que cette passivité insaisissable, ce comportement de simple consommateur, de spectateur, ce manque d'intérêt général, cette absence d'envie de s'impliquer, cette indifférence à leur propre existence. J'ai peur de ce que ces ados vont devenir quand ils se retrouveront adultes, en âge de voter, dans l'obligation de travailler, parents.
Eh oui, je sais, je suis déjà une vieille conne réac.
04 mars 2006
Qu'est-ce qu'être humain ?
La pièce de Vercors intitulée Zoo pose le problème de la définition de l'être humain. Après moult tergiversations, la réponse apportée à la fin de l'histoire est que l'homme se définit essentiellement comme un animal rebelle. Il est le seul être vivant qui s'insurge contre la nature, et cherche à en percer les mystères. C'est une jolie définition.
A mon avis, ce qui distingue aussi l'homme de l'animal c'est sa complexité et sa faculté de transformation : chacun d'entre nous est composé de multiples facettes, mais est aussi très différent selon les âges. Qui donc peut prétendre vraiment voir en l'enfant l'adolescent ou l'adulte de demain ? Des caractères se dessinent bien sûr, mais pas toujours et de toutes façons il y a toujours des surprises. L'humain est peut-être aussi l'être vivant qui subit le plus l'influence de son environnement : ce qui le constitue, c'est très largement tout ce qu'il vit et rencontre. Sa sensibilité, donc.
C'était la réflexion philosophique du soir, bonsoir.
A mon avis, ce qui distingue aussi l'homme de l'animal c'est sa complexité et sa faculté de transformation : chacun d'entre nous est composé de multiples facettes, mais est aussi très différent selon les âges. Qui donc peut prétendre vraiment voir en l'enfant l'adolescent ou l'adulte de demain ? Des caractères se dessinent bien sûr, mais pas toujours et de toutes façons il y a toujours des surprises. L'humain est peut-être aussi l'être vivant qui subit le plus l'influence de son environnement : ce qui le constitue, c'est très largement tout ce qu'il vit et rencontre. Sa sensibilité, donc.
C'était la réflexion philosophique du soir, bonsoir.
02 mars 2006
A quand la fin de l'hiver ??
C'est quand est-ce que ça va finir, hein ? Y'en a marre, bon Dieu, du froid, du gris et même du blanc, des cols roulés, des collants et des écharpes ! Je veux ranger mes gants de laine et mon bonnet, mettre mes pneus neige et ma bouillotte au placard, mes moumoutes dans les cartons pour l'année prochaine !! Certes, il fait jour plus tôt et plus tard, mais ce n'est bien qu'à cela qu'on voit qu'on n'est plus en décembre ! J'en ai marre de me peler dans ma maison, de ne pas oser ouvrir les fenêtres, de rester vissée aux radiateurs et de ne jamais voir le soleil.
Preuve en est faite en tout cas une nouvelle fois : Dieu, puisqu'il permet ce état de choses et qu'il n'écoute pas nos unanimes plaintes, n'existe pas.
Preuve en est faite en tout cas une nouvelle fois : Dieu, puisqu'il permet ce état de choses et qu'il n'écoute pas nos unanimes plaintes, n'existe pas.
24 février 2006
A quoi ça sert d'être cultivé ?
A quoi ça sert, mmh ? De citer des vers, de savoir la date de naissance de Copernic, de connaître la chronologie exacte des conflits israëlo-palestiniens, d'avoir lu les rapports sur les derniers tests de vaccins contre le sida ? A part briller dans les dîners, mais plus personne ne va dans les dîners.
Nulle boutade, c'est une vraie question. Je cherche.
Ah. Peut-être que cela permet de mieux profiter du monde qui nous entoure : au lieu de ne voir que la surface des choses, on en perçoit les tenants, les aboutissants, la valeur. Connaître des choses permet de comparer, d'évaluer, d'apprécier.
Exemple : si je ne connais pas Brassens, Barbara, Brel ou Gainsbourg, je m'extasie devant les textes de Florent Pagny. Si je ne connais pas l'auteur du Cid, je trouve que Corneille est un super nom pour un chanteur. Si je n'ai pas lu Homère, mon épopée favorite, c'est La Guerre des étoiles.
Merde, j'adore La Guerre des étoiles.
Nulle boutade, c'est une vraie question. Je cherche.
Ah. Peut-être que cela permet de mieux profiter du monde qui nous entoure : au lieu de ne voir que la surface des choses, on en perçoit les tenants, les aboutissants, la valeur. Connaître des choses permet de comparer, d'évaluer, d'apprécier.
Exemple : si je ne connais pas Brassens, Barbara, Brel ou Gainsbourg, je m'extasie devant les textes de Florent Pagny. Si je ne connais pas l'auteur du Cid, je trouve que Corneille est un super nom pour un chanteur. Si je n'ai pas lu Homère, mon épopée favorite, c'est La Guerre des étoiles.
Merde, j'adore La Guerre des étoiles.
22 février 2006
Poème
N'en déplaise à ceux qui pensent que Mallarmé est un poète artificiel...
Apparition Je ne comprends rien, mais ça m'émeut.
Apparition
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
21 février 2006
Aphorisme
"Si vous nagez dans le bonheur, soyez prudent, restez là où vous avez pied".
Marc Escayrol, auteur de Mots et grumots, dictionnaire humoristique.
Marc Escayrol, auteur de Mots et grumots, dictionnaire humoristique.
Lecture : L'Hôtel New Hampshire, de John Irving
Ce roman ne vaut peut-être pas Une prière pour Owen, L'Oeuvre de Dieu la part du diable ou Le Monde selon Garp mais on retrouve les ingrédients des fresques de John Irving.
Ses romans valent pour leur fantaisie d'une part et d'autre part pour la légereté avec laquelle ils abordent des thèmes graves ; ici la mort, le suicide, l'inceste. Pour le foisonnement des idées, je pense un peu à Pennac (que je préfère à Irving !). La quatrième de couverture vante le côté "hilarant" du récit, ce qui est à mon avis très exagéré. Mais si l'on aime les voyages, les personnages pittoresques et les aventures familiales bizarres, on est servi.
Télé et matraquage
Je n'ai pas les chaînes de télévision. A l'occasion, je me plante devant, ce qui sans doute fait que j'y découvre des choses nouvelles. Ce qui m'étonne le plus, c'est l'incroyable vitesse avec laquelle défilent les images. Le pire, ce sont les pubs : des dizaines de plans à la minute. Mais même pendant les émissions, la mode est aux mouvements incessants de caméra, aux changements brusques de plans et même aux superpositions puisque souvent des informations défilent en bas de l'écran ou bien sont en surimpression dans les coins. L'oeil et l'attention sont mis à rude épreuve. Par manque d'habitude, je suis surtout dérangée mais nul doute que si j'ai un jour à nouveau la télévision, je serais très vite conditionnée à nouveau.
Je ne m'étonne pas que les jeunes d'aujourd'hui soient incapables de concentration, de simplement prendre du temps pour faire quelque chose, une seule chose. Et il y a là un problème extrêmement grave. Ne pas savoir se concentrer, approfondir, c'est le symptôme de la bêtise. Si l'écran influe sur les comportements violents, c'est peut-être, non à cause des images de violence, mais parce qu'il encourage aux réactions épidermiques, non réfléchies.
Ah ! Vive la lenteur !
14 février 2006
Beurk : Une histoire d'herbe et de voisin...
Quand on est seul, on a envie de monde, quand on a le temps de dormir, on n'a plus sommeil, quand on a du temps, on n'a rien à faire, quand on n'en a plus, on est débordé, quand on est en famille, on voudrait le calme de la vie de célibataire... On passe notre vie à trouver que l'herbe est plus verte chez le voisin, ou dans une vie antérieure. Pourquoi la vie est-elle si mal foutue ? Pourquoi ne pourrait-on pas échanger de vie de temps en temps et avoir ce qu'on veut au moment où on en a besoin ? Pourquoi on ne peut pas se contenter de ce que l'on a ?
Je la sors à qui veut l'entendre, la sage phrase d'Epictète qui dit : "n'attends pas les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux". Cela fait même une dizaine d'années, sans exagérer, qu'elle trône sur le tableau blanc de ma cuisine. Mais, comme quoi, la méthode Coué n'a pas de prise sur moi.
Je la sors à qui veut l'entendre, la sage phrase d'Epictète qui dit : "n'attends pas les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux". Cela fait même une dizaine d'années, sans exagérer, qu'elle trône sur le tableau blanc de ma cuisine. Mais, comme quoi, la méthode Coué n'a pas de prise sur moi.
12 février 2006
Lecture : L'Or et la cendre, d'Eliette Abécassis
Je ne suis pas sûre qu'un polar puisse prétendre à être autre chose qu'un polar ; en d'autres termes, je ne crois pas qu'un bon polar puisse être en même temps un essai philosophique, une dissertation théologique. Dans la première partie, les longues digressions répétitives sur l'amour m'avaient déjà agacées : non pas que je les trouve ridicules mais surtout lourdes, longues et incongrues. Mais dans la deuxième partie, les longues pages métaphyiques, spirituelles, exaltées, je les ai carrément trouvées insupportables. Tout cela pour finir en eau de boudin, dans le flou artistique, vaguement fantastique. Je crois que j'avais trouvé Qumran, le premier ouvrage de l'auteur, assez bavard, lourdement érudit, mais pas à ce point là.
Je crois décidément que l'art du polar, loin d'être simple, c'est l'art de l'action et de la concision.
11 février 2006
Lecture : La Maladie de Sachs, de Martin Winckler
J'avais beaucoup aimé Les Trois médecins, publié après, mais racontant la vie de Bruno Sachs avant La Maladie de Sachs (on se croirait dans Star Wars !). J'avais bien aimé que selon les chapitres, les narrateurs soient différents et même si j'avais trouvé l'ensemble un peu embrouillé, et le rapprochemement avec Les Trois Mousquetaires finalement un peu ténu, l'histoire m'avait séduite.
La Maladie de Sachs utilise aussi cette technique de la multiplication des points de vue puisque les chapitres sont des épisodes médicaux racontés par les patients, la voix du personnage principal n'intervenant que rarement. J'ai eu du mal à identifier, à plusieurs reprises, les "je" qui prennent la parole et qui s'adressent à la deuxième personne au médecin. Cela m'a paru long, aussi. Le gentil et révolté médecin ne m'a pas semblé mériter ces 600 pages.
A noter que Martin Winckler a un site internet et que s'il lui sert ouvertement d'autopromotion, on peut y trouver aussi des informations médicales intéressantes.
Ces absents qui nous habitent...
Je n'ai jamais autant pleuré, je crois, que pour la mort de mon grand-père. Et presque dix ans plus tard, je ne peux l'évoquer sans que ma gorge se serre. Sans doute, je pense à lui de moins en moins souvent, mais il continue à surgir de façon fulgurante à certains moments de ma vie. Hier, l'idée m'a frappé (le mot n'est pas trop fort) que j'aurais vraiment aimé pouvoir discuter et partager des choses avec lui aujourd'hui. Quand il est mort, j'étais une autre, une gamine. Aujourd'hui, on aurait tant gagné à parler ensemble.
Curieusement, mais j'imagine que tout le monde ressent cela, j'ai constamment le sentiment qu'il m'accompagne. Son visage en photo, son souvenir, son existence, n'ont jamais cessé de m'être familiers. J'ai beaucoup changé mais lui est toujours là. Alors que des gens revus quelques années plus tard, voire moins que cela, peuvent nous paraître complètement étrangers.
Je n'ai aucune idée sur ce que la mort signifie et ce n'est même pas un sujet qui me préoccupe, mais une chose est sûre : sentir une présence, de même que vivre, sont des choses bien mystérieuses.
Curieusement, mais j'imagine que tout le monde ressent cela, j'ai constamment le sentiment qu'il m'accompagne. Son visage en photo, son souvenir, son existence, n'ont jamais cessé de m'être familiers. J'ai beaucoup changé mais lui est toujours là. Alors que des gens revus quelques années plus tard, voire moins que cela, peuvent nous paraître complètement étrangers.
Je n'ai aucune idée sur ce que la mort signifie et ce n'est même pas un sujet qui me préoccupe, mais une chose est sûre : sentir une présence, de même que vivre, sont des choses bien mystérieuses.
05 février 2006
Garfieldd : fin de l'affaire ?
Voilà, le ministre a revu sa copie : Garfieldd écope d'un an de suspension, dont 6 mois avec sursis. Il réintègre l'Educ naze le 4 août prochain.
C'est une victoire dans la mesure au regard de la sanction initiale : là-haut, on a quand même fait machine arrière.
Mais la sanction reste sévère, toujours contestable et dérangeante. Quoi qu'il en soit, sans doute vaut-il mieux garder toute cette histoire en mémoire : pour Garfieldd d'abord, parce que le sol doit toujours vibrer sous ses pas après ce séisme et que 6 mois de suspension, ce n'est pas forcément facile à envisager. Et puis parce que ce séisme n'est certainement pas un "hapax" (quelque chose qui n'apparaît qu'une fois) : il est la partie immergée d'un iceberg au milieu de la banquise. Et ne nous leurrons pas : le ministre n'a pas fait de mea culpa (Garfieldd n'a même pas été reçu par quelque instance mais informé par une secrétaire), il a seulement cédé au raz de marée médiatique. Alors restons vigilant.
C'est une victoire dans la mesure au regard de la sanction initiale : là-haut, on a quand même fait machine arrière.
Mais la sanction reste sévère, toujours contestable et dérangeante. Quoi qu'il en soit, sans doute vaut-il mieux garder toute cette histoire en mémoire : pour Garfieldd d'abord, parce que le sol doit toujours vibrer sous ses pas après ce séisme et que 6 mois de suspension, ce n'est pas forcément facile à envisager. Et puis parce que ce séisme n'est certainement pas un "hapax" (quelque chose qui n'apparaît qu'une fois) : il est la partie immergée d'un iceberg au milieu de la banquise. Et ne nous leurrons pas : le ministre n'a pas fait de mea culpa (Garfieldd n'a même pas été reçu par quelque instance mais informé par une secrétaire), il a seulement cédé au raz de marée médiatique. Alors restons vigilant.
01 février 2006
Youpi : Se "dépenser"
"Dé-penser", c'est arrêter de penser et DIEU QUE C'EST BON !! On dit toujours que l'esprit influence le corps, mais l'inverse est au moins autant vrai. Une heure à courir après un ballon, à frapper dans une balle, à n'avoir le cerveau connecté que sur les lignes de démarcation, etc... et ô combien avec la fatigue physique l'esprit s'allège !! S'oxygéner les neurones, c'est forcément s'occuper de son corps.
En ce moment, j'expérimente une autre forme de "dépense" : je chante. Enfin j'essaie. Mon impulsivité bêtasse a fait que je me suis portée (joyeusement) volontaire pour pousser la chansonnette et me voilà à passer mes mercredis après-midi à tenter d'éviter le ridicule en sortant mes poumons et mes tripes. Sacré défi quand on est seulement pro du solo sous la douche (en réalité c'est plutôt dans ma voiture que je braille le plus fort). Mais ces petites heures de tension ont le mérite elles aussi de m'aérer la tête, en plus de la gorge. Se faire violence, c'est quelque part se maintenir en bonne santé...
En ce moment, j'expérimente une autre forme de "dépense" : je chante. Enfin j'essaie. Mon impulsivité bêtasse a fait que je me suis portée (joyeusement) volontaire pour pousser la chansonnette et me voilà à passer mes mercredis après-midi à tenter d'éviter le ridicule en sortant mes poumons et mes tripes. Sacré défi quand on est seulement pro du solo sous la douche (en réalité c'est plutôt dans ma voiture que je braille le plus fort). Mais ces petites heures de tension ont le mérite elles aussi de m'aérer la tête, en plus de la gorge. Se faire violence, c'est quelque part se maintenir en bonne santé...
29 janvier 2006
Naturel / Pas naturel
Quand on dit que l'homosexualité est une déviance, quelque chose de pas naturel, voilà ce que je me dis : certes, l'humain, en ce qu'il est animal, est naturellement porté vers le sexe opposé, dans un souci instinctif de procréation. Si l'on admet que nous sommes des animaux, que nous devons agir en accord avec Mère Nature, alors oui, l'homosexualité est une déviance. Mais l'essentiel de nos comportements l'est alors aussi ! Manger sans avoir faim n'est pas naturel, la contraception n'est pas naturelle, se maquiller n'est pas naturel, décorer sa maison n'est pas naturel, travailler non plus n'est pas naturel !! Etc etc.
L'homophobie, qui prend pour garantie la Nature, est donc grotesque, avant même d'être malfaisante. Et quand des médecins se drapent derrière leur jargon et leurs années d'étude pour balancer ce genre d'énormités, je frémis d'horreur. Notre intelligence a fait sans doute que nous ne sommes plus des animaux, que nous ne sommes plus tout à fait naturels mais qu'au contraire notre évolution consiste en un constant trafic de la Nature.
Respecter la Nature n'a rien à voir avec le fait de croire s'y conformer, car personne n'a envie de revenir à l'état animal.
L'homophobie, qui prend pour garantie la Nature, est donc grotesque, avant même d'être malfaisante. Et quand des médecins se drapent derrière leur jargon et leurs années d'étude pour balancer ce genre d'énormités, je frémis d'horreur. Notre intelligence a fait sans doute que nous ne sommes plus des animaux, que nous ne sommes plus tout à fait naturels mais qu'au contraire notre évolution consiste en un constant trafic de la Nature.
Respecter la Nature n'a rien à voir avec le fait de croire s'y conformer, car personne n'a envie de revenir à l'état animal.
26 janvier 2006
Lecture : Moins que zéro, de Bret Easton Ellis
Je suis loin d'avoir été séduite comme je l'ai été par Lunar Park, mais j'ai lu Moins que zéro sans déplaisir. L'histoire en elle-même est assez peu intéressante ; en revanche la froideur de la narration m'a fait penser une fois de plus à Crash de Ballard. On retrouve dans ces deux récits des personnages glaçants, qui ont "tout pour être heureux", pour avoir sinon une vie facile, au moins une vie banale, et qui essaient des plaisirs extrêmes et malsains, sans pour autant réveiller leur sensibilité.
J'ai un peu pensé aussi à L'Attrape coeurs, de Salinger, mais ce qui est troublant, c'est qu'il y a cinquante ans, le jeune bourgeois américain de 18 ans était révolté par le manque de tendresse et qu'il cherchait partout un peu de passion. Avec Bret Easton Ellis, (comme avec Ballard), il semblerait qu'il n'ait rien trouvé.
23 janvier 2006
La Toile : et le monde réel dans tout ça ? (suite)
Sur le net, l'identité est une notion ambiguë, en tout cas différente de la réalité, de même que la notion de propriété. On peut tout y prendre sans que l'on puisse véritablement qualifier cela de vol ou de plagiat. On essaie d'appliquer des règles du monde réel, notamment pour tout ce qui concerne les copies de films et de musique mais cela me paraît bien vain. On ne peut pas fonctionner dans le monde de l'internet avec les règles qui réagissent la société, c'est tout simplement impossible, ingérable et même, cela n'a plus de sens. C'est un autre monde, avec d'autres voix et d'autres lois. Ces dernières restent à définir, sans doute, mais une chose me paraît certaine : on ne peut pas les calquer sur d'autres.
Tous les blogueurs renvoient à d'autres blogs, tous les sites renvoient à d'autres sites et utilisent des informations et des images qui viennent d'autres pages web. Il s'agit là d'une vaste communauté où l'individualité telle que nous la connaissons n'existe plus. Je n'émets là aucun jugement de valeur. Je me demande surtout quelle est la transformation que ce mode de communication de plus en plus présent (au point que le terme de "monde virtuel" devienne absurde) va avoir sur nos modes de communication réels, sur nos existences.
Tous les blogueurs renvoient à d'autres blogs, tous les sites renvoient à d'autres sites et utilisent des informations et des images qui viennent d'autres pages web. Il s'agit là d'une vaste communauté où l'individualité telle que nous la connaissons n'existe plus. Je n'émets là aucun jugement de valeur. Je me demande surtout quelle est la transformation que ce mode de communication de plus en plus présent (au point que le terme de "monde virtuel" devienne absurde) va avoir sur nos modes de communication réels, sur nos existences.
22 janvier 2006
La Toile : et le monde réel dans tout ça ?
L' "affaire Garfieldd", pas encore tout à fait close mais en tout cas momentanément apaisée, suscite beaucoup de réactions et d'interrogations. Au-delà de la réaction extrêmement dure de nos dirigeants envers lui, on peut voir aussi la crainte et l'ambiguïté qui règnent dans tout ce qui touche le monde de l'internet.
Il est très différent de lire un blog de quelqu'un que l'on ne connaît pas (en croyant apprendre à le connaître !) et de lire celui de quelqu'un que l'on connaît vraiment, et de reconnaître les lieux, les événements et les personnes qui sont décrites. Non, ce n'est pas pareil. Les blogueurs qui défendent Garfieldd (j'en suis bien sûr ! mais je le défends en tant que collègue) me semblent oublier ce paramètre.
Qui est-on lorsqu'on écrit un blog ? Lorsqu'on commente ? Lorsqu'on réagit ? L'identité que l'on a sur la Toile me paraît très floue. Dire que l'on est soi-même me paraît très facile et très faux ; se cacher (ou se montrer ?) derrière un pseudonyme est tout aussi équivoque.
Que cherche-t-on lorsque l'on "parle" sur la Toile ? Le blog intime est le cas extrême de cette étonnante contradiction qui apparaît possible, entre une impudeur totale et un enfermement complet. On livre le plus personnel et en même temps on se cache derrière un faux nom, et on attend des réactions de gens inconnus, dont on ne sait qu'un faux nom également.
La voix des blogueurs se fait de plus en plus entendre et écouter, mais cette voix, si elle est forte, ne me paraît pas pour autant bien claire.
Il est très différent de lire un blog de quelqu'un que l'on ne connaît pas (en croyant apprendre à le connaître !) et de lire celui de quelqu'un que l'on connaît vraiment, et de reconnaître les lieux, les événements et les personnes qui sont décrites. Non, ce n'est pas pareil. Les blogueurs qui défendent Garfieldd (j'en suis bien sûr ! mais je le défends en tant que collègue) me semblent oublier ce paramètre.
Qui est-on lorsqu'on écrit un blog ? Lorsqu'on commente ? Lorsqu'on réagit ? L'identité que l'on a sur la Toile me paraît très floue. Dire que l'on est soi-même me paraît très facile et très faux ; se cacher (ou se montrer ?) derrière un pseudonyme est tout aussi équivoque.
Que cherche-t-on lorsque l'on "parle" sur la Toile ? Le blog intime est le cas extrême de cette étonnante contradiction qui apparaît possible, entre une impudeur totale et un enfermement complet. On livre le plus personnel et en même temps on se cache derrière un faux nom, et on attend des réactions de gens inconnus, dont on ne sait qu'un faux nom également.
La voix des blogueurs se fait de plus en plus entendre et écouter, mais cette voix, si elle est forte, ne me paraît pas pour autant bien claire.
20 janvier 2006
HOURRA !
Ce soir, le ministre a publié un communiqué de presse, dans lequel il dit revenir sur la sanction infligée à Garfieldd. OUF !!! 
Restons vigilants quand même...

Restons vigilants quand même...
19 janvier 2006
Au sujet du "devoir de réserve"
Les choses ont l'air de bouger dans le bon sens pour notre ami Garfieldd. Les soutiens se multiplient, les articles que l'on peut lire ou entendre soulignent l'incohérence manifeste de la sanction (rappelons que qu'il n'y a aucune poursuite judiciaire à la suite de la révocation, ce qui prouve bien que celle-ci ne s'appuie en fait sur rien de véritablement grave) et les voix s'élèvent d'un peu partout (pour avoir toutes les infos, allez voir là). Plus la rumeur sera forte, plus elle aura de chances d'être entendue.
Je m'interroge ce soir sur ce "devoir de réserve" que notre proviseur aurait transgressé. Qu'en tant que fonctionnaire, en charge d'une mission d'éducation auprès d'élèves, on n'ait pas le droit de faire de prosélytisme, d'accord. En matière de politique, d'idéologie, de sexualité. D'accord. Garfieldd n'est pas accusé de cela : ses qualités de chef d'établissement ont été prouvées et il n'a jamais mêlé sa vie privée à l'exercice de sa fonction.
Alors, si un élève surprend un de ses enseignants en maillot de bain sur la plage ; s'il le surprend un peu éméché en boîte de nuit fêtant l'anniversaire d'un ami ; s'il le surprend main dans la main, bouche contre bouche avec quelqu'un dans une salle de cinéma ; s'il le surprend dans sa vie quotodienne, personnelle, privée, le professeur manque-t-il à son devoir de réserve ? Comment pourrait-on répondre oui à cette question ?
Alors, en quoi Garfieldd, qui ne s'est montré que dans sa sphère privée, avec ses goûts, ses réflexions, ses histoires, manque-t-il à son devoir de réserve ?
Je m'interroge ce soir sur ce "devoir de réserve" que notre proviseur aurait transgressé. Qu'en tant que fonctionnaire, en charge d'une mission d'éducation auprès d'élèves, on n'ait pas le droit de faire de prosélytisme, d'accord. En matière de politique, d'idéologie, de sexualité. D'accord. Garfieldd n'est pas accusé de cela : ses qualités de chef d'établissement ont été prouvées et il n'a jamais mêlé sa vie privée à l'exercice de sa fonction.
Alors, si un élève surprend un de ses enseignants en maillot de bain sur la plage ; s'il le surprend un peu éméché en boîte de nuit fêtant l'anniversaire d'un ami ; s'il le surprend main dans la main, bouche contre bouche avec quelqu'un dans une salle de cinéma ; s'il le surprend dans sa vie quotodienne, personnelle, privée, le professeur manque-t-il à son devoir de réserve ? Comment pourrait-on répondre oui à cette question ?
Alors, en quoi Garfieldd, qui ne s'est montré que dans sa sphère privée, avec ses goûts, ses réflexions, ses histoires, manque-t-il à son devoir de réserve ?
18 janvier 2006
Flagrant délit d'injustice
Un proviseur est révoqué : mesure extrêmement grave puisqu'elle est infiniment rare et qu'elle punit le condamné à ne plus jamais exercer dans la fonction publique, à ne recevoir aucune indemnité, bref, à une espèce de mort sociale. Alors on se dit que le délit est forcément terriblement grave, lui aussi. Logique : notre justice est juste, non ?... NON ?
Il a tué, violé, détourné de l'argent ce proviseur ? Non. Il a écrit des mots et publié des photos que l'Institution a qualifiés de "pornographiques". Et à quoi ça ressemble cette pornographie ? Des mecs en slip, une paire de fesses, des histoires d'amour. Mais il ne fait pas bien son travail ? Si si, il était très bien noté, un parcours exemplaire. Les gens qui travaillent avec lui s'en sont plaint ? Ah non, jamais, au contraire, il est très apprécié. Ah oui, ce proviseur est homo. Est-il concevable que ce soit cela qu'on lui reproche ?
J'ajoute que ce proviseur, j'ai travaillé trois ans avec lui et que c'est le meilleur proviseur que j'ai connu. On l'a nommé dans notre lycée pour le sauver d'un proviseur incompétent et nuisible (qui lui a été envoyé dans un plus grand lycée dans une autre académie) ; et en trois ans il a redressé la barre. Tout le monde lui en a été reconnaissant et a regretté son départ.
J'ajoute encore que j'ai lu son blog et que je l'aimais beaucoup : il écrit très bien et c'était émouvant, drôle, intelligent, sentimental. Mais absolument jamais "pornographique", ni même indécent.
J'ajoute enfin que je suis bouleversée et révoltée par ce qui lui arrive, comme tous ceux autour de moi qui le connaissent.
De nombreux blogueurs comme Ron offrent des liens pour consulter les articles liés à cette terrible histoire et des extraits du blog incriminé. Heureusement, la presse est plutôt avec lui. Un avocat blogueur publie une lettre ouverte au ministre dont on ne peut qu'espérer qu'elle trouvera écho auprès de ceux qui ont le pouvoir sur notre existence. Il est de notre devoir de défendre ce proviseur qui n'a commis aucun crime, et de nous insurger contre cette sanction démesurée et injustifiée, pour lui mais aussi pour nous tous. La formule est pompeuse mais je pense qu'elle est vraie : l'heure est grave pour notre démocratie et nos libertés individuelles.
16 janvier 2006
Lecture : Lunar Park, de Bret Easton Ellis
Au début, l'auteur raconte son parcours d'écrivain et c'est déjà captivant parce qu'il retrace son fulgurant succès parallèlement à sa déchéance personnelle, avec une simplicité et un détachement déconcertants par rapport à l'énormité de ce qu'il raconte. Ensuite démarre une histoire à la fois étrange et familière. Il est toujours Bret Easton Ellis, et la narration continue à s'apparenter à de l'autobiographie, mais interviennent des événements surréalistes pour ne pas dire complètement fous.
Dans Crash, de Ballard, il y avait déjà ce mélange singulier de réalité et de fiction, notamment à cause du fait que l'auteur se mettait en scène en utilisant son propre nom pour le personnage principal, et que les événements ne semblaient pas tout à fait futuristes. Le lecteur est fortement dérouté par cette limite indécise entre vérité et fiction et ce principe est omniprésent dans le récit d'Ellis. Sa lecture est une expérience complètement nouvelle.
Sans doute est-ce pour cette raison que cet auteur est parfaitement moderne : l'incertitude entre les mondes réel et virtuel, entre la vie privée et la vie publique, est indubitablement le phénomène le plus emblématique du XXIe siècle. Les notions d'intimité et de réalité sont en plein bouleversement avec l'importance grandissante du monde virtuel, qui existe de plus en plus.
Le livre d'Ellis est donc déroutant et passionnant.
15 janvier 2006
La patate chaude : c'est mon tour
Paraît que ça tourne au sein des blogs et on m'a défié de m'y coller, alors je m'y colle...
Les 7 choses que je veux faire avant de mourir :
- apprendre plein de choses par coeur (parce que je n'ai pas la mémoire que je voudrais, même pour les choses que j'adore)
- écrire des choses simples et surtout impérissables
- 50 super parties de jambes en l'air
- rouler à 200km/h sur circuit dans une super bagnole
- contribuer à empêcher l'installation d'une droite fascisante au pouvoir
- finir mon analyse
- manger des ris de veau et des huîtres chaudes
Les 7 choses que je sais bien faire :
- me moquer des autres
- le magret de canard au miel et au cumin
- chanter dans ma voiture
- les massages
- les listes de choses à faire
- rêver
- poser des questions
Les 7 choses que je ne sais pas faire :
- m'empêcher d'être impatiente
- le calcul mental
- travailler quand j'ai pas envie
- m'assoir en tailleur
- mentir
- lire sans sauter des passages
- jouer avec des enfants plus d'un quart d'heure
Les 7 choses qui m'attirent dans le sexe opposé :
- le poil brun (sur la tête uniquement)
- le manque d'intérêt manifesté pour ma personne
- l'humour
- l'intelligence discrète
- la propreté (genre qui pisse pas sur le bord de la cuvette)
- les connaissances dans tous les domaines où je n'y connais rien
- les mains
Les 7 choses que je dis souvent :
- "genre"
- "qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint" (c'est Montaigne qui l'a dit avant moi)
- "ça me troue le cul"
- "non? pas possible !"
- " j'ai plein de cheveux blancs"
- "vivement ce soir qu'on se couche"
- "j'ai faim"
Les 7 béguins pour des célébrités :
- Johnny Depp
- Montgomery Cliff (je sais, il est mort, et en plus il était homo)
- Bruce Willis
- Anthony Perkins (je sais, idem que Montgomery)
- Thomas Fersen
- Nicole Kidman
- Sharon Stone
Tout ceci au pied levé ; c'est-à-dire que dans deux heures j'aurais envie de tout changer. Mais il y a quand même du vrai dans tout ça.
Les 7 choses que je veux faire avant de mourir :
- apprendre plein de choses par coeur (parce que je n'ai pas la mémoire que je voudrais, même pour les choses que j'adore)
- écrire des choses simples et surtout impérissables
- 50 super parties de jambes en l'air
- rouler à 200km/h sur circuit dans une super bagnole
- contribuer à empêcher l'installation d'une droite fascisante au pouvoir
- finir mon analyse
- manger des ris de veau et des huîtres chaudes
Les 7 choses que je sais bien faire :
- me moquer des autres
- le magret de canard au miel et au cumin
- chanter dans ma voiture
- les massages
- les listes de choses à faire
- rêver
- poser des questions
Les 7 choses que je ne sais pas faire :
- m'empêcher d'être impatiente
- le calcul mental
- travailler quand j'ai pas envie
- m'assoir en tailleur
- mentir
- lire sans sauter des passages
- jouer avec des enfants plus d'un quart d'heure
Les 7 choses qui m'attirent dans le sexe opposé :
- le poil brun (sur la tête uniquement)
- le manque d'intérêt manifesté pour ma personne
- l'humour
- l'intelligence discrète
- la propreté (genre qui pisse pas sur le bord de la cuvette)
- les connaissances dans tous les domaines où je n'y connais rien
- les mains
Les 7 choses que je dis souvent :
- "genre"
- "qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint" (c'est Montaigne qui l'a dit avant moi)
- "ça me troue le cul"
- "non? pas possible !"
- " j'ai plein de cheveux blancs"
- "vivement ce soir qu'on se couche"
- "j'ai faim"
Les 7 béguins pour des célébrités :
- Johnny Depp
- Montgomery Cliff (je sais, il est mort, et en plus il était homo)
- Bruce Willis
- Anthony Perkins (je sais, idem que Montgomery)
- Thomas Fersen
- Nicole Kidman
- Sharon Stone
Tout ceci au pied levé ; c'est-à-dire que dans deux heures j'aurais envie de tout changer. Mais il y a quand même du vrai dans tout ça.
14 janvier 2006
Youpi : Y'a de l'action
Le pire ennemi du bonheur et de la joie de vivre, c'est l'ennui. Toutes les dépressions ont pour symptôme principal l'inaction, le manque d'énergie et de volonté. Alors, même si on est un peu débordé, même si ça va un peu trop vite et pas toujours exactement comme on veut, ni de façon très simple, quand y'a de l'action, ça va bien. Faire bouger les choses, être un acteur de son existence, c'est bon ! On évite de penser à des choses stériles, on vit, quoi.
11 janvier 2006
Lecture : Une Voix dans la nuit, d'Armistead Maupin
L'histoire, écrite à la première personne, raconte l'histoire d'un écrivain relativement célèbre qui vient de se faire plaquer par l'homme de sa vie et qui fait la connaissance d'un jeune garçon. Ce dernier est malade du sida à la suite de traumatismes effroyables subis dans son enfance par ses propres parents. Comme il habite à l'autre bout des Etats-Unis, les deux personnages construisent une amitié téléphonique, jusqu'à ce que le narrateur commence à douter de l'existence réelle de l'enfant.
L'originalité du roman réside essentiellement dans le fait qu'il mêle une intrigue sentimentale assez traditionnelle à un véritable thriller. Le cocktail est émouvant et captivant. A lire !
08 janvier 2006
Lecture : Code zéro, de Ken Follett
L'intrigue, pourtant, a quelque chose d'un peu obsolète dans la mesure où, ça faisait longtemps, on retrouve l'affrontement entre les vilains soviétiques et les bons américains. Mais en fait, le contexte de la guerre froide n'est pas l'occasion d'un dithyrambe en faveur des Etats-Unis ni d'une diatribe contre les malfaisants communistes. Certes, l'auteur nous glisse quand même que c'est en espionnant l'Amérique que les russes ont réussi à être les premiers à envoyer une fusée dans l'espace, et que donc ils n'ont jamais dominé réellement cette science, mais bon. L'histoire est bien ficelée et on dévore. De quoi passer un bon week-end en s'aérant la tête.
07 janvier 2006
Beurk : les histoires de sousous
Devenir propriétaire est une perspective qui me réjouit ; qui m'angoisse aussi mais surtout qui me galvanise. Je suis contente d'avoir sauté ce pas que je n'envisageais même pas il y a encore six mois. Mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Mais il y a une chose détestable, c'est la question de l'argent. Et encore, je sais très bien que j'ai de la chance dans la mesure où trouver de l'argent ne va pas être difficile. Non, ce qui est "beurk", c'est de devoir traiter avec les banques. Spéculer, monnayer, rentabiliser, extorquer, voilà un monde incoutournable de nos sociétés actuelles. Sous couvert de notre intérêt bien évidemment, des milliers de gens empochent des millions. Il y a quelque chose de complètement surréaliste dans l'importance hénaurme qu'occupe la finance par rapport à la réalité qui nous entoure. Ce qui détermine nos vies, ce sont des chiffres sur des ordinateurs. La monnaie n'existe même plus en vrai, et elle n'était déjà qu'un objet symbolique.
Je suis assez nulle en maths et fatiguée par les discours de ces voleurs professionnels, mais je me laisserai le moins possible déplumer.
Mais il y a une chose détestable, c'est la question de l'argent. Et encore, je sais très bien que j'ai de la chance dans la mesure où trouver de l'argent ne va pas être difficile. Non, ce qui est "beurk", c'est de devoir traiter avec les banques. Spéculer, monnayer, rentabiliser, extorquer, voilà un monde incoutournable de nos sociétés actuelles. Sous couvert de notre intérêt bien évidemment, des milliers de gens empochent des millions. Il y a quelque chose de complètement surréaliste dans l'importance hénaurme qu'occupe la finance par rapport à la réalité qui nous entoure. Ce qui détermine nos vies, ce sont des chiffres sur des ordinateurs. La monnaie n'existe même plus en vrai, et elle n'était déjà qu'un objet symbolique.
Je suis assez nulle en maths et fatiguée par les discours de ces voleurs professionnels, mais je me laisserai le moins possible déplumer.
Lecture : Un an, de Jean Echenoz
La littérature contemporaine française, c'est parmi ce qui manque le plus à ma culture. Alors, quand j'ai entendu, durant mon émission culte, à savoir Le Masque et la Plume, ce nom d'auteur qui m'était déjà vaguement familier, je me suis précipitée dans ma médiathèque préférée pour lire un ouvrage de : Jean Echenoz.
J'ai choisi le plus petit, on ne sait jamais.
Eh bien, je l'ai lu vite mais je n'ai pas éprouvé de déplaisir ni de véritable plaisir. L'histoire étrange et froide de cette jeune femme qui fuit Paris et tombe dans la déchéance matérielle m'a parfois fait penser un peu à une ambiance kafkaïenne : du réalisme banal et du fantastique en même temps. Mais à part ce sentiment d'étrangeté, je n'ai rien trouvé de particulièrement attachant dans ce petit roman.
04 janvier 2006
Mais où va-t-on ?...
Franck Pavloff, dans sa brève nouvelle Matin Brun, fait réfléchir sur l'installation de la tyrannie à cause de l'individualisme et de la passivité de chacun. On se dit bien sûr qu'on ne serait pas comme ça, qu'on serait moins naïf, moins égoïste et moins soumis. On se rassure et on y croit. Et puis c'est du conditionnel. Et puis...
Et puis de temps en temps, de plus en plus souvent d'ailleurs, on apprend des petites choses étranges : derrière les grands discours des politiques, les choses changent et pas dans le sens des discours, comme c'est bizarre. On prône la tolérance, on vilipende l'extrême-droite, on se dit progressiste et soucieux du bien d'autrui, etc. Et puis on se rend compte qu'on a beau manifester, on ne se fait jamais entendre : les lois passent quand même. Y'en a même d'autres qui arrivent et du jour au lendemain on n'a plus qu'à faire avec.
Tiens ça me rappelle une petite phrase comme je les aimais, ado, parce qu'elle avait quelque chose d'un peu facile et de rebelle en même temps : la dictature, c'est ferme ta gueule, et la démocratie, c'est cause toujours. Aujourd'hui cette petite phrase ne résonne plus tout à fait pareil à mes oreilles. J'ai presque peur, parfois, sans oser tout à fait me le dire : dans le pays des droits de l'homme, dans ce modèle de démocratie qu'est la France, serait-il possible que l'opinion des citoyens ne compte plus ? Serait-il possible que tout ne soit pas transparent? Serait-il possible qu'un cadre de la fonction publique soit suspendu parce qu'il est homo et qu'il ne l'a pas dissimulé ? Ah oui, ça c'est vrai, je l'ai appris par hasard mais chut, top secret.
Mulder, X-files, un feuilleton américain, la théorie du complot gouvernemental, on nous cache tout on nous dit rien... fiction, hein ? Pas de ça chez nous, n'est-ce pas ; non, ça se saurait...
Et puis de temps en temps, de plus en plus souvent d'ailleurs, on apprend des petites choses étranges : derrière les grands discours des politiques, les choses changent et pas dans le sens des discours, comme c'est bizarre. On prône la tolérance, on vilipende l'extrême-droite, on se dit progressiste et soucieux du bien d'autrui, etc. Et puis on se rend compte qu'on a beau manifester, on ne se fait jamais entendre : les lois passent quand même. Y'en a même d'autres qui arrivent et du jour au lendemain on n'a plus qu'à faire avec.
Tiens ça me rappelle une petite phrase comme je les aimais, ado, parce qu'elle avait quelque chose d'un peu facile et de rebelle en même temps : la dictature, c'est ferme ta gueule, et la démocratie, c'est cause toujours. Aujourd'hui cette petite phrase ne résonne plus tout à fait pareil à mes oreilles. J'ai presque peur, parfois, sans oser tout à fait me le dire : dans le pays des droits de l'homme, dans ce modèle de démocratie qu'est la France, serait-il possible que l'opinion des citoyens ne compte plus ? Serait-il possible que tout ne soit pas transparent? Serait-il possible qu'un cadre de la fonction publique soit suspendu parce qu'il est homo et qu'il ne l'a pas dissimulé ? Ah oui, ça c'est vrai, je l'ai appris par hasard mais chut, top secret.
Mulder, X-files, un feuilleton américain, la théorie du complot gouvernemental, on nous cache tout on nous dit rien... fiction, hein ? Pas de ça chez nous, n'est-ce pas ; non, ça se saurait...
Lecture : La Part de l'autre, d'Eric-Emmanuel Schmitt
Il s'agit de la double biographie d'Adolf Hitler depuis le résultat du concours d'entrée aux Beaux arts à Vienne, jusqu'à sa mort. Le principe qui a conduit l'auteur a été, dit-il, de montrer l'humanité du personnage et d'imaginer ce qu'il serait devenu s'il était devenu peintre.
Je viens de lire plusieurs critiques élogieuses et franchement je ne comprends pas. Que l'oeuvre ne soit pas déplaisante à lire, certes, mais c'est bien le seul agrément que l'on peut y trouver et compte-tenu de l'ambition du récit, cette qualité me paraît fort faible.
Aucun des deux récits ne m'a paru crédible : ni le récit de la vie imaginée de l'artiste Adolf H., ni celle du véritable dictateur. L'une comme l'autre m'ont paru très caricaturales. Le peintre d'abord, humble et sensible voit surtout se dérouler un destin irréprochable grâce à une psychanalyse express, radicale et grotesque par Freud himself, et par l'apprentissage d'une sexualité généreuse. Grâce à cela, Hitler exècre la guerre, vénère son grand ami homosexuel, s'épanouit en France, épouse une juive (parce qu'il adore les juifs, évidemment). Quant au véritable Hitler, aigri par son échec artistique, galvanisé par la guerre où son coeur bat seulement pour un chien errant (son envie de vengeance naît évidemment de l'assassinat insupportable dudit toutou par un obus ennemi), durci par une absence de sexualité, je ne l'ai pas non plus trouvé convaincant du tout.
Qu'Hitler soit un être humain, on n'avait pas besoin de Schmitt ni de ce roman pour l'apprendre. Que tout aurait été différent s'il avait été admis aux Beaux arts, c'est probable. Mais qu'il aurait pu ressembler à ce personnage sensible et avoir ce parcours idéal, non, on n'y croit pas. Plus grave me semble-t-il est cette mise en parallèle avec cet Hitler réel, dont l'auteur prétend nous faire la biographie intime, et qui sombre lui aussi dans la caricature.
01 janvier 2006
1er janvier !
On n'est pas plus loin d'hier que d'avant-hier et pourtant, le 1er janvier, c'est pas pareil. Même si c'est plus symbolique qu'autre chose, la date marque un nouveau départ, une nouvelle impulsion : il y a dans l'air une énergie qu'il n'y avait pas le 31 décembre !
Je souhaite à tous ceux que j'aime que 2006 soit une bonne année, avec son lot de joies et de surprises, de continuités utiles et de changements bienfaisants.
Je souhaite à tous ceux qui le méritent (notion très relative, je sais bien) de récolter les fruits de leur valeur et de réussir dans ce qu'ils entreprennent.
Et puisque je m'aime très beaucoup et que je le mérite vachement, je me souhaite une excellente année, pleine de variétés et de nouveautés, de joies amicales et amoureuses, de projets et de progrès dans tous les domaines !
Je souhaite à tous ceux que j'aime que 2006 soit une bonne année, avec son lot de joies et de surprises, de continuités utiles et de changements bienfaisants.
Je souhaite à tous ceux qui le méritent (notion très relative, je sais bien) de récolter les fruits de leur valeur et de réussir dans ce qu'ils entreprennent.
Et puisque je m'aime très beaucoup et que je le mérite vachement, je me souhaite une excellente année, pleine de variétés et de nouveautés, de joies amicales et amoureuses, de projets et de progrès dans tous les domaines !
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